Le Mali a célébré la 11ᵉ édition de la Journée africaine de l’Alimentation scolaire, placée sous le thème : « Promouvoir des repas nutritifs pour assurer le bien-être et la réussite scolaire des enfants ». C’était ce 1er mars 2026 à Dialakorobougou, commune rurale de Mountougoula, sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, en présence des partenaires techniques et financiers.
Dialakorobougou, commune rurale de Mountougoula. Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque, ce 1er mars 2026, les habitants convergent vers la cour de l’école de second cycle. Sous les tribunes, des chaises sont alignées, les élèves s’organisent, les pionniers répètent leurs mouvements. L’accueille du ministre se prépare.
Il est 9h50, le cortège du ministre arrive. Il est accueilli par les autorités locales et une population mobilisée. Après un tour de cour pour saluer l’assistance, le ministre prend place à la loge officielle. Les pionniers, fiers et disciplinés, lui adressent leurs salutations.
Très vite, la solennité laisse place à la fête. L’artiste Issa Sory Bamba s’empare de la scène. Sa voix et sa mélodie moderne électrisent l’assistance. Les élèves, d’abord timides, esquissent des pas de danse. Puis la chorégraphie s’installe, mêlant rythmes contemporains et gestes inspirés des traditions. Sous le regard souriant du ministre, la jeunesse célèbre à sa manière cette journée dédiée à son avenir.
Dans son mot de bienvenue, le maire de Mountougoula, Daouda Diarra, exprime la fierté de sa commune d’abriter l’événement. Sur les 27 écoles que compte la commune, 20 disposent déjà de cantines scolaires. « Il reste encore sept établissements à doter », précise-t-il, appelant à la poursuite des efforts.
Le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kalaban Coro, Alpha Mahamane, renchérit : l’impact des cantines scolaires est désormais visible. Dans sa circonscription, 112 cantines bénéficient à 2 060 élèves. « Les rendements scolaires se sont nettement améliorés », affirme-t-il, soulignant le lien direct entre alimentation et performance académique.
Du côté du Comité de gestion scolaire (CGS), le message est clair : la cantine n’est pas un simple repas. Elle favorise la fréquentation, limite l’abandon scolaire, renforce la concentration et améliore les résultats. Mais les défis demeurent : manque de salles de classe, insuffisance de tables-bancs, besoins en matériels didactiques, absence de clôture, d’eau potable et insuffisance de latrines adéquates.
Selon Salif Doumbia, président du CGS, à Dialakorobougou, la cantine représente souvent le repas le plus équilibré de la journée. « Un enfant bien nourri est un enfant attentif », glisse-t-il, tout en rappelant qu’investir dans l’alimentation scolaire, c’est investir dans le capital humain.
Un engagement national affirmé
Prenant la parole, le ministre Dr Amadou Sy Savané rappelle que le thème retenu s’inscrit pleinement dans la vision du Gouvernement de la Transition et dans les orientations du PRODEC 2, dont l’objectif est d’accroître la fréquentation scolaire par l’implantation de cantines endogènes et la mobilisation communautaire.
Selon le ministre, en adhérant à la Coalition mondiale pour les repas scolaires, le Mali réaffirme son engagement à protéger les enfants les plus vulnérables contre la faim et la malnutrition. « Personne ne doit être laissé au bord de la route de l’école », martèle le ministre.
Les chiffres traduisent l’ampleur de l’effort consenti. En 2026, 2 295 cantines scolaires sont appuyées sur l’ensemble du territoire, servant quotidiennement des repas chauds à 700 000 bénéficiaires, dont près de 47 % de filles. Le taux de couverture nationale atteint 19,47 %.
En 2025, plus de 5,2 milliards de francs CFA ont été investis par l’État. Les interventions se répartissent entre 1 823 cantines soutenues par l’État, 362 par le Programme Alimentaire Mondial, 70 dans le cadre du projet MIQRA et 40 appuyées par la Fondation Strømme.
Le ministre a salué l’appui déterminant des partenaires, notamment la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’Éducation, annonçant la construction prochaine de trente kits d’infrastructures de cantines à travers le projet MIQRA.
Pour Dr Amadou Sy Savané, la période 2026-2027, décrétée Année de l’Éducation et de la Culture par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, ouvre des perspectives nouvelles pour la consolidation et la pérennisation des cantines scolaires, avec une attention particulière aux zones les plus vulnérables.
Quand les élèves prennent la parole
Moment fort de la journée : un sketch interprété par les élèves de Dialakorobougou. À travers des scènes simples et poignantes, ils montrent comment la cantine transforme leur quotidien — l’élève affamé devenu attentif, la jeune fille maintenue à l’école grâce au repas garanti. L’assistance applaudit longuement.
La cérémonie s’achève par la remise d’équipements de cuisine au Comité de gestion scolaire et une visite guidée de la cantine. Dans les marmites fumantes, le repas est prêt, et les élèves s’installent joyeusement pour passer à table.
À Dialakorobougou, en ce 1er mars 2026, la cantine scolaire n’était pas qu’un programme public. Elle était un symbole, celui d’un pays qui choisit d’investir dans ses enfants, convaincu que l’éducation commence aussi par une assiette bien remplie et bien assaisonnée.
Ousmane BALLO
Source : Ziré
Last Updated on 05/03/2026 by Ousmane BALLO

