Violations et abus des droits de l’Homme : La MINUSMA dresse le bilan

Entre le 1er avril et le 30 juin, la Mission onusienne indique avoir documenté 632 violations et abus des droits de l’Homme ayant causé la mort de 323 personnes, dont 23 enfants et 11 femmes

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) a publié, hier la note trimestrielle des tendances des violations et abus des droits de l’Homme documentés par la Division des droits de l’Homme et de la protection entre le 1er avril et le 30 juin 2020.

Selon le document, au cours du deuxième trimestre de l’année, la situation des droits de l’Homme est restée préoccupante et sans amélioration, tant dans les régions du Centre (Mopti et Ségou) que dans celles du Nord (Gao, Kidal, Ménaka et Tombouctou).

Elle a été caractérisée d’une part par des attaques récurrentes des groupes extrémistes qui ont entraîné à certaines occasions des violences meurtrières contre les populations civiles.

En réponse à ces attaques, les Forces de défense et de sécurité ont mené de nombreuses opérations militaires et de sécurisation, dont certaines se sont soldées par des violations des droits de l’Homme notamment dans les Régions de Mopti et Ségou.

Selon la Mission onusienne, les violences sur fond de tensions intercommunautaires ont également continué dans la Région de Mopti, rythmées par des attaques des milices et groupes d’autodéfense peuls et dogons.

Le contexte a aussi été marqué par des mouvements de contestation des résultats définitifs des élections législatives. Cela s’est caractérisé par l’organisation de manifestations antigouvernementales, notamment à Bamako, Mopti, Kayes et Sikasso.

Entre le 1er avril et le 30 juin, la Minusma indique avoir documenté 632 violations et abus des droits de l’Homme ayant causé la mort de 323 personnes, dont 23 enfants et 11 femmes. La Région de Mopti, précise le rapport, a été la plus affectée par ces violations et abus dans la mesure où, sur les 632 violations et abus documentés, 386 ont été perpétrés dans cette zone suivie des Régions de Ségou (52), Gao (47), Tombouctou (46), Kidal (37), Ménaka (35), Kayes (25), Sikasso (3) et Bamako (1).

Sur les 632 violations et abus des droits de l’Homme, la Division a documenté 126 violations des droits de l’Homme imputables aux Forces de défense et de sécurité du Mali, tandis que 50 violations ont été imputées aux forces burkinabè. Les groupes extrémistes tels que Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Eddine, la Katiba Macina, Jama’at nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM), Al Mourabitoune et autres groupes similaires ont été responsables de 123 abus des droits de l’Homme.

Les groupes armés signataires ont été responsables de 63 abus des droits de l’Homme, tandis que les milices et autres groupes armés d’autodéfense communautaires ont perpétré 232 abus des droits de l’Homme. Enfin, 38 abus des droits de l’Homme ont été perpétrés par des groupes armés non identifiés.

Madiba KEITA

Source: L’Essor