Nouveau découpage territorial : un processus qui fâche !

Depuis quelques semaines, le gouvernement de Transition est à pied d’œuvre pour finaliser le projet de réorganisation territoriale entamé depuis 2012. Déjà, les travaux de restitution se sont tenus la semaine dernière dans la plupart des localités concernées à travers le pays. Aussitôt les listes finales publiées, une vague de contestations et de colère a commencé à déferler au sein des communautés qui souhaiteraient voir leurs communes érigées en cercles ou leurs villages en communes.

Goundam, Mondoro, Sangha et Markala n’ont pas caché leur indignation à la suite des travaux de restitution de la réorganisation territoriale. La jeunesse de ces différentes localités dénonce le truquage du résultat des concertations régionales tenues les 13, 14 et 15 novembre 2018.

Goundam, le deuxième cercle dans l’histoire du pays, a vu son espoir de devenir une région volé en éclat. Le samedi denier, la jeunesse de cette localité a protesté contre les conclusions des travaux de restitution tenue à Tombouctou qui excluent Goundam de la liste des nouvelles régions. Une situation que la jeunesse de la localité qualifie de trahison. « Nous avons été trahis par les nôtres et cela est intolérable. Ils nous ont toujours dit que le projet était en bonne voie et à la faveur de Goundam, mais c’est à la toute dernière minute que nous nous sommes rendus compte que c’était un gros mensonge », a regretté Aliou Boubacar Traoré, l’un des jeunes révoltés de la ville.

Même réalité à Mondoro situé dans le cercle de Douentza (l’une des nouvelles régions). Réputé être la plus grande commune et la plus peuplée de la région de Douentza, Mondoro, proposé comme Cercle lors des assises régionales de 2018 à Mopti, semble être aussi victime d’un tripatouillage des autorités en charge de la question.

Pendant tout le week-end, la jeunesse de cette ville et sympathisants ont tenu un sit-in devant la Chambre de Commerce de Mopti. Objectif : exiger le rétablissement du cercle de Mondoro comme prévu. « Nous, nous sommes présentés devant la Chambre de Commerce de Mopti, ce matin (vendredi 30 avril 2021), pour dénoncer ce qu’on qualifie de fraude politique. Ils veulent tout simplement effacer le cercle de Mondoro au profit des autres entités qui n’ont pas de base plausible. La jeunesse de Mondoro et sympathisants ont décidé de manifester leur mécontentement, dénoncer cette discrimination, montrer qu’ils ne sont pas d’accord avec ce mépris dans la décision du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Maïga, concernant les découpages administratifs dans la région de Douentza », a déclaré le porte-parole des jeunes et sympathisants de Mondoro, Oumar Ongoïba.

Devant la Chambre de Commerce de Mopti, les messages véhiculés étaient entre autres : « Nous réclamons le cercle de Mondoro comme conclu lors des assises régionales de 2018 » ; « Non au détachement de Mondoro de Hombori » ; « Vive le cercle de Mondoro » ;…

Tout comme Mondoro, la commune de Sangha elle aussi est dans la danse. Affiliée à Bandiagara, cette commune ne semble pas être prête à admettre les conclusions issues de la restitution et accepter le sort qui lui a été réservé dans le découpage administratif. Comme les autres localités, c’est surtout à Bamako que les ressortissants de la commune de Sangha ont fait entendre leur colère. D’ailleurs le week-end dernier, tous les cadres ressortissants de la commune se sont retrouvés au Lycée Alfred Garçon ici à Bamako pour parler des stratégies à adopter afin de contrecarrer les plans dits ‘’diaboliques’’ du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Au moins deux personnes blessées à Markala

C’est le 3 mai 2021 que la population de Markala a manifesté son mécontentement contre le processus. Elle exige aux autorités d’ériger sa localité en cercle. Ainsi durant un bon moment de la journée, des jeunes sont sortis et ont bloqué le pont à l’entrée de la ville.

Selon des sources locales, une centaine de véhicules sont restés bloqués pendant des heures au Pont rouge de Markala, situé à l’entrée de la ville. Seuls les ambulances et les cortèges militaires étaient autorisés à passer. Même le convoi du gouverneur de Ségou a été également bloqué au pont. C’est ainsi que les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui, à leur tour, ont répliqué avec des jets de cailloux. Au cours de ces échanges, au moins deux personnes ont été blessées.

Amadou Kodio

Source : Ziré