Bamako : manifestation des enseignants des écoles privées

Après la conférence de presse du 1ermai, le Syndicat libre des enseignants des écoles privées du Mali (SY.L.E.E.P.Ma) a organisé ce 27 mai 2020, un sit-in au Monument de l’indépendance. L’objectif était de dénoncer l’indifférence des autorités face à leur situation socio-économique, depuis la fermeture des établissements scolaires publics et privés, par le gouvernement dans le cadre du respect des mesures-barrières.

La manifestation qui a été écourtée suite l’intervention des limiers du premier arrondissement, au motif qu’elle n’était pas autorisée, a regroupé une cinquantaine de personnes. Sur les pancartes et les banderoles, on pouvait lire, entre autres messages : « Convention collectives, un droit pour tous les enseignants des écoles privées du Mali » ; « Sos, les enseignants des écoles privées sont oubliés par les autorités du Mali ».

Selon le secrétaire général adjoint du SY.L.E.E.P.Ma, Adama SIDIBE, les enseignants de ces établissements privés qui encadrent 80% des effectifs scolaires à Bamako courent derrière leurs salaires du mois de mars.

Pire, dans la perspective d’une reprise au mois de juin, il n’est envisagé les cours que pour les classes d’examens, précisément les classes de 9epour le DEF et de terminale au compte du baccalauréat. Ce qui veut dire que la grande majorité de ces enseignants n’auront pas droit à des cours.

Lors de cette manifestation transformée en meeting à la Bourse du travail, les enseignants des écoles privées ont dénoncé l’indifférence des autorités face à leur situation de précarité.

« Nous sommes réduits à la mendicité pour subvenir aux besoins élémentaires de nos familles respectives et à l’humiliation des propriétaires de maisons dans lesquelles nous sommes locataires », déplore un manifestant.

À travers ce sit-in, le personnel enseignant du privé voulait attirer l’attention du gouvernement et l’opinion sur ses conditions de vie en cette période de pandémie du coronavirus.

Pour rappel, les premiers cas de coronavirus ont été découverts au Mali, le mercredi 25 mars 2020. Depuis lors, le gouvernement a pris une série de mesures de restriction, notamment le couvre-feu, la fermeture des frontières, l’interdiction des manifestations culturelles, la fermeture des écoles…

Visiblement, ces mesures semblent de plus en plus contraignantes pour les citoyens et plus particulièrement pour les promoteurs et enseignants des établissements privés, dont les revenues sont liées au travail effectué.

De mars à nos jours, les promoteurs des 969 établissements privés du district de Bamako n’arrivent pas à payer leurs enseignants dont le nombre est estimé à 5171 agents.

Cela, au motif que les classes sont fermées par le gouvernement et que les parents d’élèves ne payent plus la scolarité de leurs enfants.

Pis, le gouvernement n’a entrepris aucune action allant dans le sens de l’accompagnement de ces promoteurs d’écoles et leurs enseignants.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali