Mali : des produits prohibés d’une valeur de plus de 1,5 milliard F CFA incinérés

Dans le cadre de sa lutte contre les stupéfiants, l’Office central des stupéfiants du Mali (OCS) a procédé, ce mercredi 18 novembre 2020, à la destruction par incinération de plusieurs tonnes de produits dopants à Dio Gare (Kati). Ces produits dont la valeur marchande est estimée à plus de 430 millions de francs CFA pour le Cannabis et plus de 1,2 milliard F CFA pour les produits pharmaceutiques, ont été saisis lors de différentes opérations effectuées par les unités de l’OCS, celles de la police, de la gendarmerie et de la Direction des douanes ainsi que de la MINUSMA au cours de l’année 2020.

Selon les responsables de l’OCS, l’opération destruction découle de l’application de l’article 136 de la loi 01-078 du 18 juillet 2001 modifiée portant sur le contrôle des drogues et précurseurs, qui prévoient que la destruction des produits se fait en présence des représentants de l’autorité judiciaire et les membres de la commission de destruction.

C’est la raison pour laquelle, la présente opération d’incinération s’est déroulée sous la direction du parquet spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme, le trafic illicite de drogue et la criminalité organisée ; en présence du directeur de l’OCS ; du maire de la commune de Dio et des organisations de la société civile.
Au total, 8 tonnes de Cannabis, 5 tonnes de produits pharmaceutiques, 2,493 Kg de cocaïne, 106 doses de Crack ; 81 doses de Off ; plus de 5 000 comprimés de Tramadol ont été incendiés par l’Office central des stupéfiants du Mali. A ceux-là, s’ajoutent des quantités importantes de cigarettes et d’alcool avarié.

Des produits saisis en grande partie, par la cellule aéroportuaire de l’OCS, les antennes OCS de Bamako, la brigade des stupéfiants de la police nationale, la brigade territoriale de gendarmerie de Kati, ainsi que la MINUSMA de Kidal.

Pour le directeur de l’OCS, le magistrat colonel Adama TOUNKARA, ces produits saisis font plus de 430 millions de francs CFA pour le Cannabis et près de 1,2 milliard F CFA pour les produits pharmaceutiques, selon l’estimation donnée par l’ordre des pharmaciens du Mali.
Il a aussi souligné que le phénomène de la drogue prend de plus en plus une proportion inquiétante au Mali. A l’en croire, cette saisine ne représente qu’une infime partie de ce qui circule au Mali.

Par ailleurs, M. TOUNKARA a fait savoir que cette opération d’incinération est une opportunité de sensibiliser de ceux qui doutent encore de la volonté politique de lutter efficacement contre ce fléau. «Beaucoup pensent que les produits qui sont saisis par nos unités sont recyclés. C’est pourquoi, nous avons institué cette activité de façon annuelle afin de faire comprendre à nos concitoyens que la lutte contre la drogue est une réalité au Mali», a-t-il défendu.

Concernant l’activité en question, le directeur général de l’OCS a indiqué cette opération se fait avec les moyens de bord. «Il y a un fort besoin d’un site moderne d’incinération», a-t-il indiqué, avant d’ajouter que ce sont des produits nocifs dont l’incinération produit des fumées, des déchets, sans compter le risque sur l’environnement et les populations environnantes.
Donc, une occasion pour lui, de reformuler ce besoin de nouveau site d’incinération. «Il nous faut un site approprié, moderne pour pouvoir procéder à la destruction de ces produits», a-t-il indiqué.

Pour le substitut du procureur près le Tribunal de Grande Instance de la commune VI du district de Bamako, Ibrahim A. SISSOKO, les stupéfiants sont les seuls produits dont la production, la commercialisation et la consommation sont formellement interdites sur la base de la loi n° 01 078 du 10 juillet 2001, dans ses articles 99, 138.
A ses dires, lorsque les individus sont interpelés avec suffisamment de preuves, ils sont immédiatement placés sous mandat de dépôt. «La justice est intraitable par rapport à ce fléau qui prend des dimensions inquiétantes au Mali», a-t-il affirmé. De même, a-t-il tranché : «Il n’y a pas d’intouchable en la matière. Les sanctions vont d’un an à cinq ans de prison ferme».

De son côté, le président de l’association malienne de lutte contre la drogue, le terrorisme et la traite humaine, Mamadou YATTASSAYE, représentant de la société civile, a invité les autorités du pays à déclarer une guerre ouverte contre les trafiquants de drogue. Selon lui, les trafiquants de drogue ont un lien connexe avec la criminalité en général, et le terrorisme, ainsi que la traite des personnes en particulier.
S’il est d’avis de punir sévèrement les trafiquants de drogue, par contre concernant les consommateurs, il conseille de les envoyer dans des centres de prise en charge pour consommateurs de drogue. Une occasion pour lui donc, de solliciter auprès des autorités, de la création de ce type de centre qui n’existe pas encore au Mali.
Pour sa part, le maire de la commune rurale de Dio, Daouda KANE, il a indiqué que le combat contre la drogue se gagne en synergie avec l’accompagnement de la population.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali

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