Bamako – Les autorités maliennes entendent consolider leur politique de réinsertion sociale des mineurs en conflit avec la loi. Dans cette dynamique, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, accompagné du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, ainsi que de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, a effectué, mardi, une visite au Centre spécialisé de détention, de rééducation et de réinsertion pour mineurs (CSDRM) de Bollé.
Cette mission gouvernementale visait à évaluer les conditions de prise en charge des pensionnaires, à apprécier les programmes de rééducation mis en œuvre et à réaffirmer la volonté de l’État de faire de la réinsertion sociale un pilier de la justice des mineurs.
La visite a réuni les membres des cabinets ministériels concernés, les secrétaires généraux des départements impliqués, les responsables de l’Administration pénitentiaire ainsi que plusieurs acteurs de la chaîne judiciaire.
La cérémonie a débuté par la montée des couleurs nationales, avant de laisser place à une démonstration de salutations corporelles traditionnelles maliennes. Cette séquence, riche en symboles, a mis en lumière les valeurs de discipline, de respect, de civisme et de patriotisme inculquées aux jeunes pensionnaires dans le cadre de leur rééducation.
Les ministres ont ensuite échangé avec plusieurs mineurs, qui ont témoigné des enseignements reçus au centre, notamment en matière d’instruction civique, de lutte contre la corruption, d’amour de la patrie et de responsabilité citoyenne.
Former pour mieux réinsérer
Présentant le fonctionnement du Centre spécialisé de Bollé, son Directeur est revenu sur les missions de cette structure, créée pour assurer la surveillance, la rééducation, la formation professionnelle et la réinsertion des enfants en conflit avec la loi.
Il a indiqué que le centre accueille actuellement 201 mineurs, bénéficiant de différents programmes éducatifs et de formations professionnelles destinés à faciliter leur retour dans la société.
Tout en saluant les efforts consentis par le ministère de la Justice pour améliorer les conditions d’hébergement et de prise en charge, il a également évoqué plusieurs défis auxquels l’établissement reste confronté, appelant à la poursuite des investissements en faveur de cette structure spécialisée.
Le Directeur général adjoint du Service national des jeunes a, pour sa part, insisté sur la portée humaine de cette mission.
Selon lui, les formations dispensées au CSDRM contribuent à transformer progressivement les comportements des jeunes détenus et leur offrent les outils nécessaires pour reconstruire leur avenir.
Il a estimé que cette démarche dépasse le cadre judiciaire pour devenir un véritable investissement dans le capital humain, en donnant à ces adolescents une seconde chance à travers l’éducation, l’apprentissage et l’accompagnement citoyen.
La justice des mineurs au cœur des priorités de l’État
Clôturant les interventions, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, s’est déclaré satisfait des progrès réalisés par les pensionnaires après seulement quelques mois de formation.
Il a salué la présence de ses collègues chargés de la Jeunesse et de la Promotion de la Femme, estimant que cette visite conjointe illustre la volonté du Gouvernement de renforcer la coordination entre les différents secteurs intervenant dans la protection des enfants.
Le Garde des Sceaux a rappelé que le Centre de Bollé privilégie une approche fondée sur la rééducation, la formation et la réinsertion sociale, conformément aux lois nationales et aux engagements internationaux du Mali en matière de protection des droits de l’enfant.
Il a également mis en avant le programme spécial de formation destiné aux jeunes détenus, soulignant que la complémentarité entre la justice, l’éducation et l’instruction civique constitue un levier essentiel pour prévenir la récidive et favoriser une réintégration durable.
À travers cette visite, les autorités maliennes réaffirment leur volonté de promouvoir une justice des mineurs davantage orientée vers l’éducation que vers la sanction.
En renforçant les dispositifs de formation, d’accompagnement psychologique, d’instruction civique et d’insertion professionnelle, le Gouvernement entend offrir à chaque enfant en conflit avec la loi une véritable opportunité de reconstruire son parcours de vie et de devenir un acteur utile au développement du pays.
Cette approche traduit une vision plus globale de la justice juvénile, fondée sur la prévention, la responsabilisation et la réintégration sociale. Elle s’inscrit dans les orientations des plus hautes autorités, qui font de la protection de l’enfance, de la promotion de la citoyenneté et du renforcement de la cohésion sociale des priorités de l’action publique.
OB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 05/08/2026 by Ousmane BALLO
