Répercussions de la guerre américano-israélienne contre l’Iran sur l’économie mondiale et africaine

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Dans cette analyse, nous mettrons l’accent sur la position stratégique des pays du Golfe persique, le rôle central de la République islamique d’Iran et les conséquences de cette guerre sur l’économie mondiale et, en particulier, sur les économies africaines importatrices de produits pétroliers.

À l’entame de notre analyse, il nous plaît de rappeler, à juste titre, notre vive inquiétude née du mauvais pressentiment que nous avons eu à la suite des différents cycles de négociations entre les puissances occidentales, en tête de proue les États-Unis, et l’Iran concernant le programme nucléaire iranien.Tout observateur rationnel pouvait présager une guerre imminente car, en réalité, depuis la guerre des 12 jours, chaque camp faisait semblant de négocier tout en se préparant à une véritable guerre.Nous vous proposons à nouveau notre ancienne analyse publiée sur nos différentes plateformes le 27 janvier 2026, toujours d’actualité, car le temps nous a malheureusement donné raison.

En substance voici notre écrit  » Une intervention américaine en Iran équivaudrait probablement à la fermeture du détroit d’Ormuz, passage très stratégique pour les exportations et importations du Golfe persique.Les pays qui utilisent ce détroit pour exporter leur pétrole et leur gaz sont : l’Irak, l’Iran, le Koweït, les Émirats arabes unis (EAU), le Qatar, le Bahreïn et l’Arabie saoudite.Les pays qui importent à travers ce détroit sont : la Chine, le Japon, la Corée du Sud, le Pakistan, Singapour, l’Italie, la France, l’Espagne, l’Allemagne et les États-Unis.Rappelons que près d’un cinquième du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz, sous contrôle de l’Iran. Sa fermeture ferait exploser les prix du pétrole à l’échelle mondiale, pénalisant gravement les pays qui ne produisent pas d’or noir ».Après ce rappel, il importe de savoir que l’Afrique compte moins de dix grands pays producteurs de pétrole, à savoir : le Nigeria, l’Angola, l’Algérie, la Libye, le Gabon, le Congo, la Guinée équatoriale, le Soudan et le Soudan du Sud.

Ces pays africains produisent environ 7 à 8 millions de barils par jour, alors que les besoins en produits pétroliers en Afrique s’élèvent approximativement à 1,8 million de barils par jour. Cet état de fait constitue un paradoxe : l’Afrique produit plus qu’elle ne consomme, mais elle importe tout de même massivement.La réponse réside dans le fait qu’elle exporte le pétrole brut et importe les produits raffinés.Il ressort des données récentes que l’Afrique exporte plus de 70 % de son pétrole brut, qui est raffiné en Europe, en Asie ou au Moyen-Orient, d’où la dépendance indirecte au détroit d’Ormuz, sous contrôle et sous menace iranienne.

Ce manque de raffineries, combiné à l’exportation du brut et à la réimportation des produits finis, explique la cherté de l’essence et du diesel en Afrique.En effet, la menace d’attaquer les bateaux transportant des produits pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz par l’Iran crée un choc sur le marché du pétrole.Le trafic a considérablement chuté et les prix du baril ont augmenté de manière vertigineuse, dépassant la barre fatidique des 100 dollars américains.Par effet domino, lorsque le coût de l’énergie augmente, les transports deviennent plus chers, les coûts industriels augmentent également, tout comme les prix des produits alimentaires.

Pire encore, la théorie économique soutient que si cette tendance persiste, elle peut engendrer une stagflation, c’est-à-dire une situation combinant une forte inflation et une croissance économique faible.Cette guerre est une interpellation des pays africains quand à la concrétisation des différents projets de transformation de nos matières premières en produits finis pour une réduction de nos dépendances vis à vis du reste du monde.Un autre article sera consacré au cas spécifique de l’AES dans nos prochaines sorties.

Dr Laya Amadou GUINDO, Enseignant-chercheur

Last Updated on 12/03/2026 by Ousmane BALLO

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