Office du Niger : Les défis majeurs qui attendent le nouveau PDG, Dr Samba Bocary TOUNKARA

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Nommé à la tête de l’Office du Niger, lors du Conseil des ministres du 06 février dernier, le Dr Samba Bocary TOUNKARA, Spécialiste en Aménagement et Gestion durable des Ressources Halieutiques, hérite d’une institution stratégique pour la souveraineté alimentaire du Mali et de toute la sous-région. Véritable pilier de l’agriculture irriguée, l’Office du Niger se trouve aujourd’hui à un tournant décisif, confronté à une série de défis structurels, financiers, sécuritaires et managériaux qui exigent rigueur, vision et capacité d’anticipation.

Fort de trente-quatre années d’une riche expérience professionnelle acquise notamment à la Banque Africaine de Développement (BAD), au Cameroun ainsi qu’au sein du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural du Mali, le Dr Samba Bocary TOUNKARA se trouve aujourd’hui face à des défis majeurs à relever à la tête de l’Office du Niger.

Le premier grand défi qui attend le nouveau Président Directeur Général est, sans conteste, la gestion du Programme Annuel d’Entretien (PAE), qui pointe déjà à l’horizon. Ce programme est vital pour cette campagne agricole et pour la pérennité des infrastructures hydro-agricoles, notamment les canaux d’irrigation et les ouvrages de régulation.

À ce défi s’ajoute, la crise persistante du carburant dans les zones de production qui constitue une contrainte majeure. Sans carburant, il est pratiquement impossible de mener à bien les travaux du PAE, d’assurer la mobilité des équipes techniques et de garantir le fonctionnement normal des services.

Le Dr Samba Bocary TOUNKARA devra également faire face à la sempiternelle problème des intrants agricoles. Sa disponibilité et sa qualité restent des préoccupations majeures pour les producteurs. Toute défaillance dans ce domaine impacte directement les rendements, les revenus des exploitants et, par ricochet, la sécurité alimentaire du pays.

À ces défis techniques et économiques s’ajoute un enjeu de taille : la crise sécuritaire. La zone Office du Niger, malgré son importance stratégique, n’est pas épargnée par la présence de groupes armés terroristes. Cette situation menace non seulement les activités agricoles, mais aussi la sécurité des agents, des producteurs et des investissements. Face à cette situation préoccupante, un appel pressant aux plus Hautes Autorités s’impose afin de renforcer davantage la sécurisation de cette zone vitale, véritable grenier du Mali et de la sous-région ouest-africaine.

La mise en œuvre effective du Contrat-Plan 2025-2029, signé le 11 novembre 2025 entre l’État, l’Office du Niger et les exploitants agricoles, s’impose aussi comme une priorité.

Pour rappel, le Contrat-Plan est un instrument stratégique qui lie l’État malien et l’Office du Niger sur une période donnée. Il définit clairement les objectifs, les engagements réciproques, les moyens financiers et les résultats attendus. Pour l’Office du Niger, son importance est multiple et déterminante. En somme, le Contrat-Plan est pour l’Office du Niger à la fois une boussole stratégique, un contrat de confiance avec l’État et un outil essentiel de performance. Sa mise en œuvre effective apparaît comme une nécessité absolue.

Le management du personnel constitue un autre défi majeur. L’Office du Niger regorge de cadres compétents, d’ingénieurs chevronnés et de techniciens expérimentés. Le nouveau PDG devra savoir capitaliser cet atout, en plaçant les compétences au cœur de son action managériale. Une gestion optimale des ressources humaines sera déterminante pour relever l’ensemble des défis auxquels l’Office du Niger est confrontée.

Parmi les autres défis majeurs figure la nécessité de renforcer la politique audacieuse d’amélioration de la gestion de l’eau, notamment à travers l’outil numérique innovant IPON, développé en partenariat avec la FAO. Ce dispositif permet un suivi quasi en temps réel des superficies cultivées, l’évaluation de la productivité de l’eau et de l’irrigation, le diagnostic des déficits hydriques, l’estimation des rendements, ainsi que la production de données fiables indispensables à la planification et à la réhabilitation des infrastructures. S’y ajoute la maîtrise des hors-casiers, un levier essentiel pour accroître la production agricole et améliorer le taux de paiement de la redevance eau, ressource vitale pour l’entretien des canaux d’irrigation. Enfin, la poursuite de la digitalisation de l’administration de l’Office du Niger s’impose comme un enjeu clé pour renforcer l’efficacité, la transparence et la performance de l’institution.

En somme, la mission qui attend le Dr Samba Bocary TOUNKARA à la tête de l’Office du Niger est complexe mais exaltante. Entre contraintes structurelles, urgences opérationnelles et enjeux stratégiques, le nouveau PDG devra faire usage de sa grande expérience pour consolider les acquis et ouvrir de nouvelles perspectives à cette institution clé du développement agricole du Mali.

Source : CCRP/ON

Last Updated on 10/02/2026 by Ousmane BALLO

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