CNPM : Un comité transitoire pour gérer la crise ?

Au sein du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), la guerre des titans continue. Mamadou Sinsy Coulibaly, président sortant du Conseil CNPM et candidat à sa propre succession et Diadié dit Amadou Sankaré croisent le fer à travers une bataille judiciaire sans merci pour présider les destinées du CNPM. Comment mettre fin à la grave crise que traverse le Conseil National du Patronat du Mali(CNPM) ? Le 13 janvier dernier, dans un mémorandum, les décisions suivantes ont été prises par les groupements professionnels et les présidents des Conseils Patronaux de Régions : la mise en place d’un Comité de Crise en guise d’organe dirigeant pour une période transitoire; l’engagement des procédures administratives et juridiques nécessaires pour acter la mise en place d’une période transitoire au CNPM dont la durée sera fixée par l’Assemblée Générale; la mise en place d’un comité de relecture des textes du CNPM ; l’organisation d’une Assemblée Générale de validation des nouveaux textes et l’organisation d’une Assemblée Générale élective au terme de la transition.

Selon le mémorandum signé par les groupements professionnels membres du CNPM et les conseils patronaux de régions membres du CNPM, la crise actuelle du CNPM est née à la suite de l’organisation des élections de renouvellement de mandat du bureau du CNPM, vu que le mandat de l’ancien bureau arrivait à terme le 09 octobre 2020. Faute de consensus, deux listes de bureau se réclament la légitimité de diriger le patronat. Ce qui met le CNPM dans une situation de crise sans précédent. Malgré toutes les tentatives de conciliation, les parties n’ont pu trouver une solution commune de sortie de crise. De fait, elles ont plongé le CNPM dans un nœud gordien avec son corollaire de feuilleton judiciaire et quelquefois de scènes de violence. Toute chose qui, loin d’honorer l’image de la faitière du Secteur Privé, accentue les dissensions et les clivages. Nous  avons  donc  aujourd’hui  deux  bureaux  et  deux  Présidents du CNPM qui revendiquent tous la légalité et la légitimité en qualité d’organe dirigeant du CNPM. Chacun de ses bureaux ayant à la fois ses supporteurs et ses détracteurs au sein des membres du CNPM. Les  procédures  judiciaires  en  cours  prendront  des  années  avant  d’aboutir  à  des  décisions  définitives  exécutoires. Pour les groupements professionnels et les présidents des Conseils Patronaux de Régions, la situation actuelle du CNPM a eu plusieurs conséquences autant pour le Secteur Privé que pour le pays telles : la perte de crédibilité et d’influence, le déficit de défense des intérêts du secteur privé,  d’énormes pertes quant aux acquis syndicaux, l’absence de débats économiques, le déficit de stratégies économiques, la démobilisation des investissements, la marginalisation du secteur privé etc.

Comité transitoire

Que faire aujourd’hui pour sauver le CNPM ? Les présidents des groupements professionnels et les conseils patronaux des régions se sont penchés sur la question. Ils ont, dans leur mémorandum, pris les mesures suivantes : la mise en place d’un Comité de Crise en guise d’organe dirigeant pour une période  transitoire ; l’engagement des procédures administratives et juridiques nécessaires pour acter la mise en place d’une période transitoire au CNPM dont la durée sera fixée par l’Assemblée Générale ; la mise en place d’un comité de relecture des textes du CNPM ; l’organisation d’une Assemblée Générale de validation des nouveaux textes ; l’organisation d’une Assemblée Générale élective au terme de la transition. «  Il  s’agit  donc  pour  les  Présidents  des  Groupements  Professionnels  et  des  Conseils  Patronaux  de  Région  de  prendre leur responsabilité face à l’histoire, de sauver leur instrument de travail, de préserver l’avenir pour ne pas handicaper les nouvelles générations d’entrepreneurs du Mali», lit-on dans le mémorandum.  Le comité de crise sera composé de 7 membres représentants des groupements professionnels et conseils patronaux des régions membres du CNPM. Il est présidé par Soya Golfa, le président du groupement des commerçants du Mali(GCM).

M.K. Diakité

Source: Le Républicain