Bougouni : les autorités appellent à une gouvernance locale plus responsable 

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La région de Bougouni a célébré, le 10 août 2026, la Journée africaine de la décentralisation et du développement local. Placée sous le thème : « Autonomisation des autorités locales pour qu’une eau et un assainissement durables fassent progresser des villes et territoires résilients, inclusifs et durables vers l’Agenda 2063 », la rencontre a réuni les acteurs de la décentralisation, les services techniques de l’État, les collectivités territoriales, la société civile ainsi que les partenaires au développement.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Dramane Diakité, directeur de cabinet du gouverneur de la région de Bougouni. Dans son intervention, il a rappelé que la célébration de cette journée constitue un engagement des États africains en faveur de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement territorial.

Selon lui, cette journée représente également une occasion de faire le bilan des actions engagées et d’ouvrir le débat sur les moyens d’améliorer la mise en œuvre des politiques de décentralisation.

L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur l’accès durable à l’eau et aux systèmes d’assainissement sûrs. Pour les autorités, les collectivités territoriales doivent jouer un rôle central dans la planification, la gestion et la mise en œuvre des actions répondant aux besoins essentiels des populations.

À Bougouni, la célébration a été marquée par une conférence-débat consacrée au thème de la journée ainsi que par des visites guidées de plusieurs infrastructures d’eau et d’assainissement de la ville.

Le directeur de cabinet a également souligné que les importantes potentialités de la région, notamment agricoles, pastorales, minières, commerciales, culturelles et humaines, doivent être transformées en véritables opportunités de développement. « Les potentialités ne suffisent pas », a-t-il fait valoir, appelant à une planification rigoureuse, une gouvernance responsable, des investissements structurants et une meilleure mobilisation des ressources locales.

La participation citoyenne au cœur du développement local

Pour Dramane Diakité, le développement local ne peut être l’affaire des seuls élus ou de l’administration. Il doit impliquer l’ensemble des composantes de la société. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’associer davantage les populations à l’identification des priorités, à la conception des projets, à leur réalisation et au suivi des investissements.

Une attention particulière doit être accordée à la jeunesse et aux femmes, considérées comme des acteurs majeurs du développement de la région. L’entrepreneuriat, la formation professionnelle, l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et le numérique figurent notamment parmi les secteurs dans lesquels les jeunes doivent être davantage accompagnés.

La gouvernance financière des collectivités a également occupé une place importante dans le discours d’ouverture. Le directeur de cabinet a appelé à une utilisation plus efficace des ressources publiques, à une mobilisation accrue des ressources propres des collectivités et à la promotion d’une véritable culture du résultat.

Il a estimé que chaque investissement réalisé dans les communes, les cercles et la région doit produire un impact concret et durable sur les conditions de vie des populations.

Dans cette perspective, le renforcement des capacités des collectivités en matière de planification, de gestion financière, de maîtrise d’ouvrage et de suivi-évaluation apparaît comme une nécessité.

L’État, les collectivités et les partenaires appelés à travailler ensemble

Dramane Diakité a par ailleurs réaffirmé le rôle de l’État dans l’accompagnement, l’orientation, le contrôle et la coordination des actions de développement, dans le respect des compétences de chaque acteur.

Il a plaidoyer pour une collaboration renforcée entre l’administration déconcentrée, les collectivités territoriales, les services techniques, le secteur privé, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et religieuses, les femmes, les jeunes et les partenaires techniques et financiers.

La digitalisation des services publics locaux, la protection de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles et l’adaptation au changement climatique ont également été présentées comme des enjeux majeurs pour l’avenir des territoires.

Après la cérémonie d’ouverture et la conférence-débat, les participants ont effectué une visite guidée de plusieurs infrastructures d’eau et d’assainissement à Bougouni, notamment la mairie secondaire, le CSCom de Massablacoura et la station de traitement de la SOMAGEP.

Cette visite a permis de rapprocher les échanges théoriques des réalités de terrain et de mettre en évidence les défis liés à l’accès aux services essentiels.

À travers cette célébration, les acteurs de la région de Bougouni ont renouvelé leur engagement à faire de la décentralisation un véritable outil de proximité, de participation citoyenne, de cohésion sociale et de développement durable.

Aly Badra Keita (A B K)/Afrikinfos-Mali 

Last Updated on 12/08/2026 by Ousmane BALLO

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