Issa Kaou N’DJIM, responsable RFP : «IBK a besoin d’avoir des morts sur sa conscience»

Après l’échec des négociations avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita (IBK), ce dimanche 5 juillet 2020, les responsables du M5-RFP se montrent très amers. Certains, à l’image de Issa Kaou N’DJIM, parlent de «déception totale » et haussent le ton. Dans une vidéo postée sur le site Maliactu.net, le 6 juillet 2020, le Coordinateur général de la CMAS de l’imam Mahmoud DICKO, conclut ‘’une injure’’ pour le peuple malien et lance un appel à la désobéissance civile à partir du vendredi 10 juillet 2020. Lisez !

«Ça été une déception totale. Mais, je m’attendais à cela. Nous sommes allés le voir, il s’est bien exprimé en français. Mais, en conclusion, il nous a demandé d’aller voir TRETA. Vous voyez que c’est vraiment une déception au regard de la mobilisation faite par les Maliens les 5 et 19 juin 2020. Tout le monde s’est impliqué, la communauté internationale s’est mobilisée, les Nations unies, l’Union européenne, les présidents des pays voisins ont envoyé des délégations. Ils ont même proposé de reprendre le vote dans les circonscriptions où les résultats ont été contestés ; ils ont demandé la dissolution de la Cour constitutionnelle. Face à toutes ces propositions, IBK nous demande d’aller voir TRETA. Ça, ça s’appelle une déception qui n’est nullement une surprise pour moi. Car, je connais IBK, il est passé maitre dans les rapports de force. Ce qu’il ignore, c’est que j’ai des dossiers sur Boubou. Je sais pourquoi il s’accroche à Boubou. J’ai des documents confidentiels.

Ce mercredi, il y a une conférence de presse ici, et le vendredi, on va dire à tout le monde pourquoi il s’accroche à Boubou. Sinon, nous ne lui avons demandé que trois choses dans notre mémorandum, à savoir : un Premier ministre de consensus et de plein pouvoir; la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections crédibles ; ainsi que la dissolution de la Cour constitutionnelle. Mais lui-même devait rester à son poste.

Au cours de nos échanges, nous lui avons demandé s’il a reçu le mémorandum. Il a répondu que oui. Mais, pendant toute l’audience, il n’a jamais évoqué le contenu de ce mémorandum. Il ne s’est prononcé sur aucune des propositions et il n’a pas fait de proposition non plus. Il nous a tout simplement demandé d’aller voir TRETA alors que lui-même n’a aucun égard pour TRETA. D’ailleurs, il a reconduit Boubou sans les consulter.  J’en sais trop sur les raisons pour lesquelles il a reconduit Boubou. Depuis ici, jusqu’au Emirats en passant par les Kolon (ambassadeurs). J’invite IBK à revenir à la raison. Tout le monde est au courant des gaffes de sa famille dans le pays. Il a fait du pays une propriété familiale.

D’ailleurs, ce que Bathily a dit, je crois que c’est à ça qu’il veut en venir. Il (IBK) a besoin d’avoir des morts sur sa conscience. Ce que IBK veut aujourd’hui, c’est une guerre civile dans le pays. Il n’a plus le souci de ce pays. Sinon, comment peut-il refuser d’écouter le monde entier. Dieu ne descendra plus sur terre pour s’adresser à un individu. Mais, le vendredi prochain, il comprendra que ce pays ne lui appartient pas.

J’ai déjà une fois juré qu’il va quitter le pouvoir, mais je crois qu’il n’a pas compris mon propos. Mais, le temps viendra où il comprendra.  Ce sont des propos de marabout.  Puisque tout le monde a tenté de le raisonner en vain, et Dieu ne sera pas sur terre pour lui parler. Il nous a tout simplement insultés, car il a encore la réalité du pouvoir en attendant. Comment nous demander d’aller voir TRETA ? Avec tout le respect dû à sa fonction, nous ne sommes pas ses courtiers. Qu’est-ce qu’on a à voir avec TRETA ?

Quand nous sommes sortis le 5 et le 19 juin, est-ce que c’était en accord avec TRETA ? Les Nations unies sont venues, de même que la CEDEAO, est-ce qu’ils nous ont demandé d’aller voir TRETA ? Lui qui est le président de tous les Maliens, il nous renvoie à TRETA qu’il ne respecte même pas. Au sein de son Parti, on a choisi DIARRASSOUBA comme futur Président de l’Assemblée nationale, mais il s’est opposé et a imposé TIMBINE. Pourquoi on doit passer par TRETA. On a tout simplement compris qu’il n’a pas de respect pour le peuple malien. Ce qu’il doit comprendre, c’est qu’il est certes le Président, mais il n’est pas le propriétaire du Mali. Et cela, d’ici le vendredi prochain. Si d’ici là, il n’y a pas d’accord, on ne va plus le reconnaitre comme étant le Président du Mali. Qu’il lui plaise ou non, à partir du vendredi, c’est Monsieur Ibrahim Boubacar KEÏTA.

Nous demandons à tous les Maliens, à partir de ce vendredi d’assiéger les mairies, les gouvernorats ; d’occuper toutes les administrations. Car, ces services appartiennent aux Maliens. Il lui appartiendra d’agir comme bon lui semble. S’il veut, qu’il nous tue, qu’il nous mette en prison. C’est tout ce qui est en son pouvoir.   

Si les Maliens ne font pas ça, cela veut dire qu’ils sont d’accord avec la gouvernance d’IBK. Dans ce cas, nous allons nous retirer de ce combat. D’ailleurs, des gens ont pensé que nous sommes en train de trahir en acceptant d’élaborer le mémorandum. 

J’ai dit à tout le monde que IBK ne va pas accepter ce mémorandum. Mais, il voulait nous piéger. Mais, c’est lui qui sera finalement piégé. Le Maliens se mobilisent pour leur pays, mais ni pour IBK ni pour le M5-RFP. Les Maliens défendent leur intérêt. Si ce que IBK fait actuellement est de l’intérêt des Maliens, Salamoualékoum.  Dans le cas contraire, ils vont suivre nos instructions le vendredi prochain.

En mot de fin, si IBK n’accepte pas le mémorandum, nous ne le reconnaitrons plus comme étant le Président du Mali à partir du vendredi. IBK je ne ferai plus jamais ce qu’il veut dans ce pays. Pour cela, nous l’invitons à trouver un accord d’ici vendredi dans l’intérêt du pays. Je pense que c’est la meilleure approche. Nous, on ne reculera pas.

IBK n’est pas dans une logique de dialogue. Avec tout le respect que je lui dois, je pense qu’il insulte le peuple. Puisque pour lui, le dialogue se résume à ce qu’il veut entendre. S’il avait autant bien fait, personne n’allait lui demander de dialoguer, mais il a échoué. J’ai demandé à ce qu’on fasse l’audit de la gestion de Boubou CISSE. Je suis sûr qu’avec l’audit de cette gestion, ils iront tous en prison. C’est pourquoi, il s’accroche à Boubou.

Pourquoi il ne veut pas dialoguer avec les gens ? Le pays ne lui appartient pas. Aujourd’hui, il est payé à 150 millions FCFA par mois. Aucun président n’a fait ça avant lui, pourtant le pays est en guerre. Vendredi prochain, ça sera la fin. Soit il nous tue tous, où il dégage. »

Propos transcrits par Abdoulaye Ouattara pour afrikinfos-Mali