Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) vient de rendre public les résultats d’une vérification financière sur la Gestion de la Commune VI du District de Bamako au titre des exercices 2019, 2020, 2021 et 2022. S’il ressort des données des irrégularités financières s’élevant à plus de 323 millions de FCFA, le document détaillé permet de comprendre et de situer les responsabilités dans le cadre de la gestion déléguée en tant que collectivités, car la plupart du temps, la Mairie ne voit pas la couleur de l’argent.
D’emblée, sur les 323 millions d’irrégularités constatées dans le Rapport du BVG, 240 millions sont directement destinés aux CGS (Comités de Gestion Scolaire) et la Mairie n’est pas impliquée dans leur gestion. Mieux, les textes permettent aux CGS une gestion autonome des fonds qui leur sont alloués. Ainsi dans le rapport du BVG, il leur est reproché environ 240 millions sur les 323 millions d’irrégularités financières constatées.
Aussi, est important de préciser que les travaux de la mission du BVG ont porté sur les dépenses de fonctionnement et d’investissement, ainsi que le recouvrement des recettes et leur reversement ; la gouvernance administrative et la comptabilité-matières.
Depuis la publication de ce Rapport, chacun l’interprète à sa manière et une occasion nette pour les détracteurs politiques d’extrapoler sans en tenir compte des détails clairs et précis qui mettent surtout la lumière sur la gestion exemplaire du maire Boubacar Keita à qui il n’est reproché que trois (3) millions de Francs en CFA en 4 années de gestion. Et ce montant (3 millions) est légalement perçu comme indemnité et primes de fonctionnement, sur décision du conseil communal.
Ces détails importants…
Si d’aucuns pensent que les irrégularités financières s’élevant à plus de 323 millions de FCFA concernent uniquement la gestion du maire Boubacar Keïta, le Rapport détaillé permet de situer la responsabilité de tous les acteurs concernés.
Il ressort de ce document du BVG rendu public, le 24 Juin 2024, que les montants irrégulièrement payés concernent des indemnités mensuelles de fonctions aux Adjoints du Maire aux taux de 75.000 FCFA par mois au lieu de 55.000 FCFA. Ainsi, il ressort que le montant indu payé à ce niveau est de 3.600.000 FCFA au Maire et à tous les adjoints malgré un accord/mandat du conseil communal.
Des sources bien introduites nous confirment que conformément à la bonne gestion des affaires publiques, les personnes concernées sont disposées à rembourser les montants perçus, car relevant simplement de l’interprétation des textes.
En ce qui concerne la situation des recettes issues des célébrations des mariages non déclarées de 2019 à 2022, le BVG parle d’un montant de 58.836.700 de F CFA d’irrégularité. A ce sujet, le Rapport détaillé fait comprendre que des montants non déclarés sont reprochés à chaque centre secondaire, à savoir : 1008 Logements, 1.512.000 FCFA ; Dianéguéla, 1.736.000 FCFA ; Magnambougou, 16.023.700 FCFA ; Missabougou, 826.000 FCFA ; NiamakoroKoko/Niamakoro 1, 12.041.000 FCFA ; Sénou, 14.795.000 FCFA ; Sogoniko, 1.825.000 FCFA ; et enfin Yirimadio, 10.078.000 FCFA. A ce niveau aussi, les responsabilités sont bien précises.
A propos du Fonds d’Appui Direct à l’Amélioration des Rendements Scolaires (ADARS), c’est la gestion des présidents des Comités de Gestion Scolaire et du Régisseur de fait qui est mise en cause. Le montant total en cause au titre du fonds ADARS reprochés à ceux-ci est de 138.048.500 FCFA.
Concernant la situation des fonds des cantines scolaires non-justifiés, le Rapport note que le montant des fonds non justifiés est de 101.938.045 FCFA. Là, il s’agit aussi de la gestion des présidents des Comités de Gestion Scolaire et du Régisseur de fait. Ce document parle aussi de l’octroi de primes de communication et de fonction irrégulières d’un montant de 21.450.000 FCFA.
Ces importants détails du Rapport du BVG permettent de comprendre que contrairement à ce que certains pensent, ce n’est pas la gestion du maire de la Commune VI du District de Bamako, M. Boubacar Keïta qui est exclusivement incriminée et qui aurait détourné les 323 millions comme indiqué dans le rapport du BVG qui a d’ailleurs fait un travail remarquable, mais plutôt d’autres niveaux de responsabilité.
Approché par nos soins, le maire Boubacar Keita n’a pas voulu faire de commentaire.
Ismaël Traoré / Afrikinfos-Mali

