‘’Sans Détour’’/Transition et paysage politique au Mali : qui pour l’opposition ou la majorité ?

Les dix-huit mois de transition vont forcément changer le paysage politique dans notre pays. Les opposants du régime déchu pourraient se retrouver du côté du nouveau pouvoir et l’ancienne majorité présidentielle, certainement, à l’opposition. A défaut, l’on risque d’assister à un désordre politique où chacun cherchera à séduire les nouvelles autorités dans le seul but de devenir le prochain locataire du palais présidentiel.  Ce qui est évident, c’est que le chef de file de l’opposition ou alors l’ancien chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé, président du principal parti de l’opposition, Union pour la République et la Démocratie (URD), qui vient de recouvrer la liberté, n’hésitera pas à se ranger du côté des autorités de la transition.

Le faisant, le paysage politique risque de changer carrément. Car, dans cette aventure, l’ex-otage pourrait être accompagné, en plus des autres partis de l’opposition, par certains dignitaires de l’ancienne majorité présidentielle. Cela, juste pour assurer leurs arrières. Aussi,  faut-il s’attendre à un nouveau regroupement politique avant la fin de la transition. Lequel va, sans nul doute, asphyxier le M5-RFP de Choguel Kokala Maiga. Ce dernier n’hésiterait pas non plus à sacrifier ce mouvement sur l’autel de ses propres intérêts politiques.

Mais, pour l’heure, il reste à savoir si ce mouvement est toujours capable de mobiliser sans son allié stratégique, la CMAS de l’Imam Mahmoud Dicko qui semble se démarquer de toutes les initiatives du président du comité stratégique du M5-RFP, Choguel Kokala Maïga.

De l’autre côté, l’influence de l’Imam Mahmoud Dicko, peut considérablement peser pour l’élection présidentielle à venir. Ce qui peut d’ailleurs favoriser Soumaila Cissé, si ce dernier arrive à nouer de bonnes relations politiques avec la CMAS. Mais tout cela va dépendre des propositions politiques concrètes que Soumaïla Cissé aura à soumettre au jeune fougueux Issa Kaou N’Djim, et ses camarades. Ce qui est sûr, c’est qu’un candidat issu de l’ancienne majorité présidentielle aura difficilement le soutien de l’Imam qui, d’ailleurs, a peur de trahir sa conviction politique sous peine de perdre sa notoriété auprès de ses militants et fidèles. Mais, souvenons-nous en : en politique, un et un ne font pas forcément deux. Donc, tout peut changer et à tout moment.

La seule chose dont on est encore sûr, c’est que pour l’heure, il est toujours difficile de parler de majorité ou d’opposition politique et que tous les prochains candidats peuvent rester discrets durant les premiers mois de la transition, le temps de saisir la direction du vent.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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