Le Mali s’apprête à lancer une évaluation nationale des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, une étape stratégique dans le renforcement de son dispositif de lutte contre les flux financiers illicites. Cette initiative s’inscrit dans la perspective de l’évaluation mutuelle prévue en 2027 dans le cadre du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
Selon une communication présentée lors du Conseil des ministres, les travaux de cette évaluation nationale doivent débuter le 20 mars prochain. L’objectif est d’analyser de manière approfondie les menaces et vulnérabilités auxquelles le système financier et économique malien pourrait être exposé en matière de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Les conclusions de ce processus devraient permettre d’orienter les réformes législatives, réglementaires et opérationnelles destinées à renforcer l’efficacité du dispositif national de prévention et de répression des crimes financiers.
Une mobilisation de plusieurs institutions
L’évaluation nationale des risques mobilisera plusieurs institutions publiques, autorités de supervision, services d’enquête et acteurs du secteur financier. Elle s’appuiera notamment sur les analyses de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Organe central du dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites, la CENTIF est chargée de recevoir et d’exploiter les déclarations d’opérations suspectes transmises par les établissements financiers et certaines professions assujetties. Ses analyses permettent d’identifier les circuits de blanchiment et, lorsque nécessaire, de transmettre les dossiers aux autorités judiciaires.
Une exigence des standards internationaux
Au niveau international, les évaluations nationales des risques constituent une exigence majeure des standards du Groupe d’action financière (GAFI). Elles permettent aux États d’identifier les secteurs économiques les plus exposés aux risques de blanchiment et de financement du terrorisme, afin d’adapter les mécanismes de contrôle et de supervision.
Ces analyses portent généralement sur plusieurs domaines sensibles, notamment le système bancaire, l’immobilier, les activités commerciales à forte circulation de liquidités, certaines professions juridiques et comptables ainsi que les organisations à but non lucratif. Dans la région sahélienne, les secteurs liés aux ressources naturelles et à l’économie informelle sont également souvent examinés.
Une préparation à l’évaluation mutuelle de 2027
Membre du GIABA depuis le milieu des années 2000, le Mali participe au mécanisme régional d’évaluation des politiques nationales de lutte contre les flux financiers illicites. À la suite de la précédente évaluation mutuelle, réalisée à la fin de la dernière décennie, le pays a engagé plusieurs réformes juridiques et institutionnelles afin d’améliorer sa conformité aux recommandations internationales.
Les autorités soulignent que la préparation de l’évaluation prévue en 2027 nécessite un engagement politique soutenu et une coordination renforcée entre les différentes institutions concernées.
Les résultats de l’évaluation nationale des risques devraient ainsi servir de base à l’actualisation de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, tout en contribuant au renforcement de la crédibilité du système financier malien et à l’amélioration de la coopération internationale dans la lutte contre les flux financiers illicites.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 13/03/2026 by Ousmane BALLO

