La première réunion du Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport a mis en lumière les premiers résultats d’un mécanisme innovant issu du nouveau Code minier. En dix-huit mois, plus de 109 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour soutenir les investissements stratégiques dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des transports, confirmant l’ambition des autorités de faire du secteur minier un véritable moteur du développement national.
Réuni le vendredi 31 juillet 2026 à Bamako sous la présidence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou, le Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport a tenu sa première session en présence de plusieurs membres du Gouvernement, des représentants des départements sectoriels et des membres du Comité.
Cette rencontre avait pour principal objectif de dresser le bilan des ressources déjà mobilisées et d’examiner les premiers projets susceptibles d’être financés par ce nouveau mécanisme destiné à transformer les revenus miniers en infrastructures structurantes au service du développement du Mali.
Prenant la parole, le ministre d’État Alousséïni Sanou a rappelé que ce Fonds trouve son fondement juridique dans l’article 98 de la loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier.
Conformément à cette disposition, le Fonds est alimenté par les titulaires de permis d’exploitation des grandes et petites mines ainsi que par les bénéficiaires d’autorisations d’exploitation industrielle de substances de carrière. Les entreprises concernées versent une contribution équivalente à 1 % du chiffre d’affaires trimestriel, ainsi que 10 % de la taxe ad valorem durant les cinq premières années d’exploitation. À partir de la sixième année, la contribution passe à 2,5 % du chiffre d’affaires.
Selon le ministre, cette réforme traduit la volonté du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, de faire des performances du secteur minier une source directe de financement des infrastructures publiques.
« Les ressources mobilisées sont exclusivement destinées au financement d’infrastructures de production énergétique, d’ouvrages hydrauliques et d’infrastructures de transport, conformément aux objectifs fixés par le Code minier et ses textes d’application », a-t-il précisé.
Plus de 109 milliards FCFA mobilisés en un an et demi
Le Comité de pilotage a révélé que les contributions enregistrées entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026 atteignent 109,142 milliards de francs CFA. Dans ce montant figurent 57,751 milliards de francs CFA collectés au cours de l’année 2025 et 51,391 milliards de francs CFA mobilisés durant le premier semestre 2026.
Le ministre Alousséïni Sanou s’est félicité de ces performances, estimant qu’elles illustrent la pertinence des réformes engagées dans le secteur minier et la capacité du Fonds à financer durablement les investissements prioritaires de l’État.
Au cours de la réunion, il a également été indiqué que les engagements de financement pour les infrastructures structurantes dépassent désormais 120 milliards de francs CFA, preuve de l’entrée effective du mécanisme dans sa phase opérationnelle.
Pour le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, ces résultats démontrent que le secteur minier s’affirme progressivement comme l’un des principaux moteurs du développement économique national.
Il a souligné que cette dynamique sera renforcée par la mise en œuvre progressive des autres fonds prévus dans le cadre des réformes minières. Combinés aux dividendes de l’État, aux taxes et aux impôts générés par l’activité minière, ces différents mécanismes devraient accroître les capacités d’investissement public du pays. Les différents départements ministériels concernés ont présenté les projets prioritaires appelés à bénéficier des ressources du Fonds.
La ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a notamment présenté plusieurs projets structurants portant sur le développement du réseau ferroviaire, la construction de nouvelles infrastructures routières, l’acquisition de bateaux destinés au transport fluvial ainsi que le projet de relance de Mali Airlines SA.
Selon elle, ces investissements permettront d’améliorer la mobilité des personnes et des biens, de renforcer le transport multimodal et de diversifier les voies d’approvisionnement du pays tout en contribuant au désenclavement des régions.
« La mise en place de ce Fonds constitue une réponse concrète aux besoins de financement de nos grands projets d’infrastructures. Il nous permettra d’accélérer la modernisation du système de transport et d’améliorer la connectivité nationale », a-t-elle indiqué.
Accélérer les investissements dans l’énergie et l’eau
Le ministère de l’Énergie et de l’Eau entend également tirer parti de ce nouvel instrument financier pour accélérer la réalisation de grands projets destinés à renforcer la souveraineté énergétique et hydraulique du Mali.
Le ministre Pr Tiémoko Traoré a estimé que le Fonds contribuera à améliorer durablement l’accès à l’eau potable, à soutenir le développement agricole, à renforcer les capacités industrielles et à créer davantage de valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Il a rappelé que le Fonds de développement local avait déjà permis de mettre plus de 18 milliards de francs CFA à la disposition des collectivités territoriales et que ce nouveau mécanisme viendra compléter ces efforts en finançant des infrastructures nationales à fort impact.
Au-delà des montants mobilisés, le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport marque une évolution importante dans la stratégie de financement du développement au Mali.
En orientant une partie des revenus issus de l’exploitation minière vers les investissements publics, l’État se dote d’un instrument alternatif capable de réduire progressivement la dépendance aux ressources budgétaires traditionnelles et aux financements extérieurs.
Destiné exclusivement aux secteurs de l’énergie, de l’eau et des transports, ce mécanisme ambitionne de lever les principaux obstacles au développement économique, d’améliorer la compétitivité du pays et de renforcer sa souveraineté économique à travers une meilleure valorisation des richesses de son sous-sol.
OB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 04/08/2026 by Ousmane BALLO
