Une éventuelle médiation de l’Algérie se ferait toutefois avec des conditions, a nuancé le président Tebboune, en indiquant que son pays ne s’impliquera que sur la base d’une demande expresse de Bamako. Et ça n’est pas tout. Le président algérien a clairement rejeté la présence de mercenaires à sa frontière, référence faite au groupe paramilitaire russe Africa Corps.
Quant à l’acceptation d’une médiation algérienne par le pouvoir de Bamako, rien n’est moins sûr, et pour cause. La préposition du grand voisin algérien est intervenue la veille de la remise officielle d’une nouvelle Charte pour la paix et la réconciliation en remplacement de l’Accord qu’Alger ne renonce pas à réhabiliter. Or, les autorités maliennes, à travers cette charte, lancent un message voilé en direction de l’éternel parrain de tous les accords du genre. Il fait suite, par ailleurs, à un certain passage mémorable, sur la tribune de l’ONU, du Premier ministre Abdoulaye Maïga sur fond d’attaques à peine voilée en direction de l’Algérie en ces termes : «Les pays du Sahel font face depuis une décennie à un terrorisme qui leur a été imposé, caractérisé par une implication avérée de sponsors étatiques étrangers».
Comme quoi, même s’il doit y avoir une médiation, il est improbable que celle-ci soit pilotée par l’Algérie, du moins avec les autorités actuelles du Mali.
Amidou Keita
Source : Le Témoin
Last Updated on 30/07/2025 by Ousmane BALLO

