Accusée d’exactions au centre du Mali : La grande muette rompt le silence !

La direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), a réuni la hiérarchie militaire le vendredi 26 juin 2020. Objectif : donner des éléments de réponse aux allégations d’exactions des Famas sur les populations civiles dans la région du centre. Après avoir apporté des précisions sur la situation, le colonel major Yacouba Sanogo, sous chef d’état-major chargé des opérations au ministère de la Défense et des anciens Combattants, le colonel major Diarran Koné, directeur de la DIRPA et le conseiller juridique auprès du chef d’état-major général des armées, le colonel Patrice Dembélé ont tous réaffirmé l’attachement des Famas aux principes du droit de l’homme et des valeurs humaines.

Mettant en cause trois détachements des forces armées du Mali (Famas), du théâtre centre de l’opération Maliko, cette sortie de la DIRPA avait pour but d’informer l’opinion nationale et internationale sur les dispositions prises par le commandement de l’armée afin de mettre toute la lumière sur cette situation.

Parmi les grandes dispositions prises par le commandement militaire, la DIRPA a noté la suspension immédiate des opérations en cours dans les zones concernées, avant le résultat des enquêtes ; en dépit des armes et minutions récupérées dans les localités citées, le conseiller juridique auprès du chef d’état-major a indiqué que les unités en cause avaient été également rappelées et leurs chefs convoqués pour être entendus, tout cela parallèlement à la demande d’élaboration de rapports circonstanciels. Des dispositions annoncées par le ministre de la Défense et des anciens combattants, dans son communiqué dulundi 8 juin 2020. Dans la même logique de mettre la lumière sur la situation, le commandant du théâtre centre a instruit, selon la DIRPA, au commandant de lésion de la gendarmerie de Ségou et de Mopti, le 9 juin 2020, l’ouverture d’enquêtes sur les faits intervenus dans leurs zones de compétence respective, a-t-il précisé. Le lendemain mercredi 10 juin 2020, l’état major général des armées a aussi dépêché, selon eux, une commission d’enquête de commandement sur le terrain. Selon cette communication de la DIRPA, ces missions d’enquêtes n’ont pas relevé d’exactions pour le moment, même si des manquements à des consignes militaires ont été notés dans le secteur 5. À ce niveau, des sanctions disciplinaires ont été prononcées, en guise de mesures conservatoires, selon la Dirpa.

Par ailleurs, les responsables ont rassuré que les enquêtes se poursuivent sur le terrain, à l’issuedesquelles, le commandement et le ministère de la Défense prendront des dispositions afin de saisir le ou les procureurs militaires compétents.

Avant de terminer, le colonel conseiller juridique a rappelé que le respect des droits de l’homme et la protection de la personne sont des principes fondamentaux qui sont au cœur de la mission des Famas. Une préoccupation soutenue d’ailleurs par les plus hautes autorités militaires à travers la réalisation et la distribution des didactiques individuelles au sein de toutes les unités, des prévaux intégrés dans les unités, des conseillers juridiques placés auprès du chef d’état-major général des armées, des commandants des opérations ainsi que des commandants des théâtres.

Pour finir, il a indiqué que l’opération Maliko vise à changer la perception des populations locales, à resserrer le lien Armée-nation. De ce fait, il rassure que les Famas sont déterminées, à travers tout contrevenant,à la quiétude des populations, cela dans le respect des droits de l’homme.

Tout en invitant la population à accorder    de la confiance à leur Armée, le sous chef d’état-major chargé des opérations, le colonel major Yacouba Sanogo a expliqué chronologiquement les circonstances exactes des faits, tous survenus en zones d’insécurité élevée avec de fortes présences d’activités de combattants de groupes terroristes. Des opérations qui se déroulent généralement sous des échanges de tirs dont des saisies importantes en armes et munitions sont faites, des arrestations de suspects dont certains sont également relâchés après, tous couronnés par des comptes-rendus des différents chefs de mission. À noter que ces incidents concernent entre autres, la localité de Niagassadjou, cercle de Douentza et celle de Binedama, cercle de Koro.Tous dans la région de Mopti et Massabougou dans la région de Ségou, respectivement le mercredi 3 juin, le vendredi 5 juin 2020 et le samedi 6 juin.

Issa Djiguiba

Source: Le Pays 

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