Adresse de Bah N’DAW à la nation : premier couac !

C’est sur les comptes Twitter et Facebook de la présidence de la République que l’adresse à la nation du président de la transition, Bah N’DAW,avait été annoncée pour le journal de 20 heures de l’ORTM du 30 novembre 2020. Finalement, c’est le discours que l’on voit sur les réseaux sociaux avec une photo du président lui-même et qui n’est plus apparu à la télévision. Jusqu’au lendemain, le peuple est resté confus sans information sur ce qui s’est réellement passé.

Cette première déclaration sur la pandémie à coronavirus (COVID-19) était attendue par bon nombre de Maliens. A la grande surprise de tous, Bah N’DAW n’est plus apparu à la télé durant toute la nuit. Pire, le discours du président s’est retrouvé sur les réseaux sociaux, sans explication, ni commentaire. Cette situation a suscité plusieurs interrogations tout au long de la journée d’hier. D’aucuns parlaient de fuite, d’autres se demandaient si ce n’était pas un problème de santé. Quant à certains, c’est tout simplement du sabotage et du mépris pour lepeuple. Mais, jusqu’au moment où nous mettions sous presse vers 16 heures, rien n’était encore filtré du côté de Koulouba. Ce qui est sûr, la fuite du discours d’un président de la République est plutôt incompréhensible, inadmissible et inacceptable.

Néanmoins dans le discours publié sur les réseaux sociaux le 30 novembre 2020 aux environs de 19 heures sous le titre : ‘’COVID-19 : première adresse à la nation du président Bah N’DAW’’, l’on note de nouvelles mesures visant à stopper la propagation de la maladie. « Nous n’avons pas d’autre choix que de nous remobiliser pour la stricte observance des mesures-barrières qui constituent ici comme ailleurs un bouclier efficace et accessible contre la pandémie. Outre le port du masque facial dans les lieux publics, il s’agit du lavage systématique des mains au savon, du respect de la distanciation physique, de la limitation des regroupements, y compris pour les mariages, les baptêmes, les funérailles. Il nous faut aussi accepter de réduire le temps d’ouverture des marchés de 8h à 14h. Des équipes de sensibilisation et de persuasion seront mobilisées pour ce faire, avec le plein consentement des usagers.  De commun accord également avec les voix les plus autorisées sur la question à savoir le Premier ministre, les ministres concernés ainsi que le Conseil scientifique dédié à la lutte contre la COVID, j’ai approuvé les décisions suivantes. Premièrement, les établissements d’enseignement primaire, secondaire, et supérieur, publics ou privés, seront fermés pour un délai de 28 jours. Deuxièmement, les lieux de plaisir, de sport, les bars et restaurants seront fermés pour cette durée, c’est à dire 28 jours. Troisièmement, pour la même durée un couvre-feu sera institué de 21h à 5h du matin. Les dérogations seront délivrées à ceux qui sont éligibles. Les leçons du premier couvre-feu seront tirées. Personne ne sera lésé mais les consignes seront strictement appliquées par les forces de l’ordre. Quatrièmement, les autorités aéroportuaires et frontalières ont reçu l’ordre formel de renforcer le contrôle des documents de voyage dont le certificat de test COVID valide et dûment établi.  Plus que par le passé, ces prestations feront l’objet d’une rigoureuse évaluation et il n’y aura aucune hésitation à sanctionner les contrevenants. Les réseaux de faux certificatsCOVID seront démantelés et leurs auteurs recherchés, trouvés et présentés à la justice. Le calendrier de mise en œuvre de ces mesures sera décidé au tout prochain conseil de ministres »,peut-on lire dans ledit discours.

Quoi que l’on dise, il s’agit là d’un couac que les autorités de la transition doivent forcément éviter, si elles veulent restées crédibles aux yeux des Maliens.

Ismaël Traoré

Source : Ziré