Quelques jours après la levée de suspension des activités des partis politiques, survenue le 15 juillet 2024, l’Autorité indépendante de Gestion des Élections (AIGE) a organisé une rencontre avec les partis politiques et la société civile. Autant la rencontre s’est tenue sur fond de polémique, autant les responsables de l’organe de gestion des élections n’ont pas répondu à toutes les préoccupations des Maliens.
Au Centre International de Conférences de Bamako, le 15 Juillet 2024, Me Moustapha Cissé, président de l’AIGE, a convié l’ensemble de la classe politique malienne pour des échanges. Une rencontre qui, selon lui, rentre dans le cadre d’une concertation entre l’Autorité indépendante et les partis politiques. Elle a été donc l’occasion pour le président de l’AIGE de revenir sur les actions menées par sa structure.
Cependant, la rencontre n’a pas répondu à toutes les attentes des Maliens, particulièrement celles des acteurs politiques. Il s’agit principalement des précisions sur le nouveau chronogramme électoral, ou du moins sur la date de la tenue de l’élection présidentielle qui mettra fin à la transition. L’Autorité indépendante de Gestion des Élections n’a donc fourni aucun détail sur la tenue des futures élections tant espérées. En réponse aux interrogations sur le calendrier électoral, le président de l’AIGE a dit ceci : « Je veux aller aux élections, mais je ne sais pas quand. »
En ce qui concerne l’actualisation du fichier électoral, Me Cissé a donné des assurances que le processus est en cours et que les statistiques s’y rapportant feront l’objet d’une communication ultérieure.
A l’en croire, ils ont installé des coordinations partout même dans les nouvelles régions. Selon Me Moustapha Cissé, l’AIGE est prête et entend assumer ses missions avec professionnalisme et conformément aux aspirations profondes du peuple malien. « Nous allons pouvoir organiser des élections crédibles, transparentes et apaisées », a-t- il ajouté.
Sur la reprise des activités politiques, le président de l’AIGE, Me Moustapha Cissé, a salué la levée de la suspension des activités des partis politiques par les autorités qui contribuera, selon lui, à l’apaisement du climat social. Il a aussi affirmé que cette décrispation de la situation politique créée les conditions favorables pour ce cadre de concertation qui apparait comme la matérialisation institutionnelle du dialogue nécessaire à des élections apaisées. Et d’assurer les partis politiques que ces cadres d’échanges seront dorénavant davantage mis à contribution pour se concerter et convenir sur des solutions idoines consensuelles et partagées.
Cependant, sur la demande du Collectif des Partis politiques signataires du 31 Mars 2024, qui exige la libération de leurs camarades avant de participer à tous processus, le président de l’AIGE estime que cela relève de la justice et que son organe n’y interfèrera pas. « A l’AIGE, nous n’interférons pas dans la marche de la justice. Nous travaillons dans la plus grande transparence », a-t-il souligné. Me Cissé soutient également qu’il y a plusieurs voies et chemins que ces partis politiques peuvent emprunter pour obtenir la libération de leurs camarades.
Il est à noter que ce regroupement compose une citation de partis politiques dont des influents avait répondu à l’invitation de l’AIGE avant de la boycotter sous prétexte que onze de leurs camarades politiques sont détenus illégalement par les autorités parce qu’ils étaient à une rencontre privée dans une résidence. Il s’agit des partis et associations politiques de la Déclaration commune du 31 mars 2024. L’AIGE de son côté a déploré cette attitude.
Ce qui est sûr, la prise de position de ce regroupement politique impacte négativement l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE) dans sa volonté de nouer un dialogue politique avec l’ensemble des acteurs. Donc, elle pourra malheureusement voir son élan cassé si le Collectif des Partis politiques signataires du 31 Mars 2024 arrivent à avoir aussi le soutien des autres camarades non signataires.
Amadou Kodio
Source : Ziré

