Sécurité sous régionale : Que reste-t-il du G5-Sahel ?

Dans le cadre des sessions et réunions tournantes de leur organisation sécuritaire, les Chefs d’Etat des pays membres du G5-Sahel ont tenu, fin juin dernier, à Nouakchott, une rencontre axée sur la mise en œuvre de la « Feuille de route » du sommet de Pau du 13 janvier 2020. Sur invitation de leur homologue de la Mauritanie, Mohamed Cheikh El GHAZOUANI, les Présidents Roch Christian Kabore du Burkina Faso ; Ibrahim Boubacar Kéïta du Mali ; Issoufou Mahamadou du Niger et Idriss Deby du Tchad étaient autour du Président français, Emanuel Macron assisté de plusieurs invités de marque dont le Président du Gouvernement espagnol, Pedro SANCHEZ ; du Président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, et de la Secrétaire Générale de l’Organisation internationale de la  Francophonie, Mme Louise MUSHIKIWABO. Il s’agit de passer en revue des acquis et dégager des perspectives. Des perspectives oui. Mais, des acquis ?

Concrètement, l’on est en droit de se demander si cette organisation, de sa création en 2014 à nos jours, a, à son actif, des opérations remarquables sur le terrain. Pratiquement, rien n’atteste encore de mission réussie au compte du G5-Sahel. Même si, en revanche, dans le libellé de son Communiqué final le présent Sommet marquerait une « nouvelle étape », nombreux sont des Spécialistes qui se posent la question de savoir de ce que resterait-il du G5.

Le jeudi 30 juin 2020, dans la capitale mauritanienne, Nouakchott, se sont tenues les assises du Sommet ordinaire des Chefs d’Etat du G5-Sahel. Placée sous l’égide du Président français, Emanuel Macron, cette rencontre de plus haut niveau des Etats membres de ladite organisation zonale a comme principal point inscrit à l’ordre du jour d’évaluer le processus de la mise en œuvre de la « Feuille de route » du sommet de Pau du 13 janvier 2020.

Un sujet qui n’est pas sans susciter d’un gros point d’interrogation à défaut d’appréciations suscitant de controverses suffisamment recevables. Et ce gros point d’interrogation s’intitule comme suit : « Que reste-t-il du G5 ? ».

En effet, il est à se demander que constitue concrètement les objectifs réussis sur le terrain par cette organisation regroupant des cinq pays de la zone sahélienne que sont le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Au plan militaire, aucune opération d’envergure sur laquelle on peut mettre un accent particulier. Sur le front de lutte contre le terrorisme, aucune mission n’a été remarquablement effectuée avec succès escompté.

En revanche, ses services de commandement n’arrivent même plus à se loger. A cause de la désorganisation administrative, de la précarité de ses moyens techniques et financiers et du manque de niveau au sens professionnel de son commandement, le siège de cette organisation peine à se trouver un quartier général (QG). Après avoir abandonné sa Base de Sevaré, Région de Mopti, par peur des attaques terroristes, l’organisation avait débarqué en catastrophe à Bamako, au Quartier de Badalabougou, en Commune VI du District de Bamako. Mais son aveu d’impuissance dans le cadre de sa mission régalienne, le Commandement du G5-Sahel y a été expulsé de force par les Populations. Ensuite, aux dernières nouvelles, ce serait dans un coin sis dans la zone aéroportuaire de Senou-Bamako que se trouve camouflée son actuel siège fictif. Alors, une telle organisation dont la vocation militaire aura été de bouter hors des frontières de la Sous-région le terrorisme mais qui n’arrive pas à se loger officiellement pourrait-elle inspirer de confiance ?

De sa création, le 16 février 2014, la force conjointe du G5-Sahel avec comme mission officielle de coordonner les politiques de Développement et de sécurité des cinq Etats membres comprenait au départ 5000 Hommes militaires et encadreurs techniques.Mais à cause de son caractère dépendant de l’aide extérieure, notamment des traditionnels pays et organismes donateurs, cette organisation tarde à décoller, à prendre son envol dans l’accomplissement de sa mission, à savoir rétablir et garantir le climat de sécurité dans l’espace transfrontalier couvrant les cinq Etats membres. Ce, par défaut de mobilisation en totalité de son Budget évalué, pour sa première année d’existence, à plus de 420 millions d’euros. Par faute d’actions par des preuves convaincantes et des perspectives réelles, les partenaires, en dépit de toutes les campagnes menées par la France, tardent à mettre la main à la poche pour honorer leurs engagements. Alors, sans financement, le nerf de toute guerre, que doit rester de ce groupement de cinq Etats sahéliens ?

Djankourou

Source : L’Aube