Politique : L’Etat doit les écraser tous, mais…

Depuis belle lurette, l’Etat aurait dû prendre ses responsabilités en main et les écraser tous mais il a eu peur. Il s’agit des entités ethnico-politiques et politico-religieuses qui se hissent de plus en plus sur le champ politique. Une chose anti-démocratique et anticonstitutionnelle.

Une note vocale  pouvant être attribuée à Kaou Djim coordinateur des Mouvements, Associations et Sympathisant des Idéaux de Imam Mahamoud Dicko (CMAS-Dicko) circule sur les réseaux et crée des paniques à tous les niveaux. D’un ton grave et menaçant et en réel contre-pouvoir, Kaou Djim menace de sortir et d’aller jusqu’au bout. Au bout de quoi et où ? Que passa ?

Cette entité (CMAS-Dicko) qui se veut politique mais réunie sous une bannière religieuse car soumise qu’au stop du guide et très respectueux Imam Dicko n’est elle pas une réelle menace pour une République dans les jours à venir. Que se passera si les autres organisations ou regroupements religieux se mettaient à se constituer en partis politiques pour briquer la magistrature suprême ? La question que l’on doit tous se poser. Ces guides religieux, le jour où ils accéderont au pouvoir, seront-ils démocrates ? Seront-ils fidèles aux idéaux de mars 91 ? Ou nous conduiront-ils vers l’application de la Charia pour fidélité à Dieu ?

Des reformes s’imposent et l’Etat doit prendre ses responsabilités…

Elles ne sont pas les seules, les entités politico-religieuses, nous avons aussi les entités ethniques. A commencer d’abord par les milices ethniques créées par-ci et par-là par la bénédiction de l’Etat et connues pour leur crime sur les autres communautés. L’Etat du Mali doit urgemment aller vers un désarmement total de toutes ces milices ethniques une bonne fois pour toute. Il doit aussi sans rien attendre, dissoudre toutes les entités ethniques avant de trouver une vraie formule culturelle pour elles.

Des comportements doivent changer…

Comme le cas des achats de conscience, tous les jonglages entre religieux et politiques autre que la relation gouvernement et les représentants légaux des religions doivent cesser. Les prises de position publique et certains soutiens des guides religieux ne doivent jamais être rendus publics. Les chefs d’institution et de département doivent discerner leur propre relation d’avec les guides religieux  de leur mission régalienne. Donc à cet effet, les visites d’Etat à des guides de quelque bord que ce soit doivent cesser de façon officielle. Les guides demeurent nos derniers recours en médiation en cas de conflit. Si tous les guides prennent position, qui assurera la médiation en cas de conflit ? Qu’Allah sauve le Mali…

Koureichy Cissé

Source: Mali Tribune