Garantir un accouchement sûr commence par un élément aussi fondamental que souvent négligé : l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement (EHA) dans les établissements de santé. C’est le message central porté par la campagne « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme », lancée par WaterAid Mali, 30 septembre 2025 à Bamako.
Placée sous le slogan évocateur « Un environnement sain pour un accouchement sûr », cette initiative de plaidoyer, prévue sur la période 2025-2028, met en lumière une réalité préoccupante : l’insuffisance des services EHA dans les centres de santé constitue un facteur majeur de risques pour les femmes et les nouveau-nés.
L’absence d’eau potable, de dispositifs d’hygiène et d’infrastructures d’assainissement expose directement les patientes et les nouveau-nés aux infections associées aux soins. À l’échelle mondiale, plus d’un million de mères et de nouveau-nés meurent chaque année d’infections contractées lors d’accouchements dans des conditions inadéquates.
Au Mali, la situation reste critique. Selon les données de 2024, 83 % des établissements de santé ne disposent pas d’une eau conforme aux normes de l’OMS ; 57 % ne possèdent pas de douches pour les femmes ayant accouché ; et 31 % ne disposent pas de toilettes séparées pour les hommes et les femmes. Ces insuffisances compromettent non seulement la qualité des soins, mais aussi la dignité et la sécurité des patientes.
L’EHA, pilier de la qualité des soins
Au-delà de la prévention des infections, l’intégration du paquet EHA dans les structures sanitaires améliore significativement les conditions de travail du personnel de santé, notamment des sages-femmes en première ligne. Elle renforce également la confiance des communautés envers les services de santé. « On ne peut pas parler d’accouchement sans parler d’eau, d’hygiène et d’assainissement », a rappelé Dr Maïga Sagadatou de l’Office National de la Santé de la Reproduction (ONASR), lors du lancement de la campagne, soulignant le lien indissociable entre EHA et santé maternelle.
C’est pourquoi,cette campagne de WaterAid Mali se veut à la fois nationale et communautaire. Elle cible les décideurs politiques, les collectivités territoriales, les agents de santé, les organisations féminines, mais aussi les partenaires techniques, financiers et le secteur privé, afin de mobiliser des ressources durables.
Dans cette dynamique, l’Association des Sages-Femmes du Mali (ASFM) a remis, le 6 mars 2026, une note de plaidoyer au ministère de la Santé et du Développement social. Elle appelle à faire de l’EHA une priorité nationale, avec des financements requis et le renforcement des capacités en prévention et contrôle des infections.
Sa présidente, Mme Yalkoué Aoua Guindo, a ainsi insiste : «Les insuffisances d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les maternités favorisent les infections du post-partum, fragilisent la confiance des femmes et freinent les progrès vers la réduction de la mortalité maternelle et néonatale ».
Des engagements à concrétiser
Les autorités sanitaires reconnaissent l’ampleur du défi. Le représentant du ministère, Hamadoun Dicko, a salué cette initiative de l’Association des Sages-Femmes du Mali et a rappelé les efforts en cours qui portent sur l’amélioration du maillage sanitaire, le renforcement des programmes de santé maternelle, la gratuité de la césarienne et la modernisation des équipements. Mais, ces avancées resteront insuffisantes sans une intégration systématique de l’EHA dans toutes les maternités du pays.
Du coup,l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les centres de santé n’est ni un luxe ni une option. C’est une condition essentielle pour sauver des vies.
La campagne « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme » s’inscrit ainsi comme un levier stratégique pour atteindre les objectifs de santé publique, en cohérence avec les engagements internationaux, notamment la résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé sur l’intégration de l’EHA dans les systèmes de santé.
C’est ainsi qu’une feuille de route a été élaborée avec la participation des principaux acteurs intervenant dans les secteurs de l’EHA et de la santé. Elle constitue un cadre stratégique et opérationnel destiné à combler les lacunes identifiées lors de l’évaluation nationale dans les établissements de santé, menée par la Direction Générale de la Santé et de l’Hygiène Publique (DGSHP), avec l’appui financier de WaterAid Mali.
Cette feuille de route prévoit notamment la réhabilitation et la construction d’infrastructures d’eau potable et d’assainissement, le renforcement des capacités du personnel de santé en matière d’hygiène, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation pour assurer la durabilité des interventions.
Le coût global de sa mise en œuvre est estimé à 38.575.151.319 FCFA, un montant à mobiliser pour atteindre l’objectif fixé : assurer un accès universel à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements de santé au Mali d’ici à 2030.
C’est dire qu’à l’horizon 2030, l’ambition est claire : zéro infection associée aux soins évitable et des maternités sûres, dignes et accessibles à toutes. Car au fond, une évidence s’impose : là où il y a de l’eau et de l’hygiène, il y a plus de chances de vivre.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 18/03/2026 by Ousmane BALLO


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This is a very important issue, and it’s good to see more attention being given to it. Access to clean water, hygiene, and proper sanitation in healthcare facilities is essential, not just for patient care but also for preventing infections and improving overall health outcomes.
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Without these basic conditions, even well-trained medical staff and available treatments can’t be fully effective. Investing in water and sanitation infrastructure is not just about development — it’s a critical step toward saving lives and strengthening healthcare systems.