Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a publié les résultats de sa vérification financière portant sur la gestion du Centre International de Conférence de Bamako (CICB) pour les exercices 2022, 2023, 2024 et le premier trimestre de 2025. Cette mission avait pour objectif d’apprécier la conformité des opérations financières, la fiabilité des comptes et le fonctionnement des organes dirigeants de l’établissement.
L’examen des pratiques administratives du CICB révèle de nombreuses irrégularités. Parmi les principales anomalies relevées : l’absence de recouvrement complet des créances de l’établissement ; l’ouverture de deux comptes bancaires non autorisés par le ministère de l’Économie et des Finances ; le défaut de désignation d’un commissaire aux comptes par le Conseil d’administration ; la production de comptes administratifs incomplets ; la signature d’attestations de service fait par le Directeur général en violation des règles ; la présentation de comptes de gestion non conformes par l’Agent comptable ; une comptabilité-matières tenue de manière irrégulière.
Face à ces défaillances, plusieurs recommandations ont été adressées aux responsables du CICB : mettre en place un commissaire aux comptes, réexaminer les comptes bancaires ouverts, renforcer la qualité des documents comptables et assurer un recouvrement rigoureux des créances.
Plus de 259 millions FCFA d’irrégularités financières identifiées
Sur le volet financier, la mission du BVG a mis au jour des irrégularités d’un montant global de 259 162 190 FCFA. Une partie de cette somme — 18 072 790 FCFA — a été régularisée durant les travaux de vérification.
Le solde, soit 241 089 400 FCFA, reste non régularisé. Il concerne principalement des paiements effectués de manière irrégulière dans le cadre de divers marchés. Ces faits ont été signalés au Procureur de la République Financier et transmis à la Section des Comptes de la Cour Suprême, car susceptibles de constituer des infractions à la législation pénale, budgétaire et financière.
Le rapport du BVG met en lumière des faiblesses structurelles dans la gestion du CICB et souligne l’urgence de renforcer les mécanismes de gouvernance. Une modernisation des procédures internes et un meilleur respect des règles de gestion financière apparaissent indispensables pour garantir la transparence et la bonne gouvernance de cet établissement public.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 04/12/2025 by Ousmane BALLO

