Manifestations d’aujourd’hui : Boubou sur les traces de Boubéye

Sommes-nous entrain d’aller vers une répétition de l’histoire ? Tout porte à la croire après l’analyse des derniers développements de la situation sociopolitique que traverse notre pays.

Face à la méga manifestation de la nouvelle coalition CMAS (Coordination des Mouvements Associations et Sympathisants) de Mohamoud Dicko- FSD (Front pour la Sauvegarde de la Démocratie) – Espoir Mali Kura soutenue par plusieurs autres associations, mouvements, regroupements et syndicats, le régime du président IBK traverse une période de turbulence. Cette nouvelle coalition créée le 26 mai dernier seulement, et qui reproche entre autre au président IBK une gouvernance chaotique et prédatrice avec le risque de partition du pays, les atteintes graves au principe républicain démocratique, notamment la confiscation du vote des concitoyens, des droits et libertés en péril, l’abandon des secteurs clés de l’activité économique, le malaise du système éducatif malien, et la pandémie du COVID-19 qui a davantage mise à nue l’état désastreux de nos établissements hospitaliers et de nos structures sanitaires. A ceux- ci s’ajoutent l’organisation d’élections injuste, opaque et inéquitable. Pour cette coalition qui se réclame des Forces Patriotiques, l’avenir de la nation est de leur responsabilité. Pour elle, la nécessité d’un sursaut national est plus que de mise pour susciter une transformation des mentalités, un renforcement de l’état de droit avec des institutions républicaines. Face à ce constat, les désormais alliés projettent un grand meeting qu’ils qualifient d’appel patriotique pour demander la démission du président IBK. Connaissant la forte capacité de mobilisation de ces différentes structures, le pouvoir a posé des actes dont le plus important fut la rencontre à l’hémicycle entre le bureau de l’Assemblée nationale et les organisateurs du meeting. L’analyse des informations sorties de cette rencontre nous amène à croire que pour désamorcer la bombe, la représentation nationale a souhaité créer un cadre de collaboration avec les organisateurs de la manif d’aujourd’hui. Elle ira loin en rappelant à ses visiteurs du jour, son pouvoir constitutionnel d’émettre une motion de censure contre le gouvernement Boubou Cissé, comme elle l’a fait en son temps contre le Premier ministre Soumeylou Boubéye Maiga qui finira par démissionner quelques heures avant cette motion de censure le 18 avril 2019. Les organisateurs du meeting n’ayant pas ciblé le PM Dr Boubou Cissé, ont reçu à travers cette rencontre, la forte disponibilité de l’Assemblée Nationale à sacrifier le chef du gouvernement à la place du Président IBK.

A la sortie de cette rencontrer, on peut affirmer que si IBK ne va pas bouger d’un iota de la présidence de la république, l’après 5 juin 2020 est loin d’être favorable à Boubou Cissé qui aura non seulement d’énormes difficultés à se faire reconduire à la primature, mais aussi et surtout de durer à la tête du nouveau gouvernement (au cas où il sera reconduit) à cause de ses « amis » de la majorité présidentielle qui ne le portent pas dans leur cœur.

Oumar Baba TRAORE

Source : L’Analyste