Issa Sagara, 1er adjoint au maire de Koro : « Il y a une accalmie dans l’ensemble »

Une semaine après la réouverture officielle de l’axe Koro-Ouahigouya-Thiou (Burkina Faso), nous avons eu un entretien le 12 février 2021 avec Issa Sagara, 1eradjoint au maire de Koro. Avec lui, nous avons échangé sur l’état actuel du cercle de Koro sur le plan sécuritaire, mais aussi sur la nécessité de la sécurisation des principaux axes de trafics, gage du développement local. Lisez sa réaction.

Monsieur le maire, qu’en est-il actuellement de la situation sécuritaire dans le cercle de Koro ?

Sur le plan sécuritaire, le cercle de Koro connaît une accalmie par rapport à la violente crise que nous vivions depuis de nombreuses années. Une accalmie qui, selon nos constats, a commencé à partir du mois de décembre 2020. Et depuis lors, on peut dire qu’on n’entend plus de coups de feu, et qu’on ne parle plus d’attaques. Certes, vers la fin de l’année, il y a eu des attaques au niveau de la commune de Koporo-pen dans les villages de Sagourou, Korolou et Orokoro. A part ça, il y a une accalmie dans l’ensemble.

Est-ce un retour de l’Etat avec l’armée ou c’est juste un pacte entre les différents protagonistes sur le terrain qui a permis cette accalmie ?

Je vais, au passage, remercier les autorités qui, certes, sur le plan de la sécurisation des populations, peinent  encore, mais qui ont quand même accompagné les efforts de paix menés par certaines associations locales telles que Monobem (vivons ensemble) qui s’est lancée dans les négociations au sein des communautés depuis bientôt neuf mois. Les membres de cette association sont parvenus à faire signer trois accords entre les différentes communautés en conflits, notamment dogons et peulhs. Ces signatures sont intervenues dans le mois de janvier 2021, précisément le 12 à Dangaténé, le 20 à Pèle et le 24 à Madougou. Aussi, ce sont ces négociations qui ont permis la signature des trois accords le mardi 26 janvier 2021.

Monsieur le maire, récemment il a eu la réouverture de l’axe Koro-Ouahigouya, dites-en nous davantage !

Oui ! Effectivement la route Koro-Ouahigouya-Thiou est le poumon économique du cercle de Koro. Les trafics sur ce trajet ont été interrompus depuis décembre 2019. Cela faisait un an et un mois que la voie était coupée. Avec l’implication de l’association HD à travers Monobem et le premier adjoint au maire de Thiou, qui se sont engagés pendant au moins quatre mois, l’axe Koro-Ouahigouya-Thiou a été rouvert. C’est le lieu de remercier le maire de Thiou qui s’est vraiment impliqué corps et âme avec l’association Monobem et la mairie de Koro qui s’est aussi engagée du début jusqu’à l’ouverture, à travers ma personne.

Donc le 30 janvier 2021, il y a eu un premier convoi avec le 1er adjoint au maire de Thiou, Adama Ouédraogo. Ils ont passé la journée à Koro et ont été réaccompagnés au poste. C’est à partir de là, notamment le vendredi 05 février 2021, qu’il y a eu un convoi avec huit véhicules qui ont quitté Thiou à 16h et sont arrivés à Koro à 17h30. Ils ont été accueillis par le 2èmeadjoint au préfet de Koro, les forces de sécurité, le chef de village de Koro, l’ensemble des commerçants locaux, le Conseil du cercle et moi-même en tant que représentant du maire.

Parlez-nous à présent de l’importance de cette route sur les activités socio-économiques des populations .

Comme je l’avais dit, cette route est le poumon économique du cercle de Koro et même de la région de Mopti. Vous savez que Koro est un cercle producteur en grande quantité des céréales comme le mil, le haricot, le sésame et autres. Alors que de l’autre côté, le Burkina est un pays consommateur de ces céréales. Aussi, le Burkina est-il un pays producteur de légumes comme la pomme de terre, les sous, les oignons, etc. Tout ce qui est légume pour le cercle de Koro vient généralement de Ouahigouya. Vous voyez comment les échanges commerciaux sont importants et c’est la seule route qui nous permet de faire tous ces trafics.

Depuis la réouverture, est-ce qu’il y a eu d’autres inquiétudes sur cette voie ?    

De l’ouverture à maintenant, soit depuis le 05 février 2021, au moins cinq à quatre véhicules quittent Ouahigouya pour Koro et chaque fois déjà il y a des véhicules qui quittent Mopti pour aller à Ouahigouya, au Ghana, à Cotonou et autres destinations sans incidents. Donc, pour l’instant, on peut dire que ça va.

Monsieur le maire, peut-on savoir, au-delà de cette route, s’il y a d’autres voies importantes qui connaissent des blocages dues à l’insécurité ?

Après cette voie qu’on a pu débloquer, il y a de gros soucis entre Bankass-Bandiagara, notamment sur la route principale qui nous mène à Bamako. Beaucoup la connaissent par la route de poisson où le pont de Parou qui se trouve entre Parou-Sogonbia. Ce pont a été saboté par les bandits armés et les gens ont de sérieux problèmes pour rejoindre Mopti.

Alors monsieur le maire, en tant qu’élu local du cercle, quel est votre cri de cœur à l’endroit des autorités ?

Mon cri de cœur c’est d’abord la réparation du pont de Dalot qui a été sauté le 21 octobre 2019 près de Bih à 800 mètres de la frontière avec le Burkina Faso, mais aussi la reprise du pont saboté entre Sogonbia et Parou. En ce qui concerne les autorités maliennes et celles burkinabè, je plaide la réparation du pont de Nodin en allant à Thiou au niveau du Burkina Faso.

Entretien réalisé par Amadou Kodio

Source : Ziré

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