Le jeudi 16 octobre 2025, le Premier ministre, Général de Division Abdoulaye Maïga, a effectué une visite de travail à Tombouctou, ville emblématique du patrimoine sahélien et cité des Askias. Cette tournée, loin d’être une simple formalité protocolaire, a incarné une volonté politique affirmée.
Réconcilier l’État avec ses territoires et impulser une dynamique de développement durable. Ce sont les deux piliers de cette visite qui symbolise une symbiose entre les traditions du Mali.
Dès son arrivée, le chef du gouvernement a été accueilli avec ferveur par les populations locales. Son premier acte fut hautement symbolique : la pose de la première pierre du vestibule des autorités traditionnelles, concrétisant la loi de décembre 2024 qui reconnaît officiellement le rôle des chefferies coutumières dans la médiation sociale et la gouvernance locale. «Ce vestibule est plus qu’un bâtiment. C’est un pont entre notre passé et notre avenir, entre les légitimités traditionnelles et l’État moderne», a déclaré le Premier ministre lors de la cérémonie.
Santé et infrastructures
Le volet développement a pris le relais avec le lancement des travaux de rénovation et d’extension de l’hôpital de Tombouctou, un chantier stratégique doté d’un budget de 3,6 milliards de FCFA, avec 1 milliard supplémentaire prévu pour l’équipement médical. Ce projet vise à moderniser pour mieux servir, à transformer l’établissement en un pôle de santé moderne, capable de répondre aux besoins croissants de la population.
Sécurité alimentaire : Kabara en ligne de mire
À Kabara, le Premier ministre a donné le coup d’envoi du Projet de mise en valeur des plaines rizicoles, financé à hauteur de 8 milliards de CFA par l’État et la BOAD. Ce programme vise à créer des emplois durables ; renforcer la production locale de riz, d’oignons et de pommes de terre ; assurer l’autosuffisance alimentaire dans la région.
Accompagné des ministres de la Santé et de l’Agriculture, Abdoulaye Maïga a multiplié les rencontres avec les acteurs économiques, les forces de défense et la société civile. Ces échanges ont permis de recueillir les préoccupations locales et de réaffirmer la volonté du gouvernement de restaurer les services publics et de renforcer la présence de l’État dans les zones historiquement marginalisées où le dialogue et la cohésion sont vitales. «Le développement du Mali ne peut se faire sans l’écoute et la participation de ses enfants», a-t-il souligné devant les forces vives de Tombouctou.
Une gouvernance enracinée et tournée vers l’avenir
Cette visite illustre la stratégie du gouvernement : allier respect des structures sociales ancestrales et mise en œuvre d’infrastructures modernes, dans une logique de refondation nationale. Tombouctou, cité des 333 Saints, devient ainsi un pilier de la reconstruction malienne, où symboles et actions convergent pour bâtir un Mali souverain, solidaire et résilient.
Mohamed SYLLA
Source : L’Aube

