Dans le cadre de la semaine d’information et de sensibilisation des sociétés minières sur leur migration sur le Code de 2023, le secrétaire général de la Coalition Malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP), M. Tiémoko Souleymane Sangaré a animé une conférence de presse, le vendredi 20 septembre 2024, au siège de leur organisation.
Selon le rapport du Comité de Pilotage ITIE 2021, le secteur minier a connu depuis une trentaine d’années un essor considérable en occupant la première place sur le plan de l’exportation du pays avec 79%. Ce même rapport note que le Mali compte à ce jour 14 mines d’or industrielles et leur contribution à l’économie nationale en 2021 est de 9,17% au PIB, 22,27% dans les revenus de l’Etat et 0,8 % dans la création d’emplois. Selon M. Sangaré, ces données prouvent à suffisance que l’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation abusive des ressources minières et précisément l’or.
« Toutefois, les attentes n’ont pas été comblées en termes de création d’emplois et d’investissement dans le secteur des services sociaux de base pendant la période de la monoproduction de l’or. La diversification tant souhaitée par tous les acteurs, est devenue une réalité. Le Mali compte aujourd’hui deux projets d’exploration de lithium bien avancés : Gualamina (Ganfend) et Bougouni (Minéraux Kodal) dans le village de N’Ganala. La production de Gualamina est prévue pour novembre 2024 », a fait comprendre le secrétaire général de PCQVP.
Selon les estimations, le Mali dispose de la deuxième plus grande réserve de Lithium d’Afrique, après la République Démocratique du Congo (RDC) et dont l’exploitation programmée va s’étendre sur plus de vingt-trois ans. Elles ajoutent qu’aujourd’hui, le secteur des batteries représente environ 46% des volumes de lithium consommés dans le monde, dont un tiers est dédié aux seuls usages liés aux véhicules électriques ; Verres et céramiques 27% ; Pharmacie, électronique et aluminium 9% ; Graisses lubrifiantes 7% ; Polymère 5% ; Acier 4% et Traitement de l’air 2%.
« Le Lithium, minerai stratégique, est vital pour les technologies d’énergie renouvelable. Face à la tendance mondiale de la lutte contre les changements climatiques et la ruée vers les minerais de transition énergétique, la demande mondiale d’exploitation de cette ressource, va connaître une hausse massive. Il faut se préparer à éviter les éventuelles injustices générées lors du boom aurifère notamment sur des personnes en situation de handicap. Il s’agit entre autres, du manque de consultation des communautés, de la mauvaise gouvernance et d’insuffisance de garanties sociales et environnementales », a précisé M. Sangaré, tout en soulignant que la Coalition PCQVP-Mali avec l’appui technique et financier de PCQVP mondiale met en œuvre le projet NORAD en vue de prendre en charge les impacts liés à l’exploitation du lithium dans la région de Bougouni. Selon lui, il s’agit de promouvoir le suivi citoyen des impacts environnementaux et sociaux du projet d’exploitation du lithium dans la région de Bougouni ; contribuer à la prévention et à la réduction des conflits entre les investisseurs et les communautés locales impactées par l’exploitation du lithium.
A propos des innovations concernant le Cadre Juridique du Code minier 2023, le conférencier a cité : une Convention pour la phase de recherche d’une durée totale de 9 ans y compris les 2 renouvellements ; une convention pour la phase d’exploitation pour une durée de 12 ans dont 2 ans pour la phase de construction de la mine. Il a évoqué la possibilité pour l’Etat de percevoir les dividendes en nature. « La participation maximale du pays est de 35% dont 5% pour les privés maliens », a-t-il ajouté. M. Sangaré a touché du doigt, la suppression des exonérations sur les produits pétroliers en phase d’exploitation ; l’opérationnalisation du compte séquestre ; la mise en place du compte séquestre de fermeture et de réhabilitation dès le démarrage de la production et domicilié dans une banque de la place ; l’adoption de la Loi relative au Contenu local dans le secteur minier.
Il a souligné ce qui suit : « La mise en œuvre du projet NORAD a renforcé la crédibilité de PCQVP-Mali auprès des autorités de la République et de ses partenaires. Elle a permis à PCQVP de nouer des relations avec les collectivités locales abritant les sites d’exploitation du lithium. Les succès engendrés n’ont pas comblé toutes nos attentes. C’est pourquoi, nous avons une forte recommandation à l’endroit des autorités, c’est-à-dire mener des négociations avec les sociétés minières en vue de leur migration sur le code 2023 ».
Tougouna A. TRAORE / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 21/09/2024 by Ousmane BALLO
