Inondations à Bamako : Encore des dégâts matériels à Niamakoro

Plusieurs familles et commerces du quartier ont été affectés par la forte pluie qui s’est abattue sur la capitale dans la nuit de mardi à mercredi

Après que de fortes pluies, accompagnées de vent violent, se sont abattues sur la capitale dans la nuit de mardi à mercredi, la peur des inondations était le sentiment dominant chez nos compatriotes qui se rappellent encore les dégâts causés par les premières pluies de l’année dernière. Des concessions entières avaient été détruites, des pans de murs affaissés avec d’importants dégâts matériels et des pertes en vies humaines. La forte pluie qui s’est abattue sur Bamako a-t-elle fait des dégâts ? Nos reporters ont fait le tour de la ville pour s’enquérir de la situation. Au niveau de la Pyramide du souvenir et de l’échangeur du Pont des martyrs, le bitume était recouvert d’eau, rendant grincheux les usagers de la voie.

Au passage de notre équipe de reportage, un véhicule roulant à vive allure éclaboussa un motocycliste sur la voie. L’automobiliste subira des reproches acerbes pour son acte. Sur la rive droite, les voies non bitumées étaient quasi impraticables. Les bitumes, eux étaient couverts de déchets plastiques charriés par les eaux de pluie. Au niveau de Niamakoro, le constat était amer, avec des dégâts importants causés par les eaux de pluie. Plusieurs familles ont été inondées et les rues envahies par la boue. Les piétons qui y passaient, offraient un joli spectacle de glissade avec parfois des chutes. Les membres d’une famille inondée s’employaient à sauver ce qui pouvait encore l’être. Tout était englouti sous les eaux de pluie ou emporté par elles.

Montrant du doigt ses meubles submergés, Amadou Cissé, un habitant de Niamakoro, a expliqué que c’est aux environs de 2 heures du matin que sa famille a constaté l’inondation. D’autres habitants des lieux confirmeront cette thèse et des dégâts matériels importants. Amadou Cissé s’essayait à une comparaison entre les fortes précipitations du 15 mai 2019 et celles de la nuit de mardi à mercredi. Il reconnaît que les choses n’ont pas été aussi compliquées que l’année dernière, où la crue était inquiétante pour les habitants. Mais notre interlocuteur a tout de même enregistré quelques dégâts matériels, notamment des sacs de céréales emportés par les eaux de pluie.

Un peu plus loin, une dame désabusée a fait état de son ras-le-bol. «Nous sommes fatigués de vivre les inondations chaque année. C’est toujours la même chose : le marigot déborde et inonde les maisons. » Les habitants du site n’hésitent pas à incriminer les constructions anarchiques dans le lit du marigot, empêchant ainsi l’eau de ruisseler.

Cet état de fait provoque l’inondation à la moindre pluie importante et des dégâts matériels. Les riverains des marigots exprimaient leur amertume à qui voulait les entendre. Ils pointaient du doigt les autorités et souhaitaient qu’une solution définitive soit rapidement trouvée à leur calvaire.

Ailleurs, on pouvait faire quelques constats déplorables. À Golonina, au niveau du marché à bananes et de la mosquée du même quartier, les eaux avaient tracé leurs sillons dans le sol. Même constat à Niaréla, Bagadadji et Banconi, à la différence que dans ce quartier, les habitants avaient curé les caniveaux.

Ce qui a atténué les risques d’inondation. Aux alentours du cimetière de Niaréla, des habitants avaient profité du déluge pour vidanger leurs fosses sceptiques dans la rue. Ces contenus nauséabonds empestaient l’atmosphère d’une odeur répugnante. Dans ces quartiers qui vivent fréquemment les inondations, les rues étaient boueuses, contraignant les piétons à disputer aux automobilistes et motocyclistes le moindre espace.

Conséquences : le désordre et un embouteillage monstre. Comme on pouvait s’y attendre dans une telle situation, il y a eu des échanges d’invectives et des accidents sur la voie publique, comme par exemple cette petite berline dont le chauffeur a visiblement perdu les repères de la voie et qui s’est retrouvé dans le fossé jouxtant la route.

Tamba CAMARA

Source: L’Essor