Le 27 août 2025, des recommandations ont été formulées visant à réglementer et à promouvoir le secteur de l’artisanat minier à petite échelle au Mali. C’était au cours d’un atelier de partage des leçons pour combler les lacunes en matière de connaissances sur les réformes et le soutien nécessaires au secteur de l’artisanat minier à petite échelle (ASM).
Initiée par la Coalition malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP-Mali), cette rencontre a permis d’identifier les principales lacunes de connaissances liées à la gouvernance, à la réglementation, au financement, à la commercialisation et à l’inclusion sociale dans le secteur ASM ; de partager les expériences et les bonnes pratiques nationales, régionales et internationales en matière de gestion et de réforme de l’ASM ; et enfin de définir les réformes prioritaires et les appuis nécessaires pour rendre le secteur formel, durable et inclusif.
Selon la Coalition malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP-Mali), l’analyse de l’extraction minière artisanale et à petite échelle (ASM) révèle des controverses. « En effet, elle représente une source significative de revenus pour de nombreuses communautés, mais elle est au même moment peu soucieuse de la protection de l’environnement, du respect de la règlementation avec son emploi massif de femmes et des enfants. Cette controverse dénote qu’elle fait face à plusieurs défis en matière de durabilité, de réglementation, de protection de l’environnement et du respect des droits économiques et sociaux », souligne la PCQVP-Mali.
Face à ces défis, la Coalition estime qu’il est nécessaire de capitaliser les expériences existantes et de partager les leçons apprises afin d’identifier les réformes prioritaires et les soutiens adaptés pour renforcer la gouvernance, la durabilité et l’inclusion sociale du secteur ASM au Mali.
Les principales lacunes de connaissances liées à la gouvernance, la réglementation, le financement, la commercialisation et l’Inclusion sociale dans le secteur ASM sont surtout relatives au cadre légal inadapté (le code minier et les procédures administratives restés trop complexes et peu accessibles aux orpailleurs) ; à la faible gouvernance (l’absence de traçabilité et de transparence dans la chaine de valeur, favorisant les pertes fiscales et le commerce illite) ; à l’accès limité au financement (manque de mécanisme financiers adaptés aux réalités des exploitants artisanaux) ; aux impacts environnementaux et sanitaires (usage des produits chimiques particulièrement du mercure et absence de normes écologiques aggravant les risques sanitaires pour les communautés) ; à la faible inclusion sociale et genre (inexistence de programmes spécifiques pour les femmes dans l’ASM, travail des enfants) ; et enfin au mauvais contrôle du secteur par l’État ( inexistante de données fiables sur le nombre de sites dans les régions aurifères ou sur la production d’or.
« L’orpaillage, sources de revenus, est actuellement confronté à plusieurs problèmes relatifs à la protection de l’environnement et du respect des droits économiques et sociaux », a rappelé M. Abdoul Wahab Diakité, président de la Coalition Malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP – Mali).
Quant à Mme Rakiatou Arby, représentante du ministre des mines, elle estime que l’exploitation artisanale connait beaucoup de problèmes et de régulation au Mali. « Elle mérite d’être bien encadrée à cause de ses impacts négatifs sur l’environnement, les forêts, les cours d’eau, la faune et la flore. Ainsi, il devient urgent de prendre en charge ces impacts dans l’intérêt de nos communautés et des futures générations », précise-t-elle.
Cet atelier rendre dans le cadre de l’exécution du projet ‘’Greater Value for Golg (une plus grande valeur pour l’or)’’, élaboré avec l’appui technique et financier d’Europe Partnership for Responsible Minerals (EPRM) et mis en œuvre dans le cadre d’un consortium entre la Coalition Malienne Publiez Ce que Vous Payez (PCQVP- Mali), la Fondation pour le développement au Sahel (FDS) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED). A la fin de la rencontre, des recommandations ont été formulées visant à réglementer et à promouvoir le secteur de l’artisanat minier à petite échelle au Mali. Elles seront soumises à l’appréciation des décideurs du secteur minier.
Ousmane BALLO
Source : Ziré

