‘’Sans Détour’’ / le mal du Mali, c’est le système en place !

Depuis des décennies, le Mali a toujours été confronté à des crises de multiples formes relatives à la corruption, à l’injustice, à l’inégalité ou au favoritisme. Celle que nous vivons actuellement, paralysant le pays depuis plus d’un mois, est la résultante d’un système de gouvernance en place qui s’est avéré archaïque et incapable de résoudre les problèmes liés à son existence.

Ce système jugé démocratique pour avoir été garanti par la Constitution, permet au président de la République d’avoir la main mise sur toutes les institutions de la République. Du coup, la séparation du pouvoir devient juste de la littérature et dont l’application réelle et intégrale ne dépend que de sa bonne volonté.

D’abord, le pouvoir exécutif est conçu et dirigé par le chef de l’Etat. Au niveau du pouvoir législatif, c’est toujours le parti au pouvoir ou la majorité présidentielle qui devient majoritaire à l’Assemblée nationale et automatiquement le perchoir leur revient de droit, de manière institutionnelle et démocratique avec la présidence toujours assurée par un proche du chef de l’Etat. Donc, il s’agit de quelqu’un qu’il peut maîtriser dans l’ombre.

Quant au pouvoir judiciaire, il soufre aussi du poids du président de la République. C’est aussi lui qui nomme directement ou indirectement (à travers les départements concernés), les présidents des cours de juridiction et des tribunaux. Les neufs membres de la Cour constitutionnelle qui fait objectif de contestation aujourd’hui sont tous redevables au Chef de l’Etat. En plus de ses trois membres, ceux de l’Assemblée nationale sont nommés par son président qui jouit lui aussi des privilèges du Chef de l’Etat. De même, il est le président du Conseil supérieur de la magistrature qui doit aussi nommer les trois autres membres de la Cour constitutionnelle.

Tous ces facteurs donnent au président de la République des champs d’intervention beaucoup plus larges en faisant de lui un président puissant et doté de pleins pouvoirs. C’est pourquoi, pour résoudre la situation du Mali de façon durable, il faut forcément s’attaquer au système en place. Autrement dit, il faut interroger la Constitution de 92 qui est devenue aujourd’hui tout le mal du pays, pour avoir a été incapable de résoudre les problèmes causés par elle-même.

Donc, aujourd’hui, la révision constitutionnelle s’impose et demeure comme ultime moyen pour doter les institutions des missions prenant en compte les réalités de l’heure. Cela pourra être une occasion pour réduire ou limiter le pouvoir du président de la République, l’obligeant aussi à rendre compte de sa gestion au cours de son mandat à une autre institution sans complaisance. Cela pourra aussi permettre de réduire le mensonge et les fausses promesses du chef de l’Etat juste pour accéder au pouvoir ou garder son fauteuil. La même institution pourra également décider de sa destitution de manière pacifique et légale en cas de faute grave ou d’incapacité de diriger le pays.

Sans cela, même l’ONU ne peut pas résoudre les crises politiques maliennes. C’est pourquoi la mission de la CEDEAO dans notre pays peut calmer les ardeurs, mais elle pourra difficilement résoudre définitivement les problèmes de l’heure. Donc, la clé de la solution à nos crises sociopolitiques est entre nos mains. Il faut seulement accepter de mettre de côté nos ambitions et considérations personnelles au profit de l’intérêt supérieur de la nation.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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