Au Mali, l’allaitement maternel et la lutte contre la malnutrition sont de véritables défis à relever. Cela à cause des pratiques traditionnelles souvent néfastes liées à l’allaitement et le faible taux de financement de la nutrition par l’État.
« Beaucoup d’efforts restent à faire pour relever le défi de l’allaitement maternel exclusif. Nous sommes actuellement à 49,8%, alors que l’objectif visé d’ici 2030 est d’aller à 80% », rappelle Dr Mahamadou Samaké, sous-directeur nutrition. C’était à l’occasion d’une rencontre tenue du 05 au 06 juin 2024 à l’Œuvre malienne d’Aide à l’Enfance du Sahel (OMAES) dans le cadre de la mise en œuvre du programme Right2Grow.
Selon Dr Samaké, plusieurs facteurs défavorisent l’allaitement maternel. « Il y a tout ce qui est lié aux croyances et aux tabous. Il y a aussi l’utilisation de substituts de lait maternel sans aucune prescription médicale. Autant de facteurs défavorisent l’allaitement maternel exclusive », a-t-il précisé.
Le sous-directeur nutrition estime également qu’une bonne nutrition est un investissement sûr pour le développement du capital humain. « Interventions efficaces sur la réduction de la mortalité des enfants de moins de 5 ans : l’allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois et l’allaitement jusqu’à 12 mois ont été classés en premier rang et peuvent réduire de 13 % la mortalité des enfants de moins de cinq ans. La pratique d’une alimentation de complément appropriée et initiée à partir de 6 mois, est à la troisième position et peut contribuer à une réduction de la mortalité de 6 % », a-t-il ajouté.
Dans sa communication, Dr Mahamadou Samaké a précisé que selon l’analyse du coût de ne pas allaiter publiée par Alive & Thrive en 2019, au Mali, chaque année, les pratiques optimales d’allaitement ont le potentiel de : sauver plus de 8 000 vies d’enfants de moins de 5 ans ; prévenir 111 décès maternels dus au cancer et au diabète de type II ; faire économiser au système de santé plus de 600 millions de FCFA sur les coûts de traitement liés à un allaitement inadéquat.
Ces données prouvent à suffisance que le Mali doit encore fournir assez des efforts s’il veut réellement atteindre l’objectif 2030.
Amadou Kodio
Source : Ziré

plddap