Lutte contre la COVID-19 : Trop de belles paroles

A l’issue d’une réunion extraordinaire du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN) tenue le 9 avril 2021, les autorités de la transition ont pris de nouvelles mesures restrictives visant à réduire la propagation de la COVID-19. Il s’agit principalement de l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes ; la fermeture de tous les lieux de loisirs; la suspension de toutes les festivités et autres manifestations…

Ces mesures interviennent au moment où le Mali est à 12 002 cas positifs (chiffre du 12 avril 2021) avec 345 décès dans les centres de prise en charge et 69 dans la communauté. L’on note également 7166 guéris à la date du 12 avril 2021. La journée historique reste celle du 8 avril où le pays a enregistré 413 cas positifs. Pour faire respecter ces mesures restrictives, un important dispositif sécuritaire a été déployé le dimanche 11 avril 2021 dans le District de Bamako. Ainsi, des cortèges de mariages ont été dispersés. Aussi, des éléments de la sécurité ont-ils été fixés dans tous les lieux publics tels que le Jardin du Cinquantenaire et les alentours de l’échangeur multiple de l’ACI pour empêcher tout regroupement. En général, ces mesures ne sont pas du tout mauvaises en soit ; seulement il y a d’autres motifs de regroupement de plus de cinquante personnes différent de mariage dont il faut tenir compte. Il s’agit surtout de la situation du grand marché de Bamako, des jours des grandes prières religieuses, des transports en commun…

Certes, ces mesures visent à protéger les populations de cette maladie à coronavirus, mais la réalité c’est que les autorités ont toujours du mal à convaincre. Il n’y a jamais eu le respect strict jusqu’au bout de ces décisions relatives à la lutte contre la COVID-19. Il ne s’agit pas de faire plaisir ou de tenir des discours populistes, mais plutôt de trouver tous les moyens capables de protéger les populations de cette maladie.

Des promesses sans suite !

Dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, plusieurs promesses ont été faites par les autorités visant à atténuer les effets socio-économiques de la maladie sur les populations, d’où l’initiative du fonds COVID. La plupart de ces promesses sont restées sans suite. Déjà, il y a quelques semaines, le Groupe de Suivi Budgétaire (GSB) a signalé une gestion opaque dudit fonds. Au même moment, l’annonce des primes COVID à certains agents de l’Etat reste de la poudre aux yeux. Il s’agit surtout des agents de la sécurité qui doivent veiller au respect strict de ces mesures restrictives jour et nuit.

Face à la négligence des autorités, ces agents de la sécurité comptent passer à la vitesse supérieure. Joint par téléphone, le président du Syndicat Autonome de la Police (SAP), le sergent-chef Bougouna Baba Dembélé, s’est montré catégorique. « Nous n’avons rien perçu comme primes COVID depuis l’annonce faite au temps d’IBK. D’ailleurs, nous nous apprêtons à déposer très bientôt un préavis de grève en ce sens sur la table du Gouvernement », nous a-t-il confié.

Tout comme des agents de l’Etat, des promesses de soutien faite à d’autres structures et organisations du secteur privé sont restées vaines. Pire, des hôtels qui ont servi d’hébergement et de confinement des Maliens rapatriés suite à la maladie, n’ont pas encore été payés. Au même moment, El Hadj Moustaph Doumbia, du Trésor public, annonce en mars 2021 au cours d’une rencontre du GSB que le fonds récolté dans le cadre de la lutte contre la COVOD-19 s’élève à 6,600 milliards de francs CFA.

Ousmane BALLO

Source : Ziré