Mali: la Diaspora Africaine en Europe appelle à la retenue et au respect des Institutions de la République

Comme toutes les organisations nationales et internationales, la Mission de la Diaspora Africaine en Europe observe avec le reste du monde entier, les mouvements sociopolitiques qui secouent le Mali depuis quelques mois. Dans l’envie de contribuer à l’apaisement de ce climat sociopolitique, ladite Mission a aminé une conférence de presse ce samedi 2020 à la marie du district de Bamako. Au cours de cette rencontre, les conférenciers, Amoikon Eba, chef de la Mission et le Dr Jean Claude Konan, Porte-parole de la mission, ont appelé les uns et les autres à s’entendre sur la continuité de l’État.

Devant les hommes de médias, les deux émissaires de la Diaspora Africaine en Europe se sont montrés très préoccupés par la tournure que l’actuelle crise sociopolitique du Mali est en train de prendre, à travers les manifestations plus en plus violentes du M5-RFP. «Ces mouvements font suite à des appels à protester lancés par des partis politiques de l’opposition à laquelle se sont associés des leaders religieux pour dénoncer principalement les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle, suite aux élections législatives du 29 Avril 2020 en République du Mali ; l’insécurité dans le nord du Mali avec les attaques terroristes ; la vie chère dans le pays et les efforts jugés insuffisants, déployés par les dirigeants pour retrouver le chef de l’opposition monsieur Soumaila Cissé, enlevé par des individus non identifiés en pleine campagnes législatives le 19 Avril 2020. Ces partis politiques se sont réunis au sein d’un mouvement dénommé le M5, un mouvement qui, selon ses initiateurs, est au-dessus de toutes les Institutions de la République du Mali »,a souligné la Mission de la Diaspora Africaine en Europe.

Aux conférenciers d’ajouter: «En guise de solution pour le règlement des faits dénoncés, ces partis politiques et ces leaders religieux réclament en outre la démission du président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keita ; la dissolution de la Cour Constitutionnelle ; la dissolution de l’Assemblée Nationale et la nomination d’un Premier ministre inamovible qui aura le plein pouvoirs exécutif. Cette dénonciation donne lieu depuis un certain temps à des manifestations de rue à travers le pays à l’appel de ces partis politiques de l’opposition et des leaders religieux qui se sont joints à cette cause. La dernière de ces manifestations, tenue les vendredi 10 et samedi 11 Juillet 2020 a vu un appel clair des organisateurs à l’occupation des bâtiments symboles du pouvoir ; à la destruction de certains de ces bâtiments et plus généralement à une désobéissance civile. S’en est suivie une vague de violence sans précédent qui a abouti à l’occupation de la télévision nationale contrainte d’interrompre ses programmes ; à la destruction de l’Assemblée nationale et de la Primature ; à la paralysie de la vie économique ; mais aussi et surtout à des pertes en vie humaine »,déplorent-ils.

La démission du chef de l’État n’est pas une solution !

La Mission d’Apaisement de la Diaspora Africaine en Europe se demande en quoi est-ce que la démission du chef de l’Etat peut-être une solution à l’insécurité au nord du Mali ; une solution à la vie chère ;  une solution pour la libération du chef de l’opposition ; une solution pour les revendications liées aux élections législatives. «Il est bon de rappeler que l’insécurité au nord du Mali avait été la principale raison invoquée pour le renversement du président Amadou TOUMANI TOURE. En ce temps on avait cru que cela réglerait le problème. Près d’une décennie après, force est de constater que la situation sécuritaire s’est beaucoup dégradée au nord du Mali. Ce constat à lui seul devrait servir pour savoir que la démission du chef de l’État n’est pas une solution à cette situation d’attaques terroristes que vit le Mali, bien au contraire. Le Mali qui n’est pas le seul pays dans cette situation malheureuse, fait tout son effort pour mettre fin à cette crise sécuritaire avec l’appui des nations unies réunies au sein du G5 SAHEL »,  a insisté le chef de la Mission.

Toutefois, la Mission de la Diaspora Africaine en Europe estime que la démission forcée d’un président démocratiquement élu avant la fin de son mandat en dehors du cadre constitutionnelle est antidémocratique. Ainsi, elle appelle les contestataires, notamment les leaders du mouvement M5-RFP à accepter les voies et moyens proposés par la Mission de la CEDEAO.

Quant au président de la République, la Diaspora Africaine en Europe lui demande à résister et de continuer l’exercice du pouvoir en mettant l’intérêt Suprême de la nation au-dessus de tout. Aussi, la Mission Diaspora Africaine en Europe exprime toute sa compassion au peuple malien pour les décès enregistrés lors des manifestations et demande au même peuple de faire bloc derrière son président afin de résister à toute tentative de déstabilisation. Une déstabilisation qui ferait passer le Mali d’un modèle de démocratie à la risée.

Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali

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