Mali : c’est parti pour les travaux de la première édition des journées du secteur privé de la santé

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Ce 23 octobre 2025, les travaux de la première édition des journées du secteur privé de la santé du Mali (JSPSM) ont été lancés par le Médecin-Colonel Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement Social, sur le Thème principal : « Défis et enjeux du secteur privé de la santé au Mali ». C’était en présence de Nandy Joëlle Beugre Goué, Directrice exécutive de la Fédération Ouest Africaine du Secteur Privé de la Santé (FOASPS).

Durant deux jours, 200 participants aborderont des thématiques suivantes : ‘’le système de santé au Mali : place du secteur privé’’ ;  la problématique de financement du secteur privé de la santé’’ ;  ‘’la décentralisation de la prise en charge de la drépanocytose dans les centres de premier niveau’’ ; ‘’l’importance de la collecte et de la remontée des données du secteur privé dans le système d’information sanitaire : cas du DMPe ; ‘’la place du secteur privé sanitaire dans la couverture sanitaire universelle’’ ; ‘’l’approche de renforcement des compétences des agents de comptoir sur la planification familiale au Mali : résultats et enseignements du projet SIKAN, PSI-Mali ; ‘’la présentation du projet ARISE’’ ; ‘’ la présentation des laboratoires ’’ ; ‘’la place des sages-femmes libérales dans le dépistage du cancer du sein ; et enfin ‘’l’accréditation du secteur privé de la santé’’.

Selon Dr. Gérard Dembélé, représentant de la maire de Commune III du district de Bamako, la santé est un droit fondamental. « Ces journée est une plateforme d’échanges pour renforcer la collaboration entre service public, privé et collectivités . Cette complémentation est la voix sûre pour atteindre l’objectif : santé pour tous », a-t-il souligné.

Quant à Dr Bouréima AFO Traoré, président de l’Alliance du Secteur Privé pour la Promotion de la Santé au Mali (ASP-PSM), il a rappelé que ces journées, placées sous le signe de la complémentarité, du dialogue et de la solidarité, symbolisent une ambition commune : bâtir un système de santé fort, inclusif et durable, où public et privé marchent ensemble, non en concurrence, mais en partenaires unis pour une complémentarité de la prise en charge sanitaire des maliens.

« Aujourd’hui, le secteur privé de la santé représente plus de 60 % de l’offre de soins au Mali. Il est souvent le premier recours pour des millions de Maliens. Mais cette contribution essentielle reste encore insuffisamment reconnue, structurée et soutenue. C’est pour y remédier que nous avons voulu faire de ces Journées un espace de réflexion stratégique et de propositions concrètes, articulées autour de trois grandes thématiques : la place du secteur privé dans l’offre nationale de services de santé : comment mieux l’intégrer dans les politiques publiques et la planification sanitaire ? le financement du secteur privé : comment lever les freins à l’investissement, à l’accès au crédit et aux mécanismes de subvention ? la production et la remontée des données sanitaires : comment renforcer la transparence et la coordination à travers des outils modernes tels que le Dossier Médical du Patient électronique (DMPe) ? », a-t-il déclaré.

Des défis majeurs…

Dr Bouréima AFO Traoré estime aussi que le secteur privé de la santé fait aujourd’hui face à des défis majeurs. Il s’agit, pour lui, de la faible coordination entre acteurs publics et privés ; de l’accès limité au crédit et au financement bancaire ; de labsence de subventions publiques dédiées ; du manque de mécanismes d’investissement adaptés ; de l’insuffisance de la supervision technique et de la formation continue ; de la faible contribution à la production et à la remontée des données ; et de l’intégration encore limitée aux systèmes numériques nationaux.

« Ces défis sont autant d’opportunités à saisir. Nous devons ensemble créer des mécanismes de financement innovants et inclusifs : PPP, FBR, les Fonds de garanties, les subventions ciblées ; mettre en place une accréditation ou labellisation pour standardiser la qualité des soins ; et renforcer la collecte et la transparence des données grâce aux outils numériques tel que le DMPe », a-t-il ajouté.

Pour relever l’ensemble de ces défis, l’Alliance du Secteur Privé pour la Promotion de la Santé au Mali (ASP-PSM), plaide pour  la création d’un fonds de subvention annuel dédié au secteur privé ; l’accès équitable aux bourses de formation pour le renforcement des compétences ; la signature du mémorandum et de la charte de partenariat public-privé, qui scellera une collaboration institutionnelle dans le secteur de santé.

Au nom de la Fédération Ouest Africaine du Secteur Privé de la Santé (FOASPS), Nandy Joëlle Beugre Goué a cité le travail de l’ASP-PSM comme un modèle pour l’Afrique de l’Ouest. « Les défis que vous relevez aujourd’hui sont des défis que nous partageons tous. Nous travaillons activement sur plusieurs initiatives régionales où nous pouvons, et devons, collaborer », a-t-elle souligné.

Selon elle, le programme de l’ASP-PSM met en lumière trois sujets d’importance capitale qui s’alignent parfaitement sur la stratégie régionale de la FOASPS. Il s’agit du financement de la Santé ; de la Collecte des Données ; et du Partenariat Public-Privé. « Cet évènement est plus qu’une conférence ; c’est une plateforme pour la construction d’un écosystème de santé résilient, complémentaire et puissant », a-t-elle ajouté.

La ministre de la Santé et du Développement Social, le Médecin-Colonel Assa Badiallo Touré, pour sa part a ouvert les travaux, après avoir précisé que le partenariat que le secteur public bâtit avec le secteur privé consiste à garantir la qualité des soins. Elle s’est dit prête à recevoir les recommandations qui sortiront de ces deux jours d’échanges.

Les travaux se poursuivent ce 24 octobre 2025 avec la présentation d’autres thématiques très pertinentes relatives à : la place du secteur privé sanitaire dans la couverture sanitaire universelle ; la décentralisation de la prise en charge de drépanocytose dans les centres de premier niveau ; l’approche de renforcement des compétences des agents de comptoir sur la planification familiale au Mali : Résultats et enseignements du projet SIKAN ; la place du projet ARISE dans le développement du secteur privé sanitaire ; et enfin la place des sages-femmes libérales dans le dépistage du cancer du sein.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 24/10/2025 by Ousmane BALLO