District sanitaire de Bla : le projet BESEYA BLON de WaterAid soulage les communautés bénéficiaires

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Du 26 Février au 1er Mars 2024, des hommes de médias ont sillonné les Centres de Santé Communautaire (CSCOM) de Bla district, de Diédala et de Farakala dans le district sanitaire de Bla. L’objectif était non seulement de visiter les réalisations faites par WaterAid Mali  dans le domaine de l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, mais aussi d’échanger avec les communautés bénéficiaires sur  la plus-value dudit projet.

 C’est à 09 heures 22 minutes, le 27 Février 2024, que la délégation a été reçue au Centre de Santé Communautaire (CSCOM) de Bla district, après une visite de courtoisie au Centre de Santé de Référence de la localité. Au sein de ce CSCOM, créé le 10 Août 2002 avec 58 084 hbts en 2023, la touche de WaterAid Mali est là.

Un forage d’eau d’une capacité de 5mille litres est réalisé au milieu de la cour du centre de santé auquel sont interconnectés : six toilettes pour les patients, deux pour le personnel, une douche dans la salle d’accouchement, des point d’eau équipés de lavages des mains au savon dans la cour et dans les salles de consultations, de soins et d’accouchement. « Une unité de chloration est aussi installée pour traiter automatiquement l’eau du château », précise Sory Ibrahim Samaké, conseiller Eau, Hygiène et Assainissement à l’Association Libre pour la Promotion de l’Habitat et du Logement (ALPHALOG).

Selon lui, le projet BESEYA BLON a permis de réaliser un incinérateur pour le CSCOM,  de faire le carrelage de l’ensemble des blocs du CSCOM et de les repeindre. Aussi, des murailles ont été réalisées pour mieux orienter les patients, surtout en matière d’hygiène. Ce qui rend le travail plus facile au personnel de la santé.

 « L’accès à l’eau dans le CSCOM de Bla est devenu une réalité grâce au projet BESEYA BLON. Au paravent, il fallait s’acheter des sachets d’eau pour boire et des cuves pour stocker l’eau pour la prise en charge des patients. Aujourd’hui, l’eau est là en qualité et sans interruption », témoigne Mme Kagnassi Mariam Mallé, Sage-femme.

Selon elle, l’eau est le principal moyen pour prévenir les infections. Parlant de l’hygiène, Mme Kagnassi Mariam Mallé précise : « Après chaque accouchement, la salle, les tables et tous les matériels sont nettoyés et désinfectés. Nous faisons également le tri des déchets biomédicaux en utilisant trois poubelles de couleurs différentes. La couleur noire pour les déchets sans infections ; la couleur jaune pour les déchets piquants et tranchants et la couleur rouge pour les déchets liquides biologiques, comme les vomissements, le sang et l’urine. L’ensemble de ces déchets sont, par la suite, acheminés à l’incinérateur pour être incinérés. Avant et après toute intervention,  on se lave également les mains au savon».

Quant à Mme Djénéba Coulibaly, patiente, elle estime que l’eau est disponible et que les toilettes sont très propres et suffisent pour les usagers du CSCOM. « J’utilise les kits de lavage des mains au savon, comme les autres patients. Ce sont les médecins qui nous les recommandent très souvent, mais d’autres le font d’eux-mêmes. C’est pour éviter les infections », ajoute-t-elle.

Dans son intervention, Moussa Tangara, Secrétaire Administratif de l’Association de Santé Communautaire (ASACO), rappelle que l’ère de santé de Bla est composée de 12 villages. « L’ASACO est satisfaite du projet BESEYA BLON. Pour pérenniser les acquis,  un comité de suivi du système d’amélioration continue et de gouvernance en matière Eau, Hygiène et Assainissement (EHA) a été mis en place, dont la mission est le suivi et l’entretien des réalisations du projet », souligne-t-il.

Selon Dr. Youssouf Djiré, Directeur Technique du CSCOM de Bla, le projet BESEYA BLON a contribué à améliorer la fréquentation du centre de santé. « Nous avons réalisé 961 consultations en 2023 contre 900 en 2021. Ces consultations sont relatives à des cas de paludismes, d’infections, de maladies diarrhéiques et de fièvres typhoïdes », souligne-t-il.

Diédala et Farakala disent merci à WaterAid

Les 28 et 29 février 2024,  l’équipe de reportage s’est rendue respectivement à Diédala et à Farakala. Au sein de chacun des deux CSCOM, l’on note les mêmes réalisations que celles de Bla district. Comme à Bla, ce sont également les mêmes remerciements que les communautés de ces deux villages ont adressés à WaterAid et à ses partenaires de mise œuvre.

A Diédala, situé à une vingtaine de kilomètres de Bla, l’ère de santé comprend quatre villages, avec 7055 hbts. Ici dans ce centre de santé, ouvert le 10 Août 2002, l’on compte deux blocs de toilettes avec trois latrines chacun ; des points d’eau et des kits de lavages des mains au savon. « Une latrine a été réalisée et sept autres réhabilitées par le projet BESEYA BLON », précise Mme Sanata Goïta, Directrice Technique du CSCOM.

Selon elle, le projet a contribué à améliorer la qualité des soins, et le taux de fréquentation du centre de santé. « Le centre de santé est bien fréquenté avec en moyenne 200 consultations par mois. Les causes des consultations sont relatives aux cas de paludismes, d’infections respiratoires et des maladies diarrhéiques », précise-telle.

Pour l’entretien des équipements mis à la disposition du CSCOM, Djibril Sanogo, président de l’ASACO de Diédala, estime que des mesures sont déjà prises. Il s’agit, pour lui, de la vente de l’eau aux communautés. « L’argent généré de cette vente permettra d’assurer l’entretien des équipements », ajoute-t-il.

Dans son intervention, Sina dit Lassine Coulibaly, conseiller à la Mairie et président de la commission de développement rural, précise que le rôle des collectivités est de soutenir le CSCOM. « La Mairie assure aujourd’hui le salaire de deux agents du CSCOM. Après le projet, le rôle de la Mairie reste le suivi des réalisations et l’appui aux entretiens des équipements. Les collectivités comptent également construire un logement pour la Directrice Technique », ajoute-t-il.

A Farakala à 53 kilomètre de Bla, l’ère de santé est composée de trois villages pour 2634 hbts. Le CSCOM a été créé le 25 février 2017.  Pour le suivi et l’entretien des acquis du projet, un comité est mis en place par l’ASACO. « Une cotisation d’un montant de 3000 par famille et par an a été également instaurée. Aussi,  la somme de 50F CFA est incorporée à chaque ordonnance payée au dépôt de vente du CSCOM », souligne Zeoua Coulibaly, président de l’ASACO.

Quant à Mme Bintou Sogoba, Matrone, elle estime qu’en moyenne dix accouchements sont faits par mois au CSCOM de Farakala. « Grace au projet BESEYA BLON, le  CSCOM est doté de toilettes ; de points d’eau et de kits de lavage des mains au savon. Ce qui facilite les accouchements, les consultations et le nettoyage de nos matériels », ajoute-t-elle, avant de préciser que la prévention des infections se fait par l’utilisation des gants, du gel et de lavage des mains avant et après chaque intervention.

A Diédala Comme à Farakala, la gestion des déchets biomédicaux se passe comme celle de Bla. Au sein de ces trois CSCOM, le changement apporté par le projet BESEYA BLON est l’amélioration de la qualité des soins grâce à l’accès à l’eau potable.

Pour rappel, BESEYA BLON est un projet commencé en 2020 et cofinancé par WaterAid, les Fondations OneDrop du Canada et Conrad Hilton des Etats, à hauteur de 6 millions $US (soit environ 3,37 milliards) pour une durée de 4 ans. Il est intervenu dans 14 Centres de santé communautaire (CSCOM) dans le cercle de Bla et 2 dans le cercle de Kati.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 05/03/2024 by Ousmane BALLO