Limogeage de Djibril Dramé au Stade malien de Bamako : les dessous d’un divorce difficile

Partira ou partira pas ? La situation de Djibril Dramé au Stade Malien de Bamako est très vite devenue une équation difficile à résoudre. Officiellement, Djibril Dramé n’est plus l’entraîneur des Blancs de Bamako puis que le staff technique, à travers son coordinateur général Cheick Diallo, a déclaré la non reconduction de l’emblématique entraîneur des Blancs. Mais les supporters ne l’entendent pas de cette oreille.

La polémique est restée vive toute la semaine dernière sur le non-renouvellement du contrat du premier support de Stade malien de Bamako à savoir Djibi Dramé, entraîneur de l’équipe pendant une longue période. C’est d’ailleurs avec lui que le stade malien a remporté son premier titre continental : la coupe des confédérations. C’était en 2009. Champion en titre cette saison, Djibi est désormais remercié par les responsables dudit club, et sauf un retournement de dernière minute, c’est un nouvel entraîneur qui sera sur le banc de touche du Stade malien de Bamako lors de la saison 2020-2021.

Les raisons

Stadiste dans l’âme, tout laissait pourtant croire que Djibi allait continuer l’aventure avec les Blancs de Bamako après le titre de champion acquis sans la moindre défaite et une qualification pour la Ligue africaine des Champions. Mais, c’était sans connaître la version et la vision du coordinateur général du club, Cheick Fantamady Diallo, pour la nouvelle saison. En s’exprimant sur le sort de Dramé, Cheick Fantamady a fait savoir que le Stade malien de Bamako a désormais besoin d’un entraîneur disponible à temps plein pour l’atteinte de son objectif majeur d’intégration de la phase de poules de la Ligue des Champions. « Le Club a décidé que pour atteindre son objectif de cette année que l’entraîneur principal soit disponible totalement et entièrement pour l’équipe. Ledit entraîneur devrait être là pour les entraînements matin et après-midi et disposer du temps pour suivre les joueurs. Comme l’actuel entraîneur est d’abord un fonctionnaire d’Etat, on ne peut pas lui imposer une telle exigence »,explique-t-on du côté de Sotuba.

C’est dire que si son bail n’a pas été prolongé, c’est par manque de disponibilité et non pour insuffisance de résultats. Car en plus du métier d’entraîneur qu’il mène parallèlement, Djibril Dramé est fonctionnaire d’Etat à la Direction nationale des Sports et de l’Education physique.

Les supporters se fâchent !

Après cette annonce qui est tombée comme une boule de neige à Sotuba, les supporters du club se disent consternés par cette décision qui, selon eux, reste une pure méchanceté à l’écart d’un homme qui connaît par cœur l’histoire du club. « Je ne comprends absolument pas cette décision. Comment vous pouvez limoger quelqu’un qui a un si bon résultat à la tête de l’équipe ? Cheick s’est tout simplement foutu de Djibi parce qu’il sait que Djibi est un entraîneur qui a du caractère et qui ne se laisse pas manipuler par tout le monde. Ils ont renvoyé Djibi, mais le nouvel entraîneur qu’ils voulaient prendre est un homme sans expérience comme entraîneur. On veut nous faire croire que c’est maintenant qu’ils se sont rendus compte que Djibi est un fonctionnaire ? Il l’a toujours été et cela ne l’a pas empêché de diriger l’équipe et avoir un bon résultat »,a réagi un supporter le vendredi dernier sur le terrain du club à Sotuba.

Dans sa recherche d’entraîneur disponible à plein temps, le Stade malien de Bamako avait ainsi jeté son dévolu sur un technicien nigérian en la personne d’Augustine Eguavoen,  un ex-international Nigérian. Aussitôt annoncé vers Bamako, Augustine Eguavoen a été nommé dans le staff technique des Super Eagles de son pays.

La déception de Djibril Dramé

Dans une première réaction après les sorties du coordinateur, Djibril Dramé se dit étonné de voir Cheick Diallo ne pas s’assumer. « La situation est contraire à ce que dit le coordinateur, mais je suis étonnée de sa réaction », dit-il. En attendant, le stade malien reste sans entraîneur et les supporters continuent de mettre la pression.

Amadou Kodio

Source: Ziré