À N’Golonina en Commune II du District de Bamako, plusieurs familles se sont constituées en bloc contre Titi Niaré des familles fondatrices de Bamako. En effet, cet héritier de feu Maridiè Niaré, père fondateur de Niarela, conteste l’occupation d’environ 10 hectares dans le secteur de N’Golonina, pourtant vendu par les familles fondatrices depuis plus de 100 ans. Face à cette horde, les habitants de N’Golonina hissent le ton et dénoncent un harcèlement de trop.
Après plusieurs semaines de bataille dans l’ombre, les habitants de N’Golonina portent désormais leur peine à la place publique. Le dimanche 24 août 2025, ils ont convoqué une grande assemblée générale extraordinaire à la Mosquée de N’Golonina pour non seulement informer l’opinion publique sur le litige, mais aussi pour se donner des orientations afin de bien mener leur combat.
Que se passe-t-il réellement ?
Selon les informations issues de cette assemblée générale extraordinaire, il s’agit bien d’un conflit foncier qui n’est pas à sa première. « Un membre des familles fondatrices de Bamako, en la personne de Titi Niaré, actuellement en France, a donné mandat à un certain Seydou Diarra pour convoquer certaines familles du secteur de N’Golonina devant le tribunal de la grande instance de la Commune II. L’objectif est de spolier ces familles de leurs habitations. Le nommé Titi Niaré dit ne pas reconnaître cette cessation foncière entre ses ancêtres et les nôtres de N’Golonina qui date de plus de 100 ans », nous témoigne un habitant de N’Golonina sous anonymat.
Selon plusieurs sources, ce litige foncier concerne une centaine de familles installées bien avant l’Indépendance sur une superficie de dix hectares. À N’Golonina, cet acte est perçu comme du harcèlement. « Sous la pression du nommé Seydou Diarra et de son mentor, certaines familles auraient déjà payé une grosse somme d’argent pour tenter d’arranger la situation », nous confie un commerçant.
Désormais, une bataille judiciaire est engagée entre les deux parties. Après deux renvois du dossier, la première audience a eu lieu le 26 août 2025. Pour mieux se défendre, les habitants de N’Golonina ont mis en place un collectif dirigé par Boubacar Sidiki Kaba.
Une vive tension… !
À N’Golonina, la jeunesse est très remontée. Mais des sages comme l’Imam Mohamed Sosso Haidara, M. Seydou Metté et le jeune leader Boubacar Sidiki Kaba mettent en avant les actions judiciaires et sociales. « J’espère que la justice sera dite. Parce qu’il est inadmissible dans un pays qu’on puisse aller en conflit pour des fonciers cédés depuis plus de 100 ans. Ce harcèlement a commencé depuis très longtemps. Ils ont commencé avec les commerçants qui détiennent les magasins. Ils ont vu que ces derniers se sont paniqués et nous avons appris que certains ont payé de l’argent pour être tranquilles. Maintenant, ils veulent harceler les familles. Cela ne marchera pas. Rien que pour la cohésion sociale, la justice doit protéger les habitants pour ne pas provoquer des incidents regrettables », a déclaré Boubacar Sidiki Kaba.
En attendant, N’Golonina surveille la procédure du parquet comme du lait sur le feu. Les autorités sont fortement interpellées sur ce dossier désormais devenu très sensible.
Amadou Kodio
Source : Ziré
Last Updated on 29/08/2025 by Ousmane BALLO

