Les Forces armées nigériennes affirment avoir neutralisé Ibrahim Mahamadou, dit « Bakoura », dirigeant de la faction JAS de Boko Haram, lors d’une opération aérienne menée le 15 août dans la région de Diffa. La confirmation de sa mort reste cependant attendue.
L’état-major des Forces armées nigériennes (FAN) a déclaré jeudi avoir mené une opération ciblée contre le leader jihadiste Ibrahim Mahamadou, dit « Bakoura », sur l’île de Chilawa située dans l’extrême sud-est du pays. Selon l’information diffusée à la télévision nationale, l’intervention s’est déroulée après « plusieurs semaines de surveillance minutieuse » des mouvements du chef terroriste.
L’opération s’est articulée en deux phases : un avion de reconnaissance a d’abord confirmé les positions des cibles avant qu’un chasseur-bombardier n’effectue « trois frappes successives et précises » dans la matinée du 15 août.
Un parcours jihadiste de plus d’une décennie
Ibrahim Mahamadou, quadragénaire, avait rallié les rangs de Boko Haram il y a plus de dix ans, rappelle l’armée. Ancien lieutenant d’Abubakar Shekau, il avait pris les rênes de la faction Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’Awati Wal-Jihad (JAS) après le suicide de ce dernier en mai 2021. En effet, Shekau s’était donné la mort alors qu’il était poursuivi par les combattants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) dans la forêt de Sambisa.
Sous la direction de Bakoura, JAS a intensifié ses attaques contre les civils et les forces de sécurité dans la région du bassin du lac Tchad, accuse Niamey qui lui impute également l’enlèvement de plusieurs centaines d’écoliers à Kuriga, au Nigéria, en mars 2024.
Le dernier rapport de l’Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions contre l’État islamique et Al-Qaida, publié le 24 juillet 2025, désigne la faction Bakoura Doro comme la plus active au sein de Boko Haram. Le groupe a étendu son contrôle territorial, notamment autour de la rivière Komadougou Yobé dans le nord de l’État de Borno, s’emparant de zones précédemment tenues par d’autres factions, y compris certaines îles appelées « tumbuns ».
Prudence sur la confirmation du décès
Vincent Foucher, expert de l’insurrection jihadiste au Nigéria, appelle néanmoins à la prudence concernant cette annonce. Le chercheur rappelle que « par le passé, la mort de nombreux chefs jihadistes de la région du lac Tchad a été annoncée prématurément ». Les confusions liées aux homonymies sont fréquentes, comme l’illustre le cas de Shekau, déclaré mort à plusieurs reprises avant sa disparition effective. À ce jour, la faction JAS n’a publié aucune réaction officielle concernant le sort annoncé de son dirigeant.
Cela dit, selon l’analyse de Vincent Foucher, Bakoura représentait une figure pivot pour JAS. « Il a réussi à restructurer la faction après la mort de Shekau, à relancer l’offensive contre ISWAP, à reconquérir du terrain et à préserver l’autonomie de JAS », explique le spécialiste, ajoutant que beaucoup s’attendaient à une absorption par ISWAP.
Le chercheur souligne également que sous son commandement, JAS a élargi ses activités au-delà du nord-est nigérian, notamment à travers le groupe de Sadikou, un autre leader jihadiste, opérant dans le nord-ouest, avec de possibles ralliements de combattants Lakurawa, suggérant une phase d’expansion du mouvement.
Incertitudes sur l’avenir de JAS
Les conséquences de la disparition supposée de Bakoura demeurent difficiles à évaluer. Vincent Foucher note que le leader s’était imposé par la violence, éliminant le premier successeur désigné de Shekau. « JAS connaît des tensions internes plus marquées qu’ISWAP, ce qui accroît les risques de fragmentation », analyse-t-il.
La dispersion géographique des groupes affiliés, particulièrement dans le nord-ouest, soulève des interrogations quant à l’émergence d’un successeur reconnu par l’ensemble des factions.
Toutefois, le mouvement dispose d’une base économique relativement solide dans la partie nord du lac Tchad, où il contrôle des territoires et prélève des taxes, notamment sur le commerce halieutique. Cette assise financière pourrait permettre à l’organisation de surmonter une éventuelle crise de leadership, même si la perte de Bakoura risque de provoquer des remaniements significatifs dans sa structure.
L’évolution de la situation sécuritaire dans la région dépendra largement de la capacité des différentes factions à maintenir leur cohésion interne et de la réponse des forces multinationales engagées dans la lutte antiterroriste.
Source : apanews.net
Last Updated on 22/08/2025 by Ousmane BALLO


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