Bamako, 20 avril 2026 — En marge de la 14ᵉ réunion de la Commission tripartite tenue les 13 et 14 avril dans la capitale malienne, une délégation interministérielle burkinabè a rencontré, le 15 avril, la communauté des réfugiés burkinabè vivant au Mali. La rencontre, organisée dans l’enceinte de l’Ambassade du Burkina Faso, a permis des échanges approfondis sur les conditions de vie en exil et les perspectives de retour.
Conduite par Hermann Yirigouin Toé, ambassadeur et Secrétaire général du ministère burkinabè des Affaires étrangères, la délégation s’inscrivait dans une démarche de dialogue direct avec les ressortissants burkinabè à l’étranger, y compris dans des contextes marqués par la crise sécuritaire.
Dans son intervention, le chef de délégation a réaffirmé que la situation des réfugiés relève avant tout de la responsabilité souveraine du Burkina Faso. Il a assuré que des actions sont en cours pour restaurer l’intégrité du territoire national, condition indispensable à un retour sécurisé et durable des populations déplacées.
Il a également rappelé l’engagement du Burkina Faso, aux côtés de ses partenaires de la Confédération des États du Sahel (AES), en faveur d’une reconquête de la souveraineté sécuritaire, politique et économique, fondée sur des solutions endogènes adaptées aux réalités régionales.
Dans cette optique, le retour des réfugiés ne pourra se faire que dans un cadre garantissant sécurité, dignité et stabilité.
Reconnaissance envers le Mali et appui du HCR
La délégation burkinabè a exprimé sa reconnaissance aux autorités et au peuple maliens pour leur accueil, saluant une solidarité jugée exemplaire entre deux pays liés par l’histoire et des défis communs.
L’Ambassadeur Toé a également salué le rôle du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), tout en soulignant que l’action humanitaire doit s’aligner sur les priorités nationales et respecter la souveraineté des États.
Prenant la parole, les représentants des réfugiés ont exprimé leur soutien aux efforts des autorités burkinabè en matière de sécurisation du territoire. Ils ont salué les avancées enregistrées et réaffirmé leur attachement à leur pays d’origine.
Malgré les difficultés liées à l’exil, les réfugiés ont indiqué vivre en bonne entente avec les populations maliennes et participer activement à la vie économique locale, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’artisanat.
Selon les données de la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR) du Mali, ils étaient estimés à 204 000 personnes au 28 février 2026, réparties sur l’ensemble du territoire, avec une présence notable dans les régions de Gao, Mopti, San, Tombouctou et Ségou.
Des défis persistants, notamment administratifs
Parmi les principales préoccupations évoquées figure l’accès aux documents d’identité, indispensable à leur autonomie et à leur intégration socio-économique. Les échanges ont permis de mieux cerner les réalités quotidiennes des réfugiés et d’identifier des pistes d’amélioration.
Malgré leur situation, les réfugiés burkinabè au Mali ont exprimé leur volonté de regagner leur pays pour contribuer à sa reconstruction, dès que les conditions sécuritaires le permettront.
La rencontre a également été marquée par une action concrète du gouvernement burkinabè, qui a procédé à la remise d’un don alimentaire composé de 50 tonnes de riz, 40 tonnes de haricots, 300 bidons d’huile et 300 cartons de pâtes alimentaires.
Cette aide, issue de l’effort national, sera distribuée par l’Ambassade du Burkina Faso à Bamako, en coordination avec les autorités maliennes.
À travers cette initiative, Ouagadougou réaffirme sa volonté de soutenir ses citoyens, où qu’ils se trouvent, tout en préparant les conditions d’un retour progressif et sécurisé dans leur pays d’origine.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 20/04/2026 by Ousmane BALLO

