Importance et utilité de l’état-civil : la jeunesse de Kita édifiée grâce à CRI 2002

Le sous-préfet de l’arrondissement de Kita, Boubacar Traoré, a co-animé avec le secrétaire à l’organisation du Cercle de Réflexion et d’Information sur la Consolidation de la Démocratie au Mali (CRI 2002), Moussa Traoré, une conférence-débat sur l’importance et l’utilité de l’État-civil pour un citoyen et la corruption liée à ce processus. La conférence a eu lieu le 05 juin 2021 à la Paroisse Cathédrale de Kita.

C’est devant une jeunesse de Kita curieuse et assoiffée d’informations et d’autres jeunes venus d’ailleurs que le sous-préfet et le représentant de CRI 2002 ont animé cette conférence-débat. Ainsi, le sous-préfet a échangé avec l’assistance sur l’historique, la définition et l’importance de l’état-civil. Il s’agissait, pour lui, de démontrer l’utilité des documents tels que l’acte de naissance, ceux de mariage et de décès. Il a aussi dressé le bilan de l’état-civil dans la ville de Kita.

Selon le sous-préfet, l’état-civil est le mode de constatation juridique des principaux faits relatifs à l’état des personnes ; l’état étant entendu comme l’ensemble des qualités inhérentes à la personne, auxquelles la loi civile attache des effets juridiques. Par extension, l’état-civil désigne également le service public chargé de dresser les actes constatant ces faits. « L’étatcivil d’une personne est donc le statut juridique dans la société, changeant au gré des événements qui surviennent dans son existence: naissance, mariage, changement de nom, divorce, adoption, décès, etc. Tous ces faits sont constatés dans des documents authentiques appelés actes d’étatcivil », a-t-il expliqué.

Aussi, Boubacar Traoré a insisté lors de cette conférence sur l’importance des documents d’état-civil en s’appuyant sur des exemples assez pratiques : « L’acte de naissance de l’enfant; le carnet de vaccination de l’enfant, etc. Pour qu’un travailleur du secteur public, parapublic ou privé puisse bénéficier des allocations familiales d’un enfant par exemple, il faut présenter nécessairement son acte de naissance. »

Selon Boubacar Traoré, les actes d’état-civil sont établis selon un système juridico-administratif attestant les évènements de naissance, mariage, décès et autres mutations. « L’étatcivil apporte donc la preuve légale de d’identité et de la situation juridique des individus. Une femme qui apporte la preuve de quatre maternités par exemple est exemptée du paiement des taxes et impôts au Mali », souligne-t-il.

La corruptions liée à l’état-civil !

Quant au secrétaire à l’organisation de CRI 2002, il a orienté son intervention sur l’impact négatif de la corruption liée à l’obtention des documents d’état-civil. Cela, conformément aux combats et à l’objectif de Transparency International, acteur-clé de la sensibilisation des citoyens sur la lutte contre la corruption. Ainsi, Moussa Traoré a expliqué à la jeunesse de Kita, l’importance de lutter contre ce fléau tout en insistant sur l’utilité de ces documents.

« Ces documents sont d’une importance capitale et tous les citoyens doivent en faire leur priorité. Cependant, comme nous l’avons dit tantôt, les gens sont confrontés à d’énormes difficultés pour obtenir ces documents et cela existe à plusieurs niveaux », a-t-il, avant d’inviter la jeunesse à s’impliquer davantage dans la lutte contre cette corruption. « Vous êtes les victimes de cette corruption. Donc, vous devez chercher à comprendre votre rôle et à vous battre pour limiter cela, car ce n’est pas normal », a-t-il conclu.

A préciser que cette conférence a été initiée par le Cercle de Réflexion et d’Information sur la Consolidation de la Démocratie au Mali (CRI 2002), en collaboration avec Transparency International.

Taux de déclarations d’étatcivil assez faible en 2020

Dans sa présentation, le sous-préfet de Kita, Boubacar Traoré, a souligné que la ville a enregistré en 2020 quatre mille cinq cent six (4506) naissances ; cent quatre-vingt-six (186) mariages et cinquante cinq (55) décès contre plus de trente-quatre mille (34 000) naissances déclarées en 2012. Aussi, plus de mille (1000) actes de mariage et trois cent quarante quatre (344) actes de décès ont été déclarés en 2019. Selon le sous-préfet, c’est le taux de déclaration 2020 assez faible par rapport aux années précédentes qui l’a poussé à inviter la population à plus de mobilisation pour déclarer les faits d’état-civil.

Récapitulatifs des taux en 2012, 2019 et 2020

Période 2012

Naissance : masculin 12 242, féminin : 16 203, total : 34 904 ;

Mariage : monogamique 105, polygamique 1 454, total 1 559 ;

Décès : masculin 540, féminin 315, total 855 ;

Période 2019

Naissance : masculin 9 461, féminin 2 756, total 12 217 ;

Mariage : monogamique 56, polygamique 742, total 797 ;

Décès : masculin 228, féminin 126, total 344 ;

Période 2020

Naissance : masculin 2 062, féminin 2 132, total 4 506 ;

Mariage : monogamique 09, polygamique 187, total 196 ;

Décès : masculin 32, féminin 23, total 55

Amadou Kodio, Envoyé spécial à Kita

Source : Ziré

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