Accident de citerne à Niomiyirambougou : les sinistrés toujours dans l’attente d’abris

 

C’est en état de choc que les habitants de Niomiyirambougou, en Commune III du District de Bamako, se sont réveillés le 12 novembre 2020. Cela, à cause d’un accident qui s’est produit tard dans la nuit du mercredi 11 Novembre 2020, faisant quelques blessés et d’énormes dégâts matériels. C’est un camion citerne en provenance de Kati qui a fini sa course dans un fossé en se renversant sur des habitations avant d’exploser.

Le seul constat visible, c’est que le camion citerne a cassé les dalles d’une fosse qui l’a complètement déséquilibré et a provoqué son renversement sur les habitations avant de prendre feu et exploser par la suite. Fort heureusement, il n’y a eu aucune perte en vie humaine. Mais des blessés ont été enregistrés et d’énormes dégâts matériels ont été également causés. Au total deux familles ont été touchées, dont une entièrement calcinée. Une semaine après les faits, une équipe de notre rédaction est passée sur place pour s’enquérir des nouvelles des sinistrés. La grande surprise, c’est que ces victimes sont toujours dans l’attente d’une réparation.

Cela, malgré le passage des autorités nationales, locales et coutumières après l’accident. Déjà le mercredi soir, soit quelques heures après l’incident, le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, s’est rendu sur les lieux sur instruction du ministre des Transports et des Infrastructures. Le jeudi matin, la maire de la Commune III, Mme Djiré Mariam Diallo, et le chef de village de Badialan I, Modibo Djiré, étaient tous présents, eux aussi, sur les lieux. Chacun des visiteurs a livré des messages de consolation et s’est montré disponible à accompagner les sinistrés. Mais, une semaine après, les victimes ne savent toujours pas à quel saint se vouer.

Les victimes entre tristesse et colère !

Ce lundi 16 novembre 2020, au petit réveil du matin, nous avons croisé les sinistrés toujours devant leurs habitations calcinées. A côté, des femmes toujours avec leurs nattes sur lesquelles, elles ont passé la nuit en plein air. Le thé sur le feu pour les hommes et d’autres partant chercher enfants et femmes ayant passé la nuit dans une école à proximité. Ensemble, les sinistrés passent toute la journée  au milieu de leurs affaires, avec l’espoir de bénéficier de l’appui des autorités et des personnes de bonne volonté.

Lassina Coulibaly est un membre de la famille dont l’habitation a été entièrement calcinée. Pour lui, non seulement les sinistrés attendent d’être dotés d’abris, mais aussi ils réclament justice. « Nous remercions les autorités qui ont effectué le déplacement pour venir nous voir, c’est réconfortant. Nous remercions les personnes de bonne volonté à travers certaines associations qui nous ont prêté main forte dans cette circonstance douloureuse », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Cela fait six jours que l’accident s’est produit et nous n’avons toujours pas vu le propriétaire du camion citerne. Ne serait-ce que venir voir les dégâts, cela n’a pas été fait. Nous attendons un huissier de justice aujourd’hui (lundi dernier) pour évaluer les dégâts. Vraiment, nous attendons que justice soit faite. »Toutefois, Lassina Coulibaly a témoigné que la mairie de la Commune III a donné la somme symbolique de 50 000 francs CFA à chacun des sinistrés.

Tout comme lui, Noumane Traoré, un autre sinistré, estime que la priorité demeure les abris pour l’instant. Aussi, il précise : « Si on me demande aujourd’hui, je dirais que ma préoccupation est d’avoir un logement, c’est-à-dire où passer la nuit un peu tranquille. Regardez là où nous dormons, c’est non seulement au bord du même goudron où nous avons subi l’accident, mais aussi en plein air. Ce qui veut dire que même maintenant tout peut nous arriver. Le traumatisme est là, chaque fois qu’on voit un gros porteur passé.  La question nous inquiète, parce qu’il y a déjà eu beaucoup d’accidents sur cette route. »

Parlant de perte, Noumane Traoré témoigne : «J’ai subi une grosse perte. C’est vrai, ma femme était en déplacement mais moi personnellement j’étais là avec tous nos effets. Mes pièces d’identités, mon armoire, mon lit, le poste téléviseur et bien d’autres biens. J’ai tout perdu. Quand j’évalue tout cela de manière honnête, je pense que je serai autour de 504 000 francs CFA. C’est vraiment difficile pour moi, car j’ai tout perdu. »

En général, dans ce genre circonstance, ce sont les femmes et les enfants qui sont les plus vulnérables. Il leur manque des couvertures et c’est le cas actuellement à Niomiyirambougou. Fatoumata Sangaré nous dresse le calvaire des enfants sur place :

« Imaginez comment le vent souffle en ce moment et dire que des enfants de moins de cinq ans dorment ici en plein air, c’est vraiment dur. Pire, nous sommes sur un le pont d’un grand collecteur d’eau. En bas l’eau passe et il fait extrêmement froid la nuit et j’ai très peur que cela provoque des maladies chez nos enfants et même chez les femmes et les hommes qui ont la santé fragile.

Les autorités entre promesse et action !

Lors de son passage, la maire de la Commune III, Mme Djiré Mariam Diallo, s’est indignée devant les victimes qui sont tout d’un coup devenues des sans abris et a promis de faire tout son possible pour les soutenir dans ce moment douloureux. Parlant de l’accident, la maire de la commune estime que l’Etat est le seul responsable, cela compte tenu de l’état de la route de Kati. « C’est très triste et les  populations ne mérite pas cela. Depuis que les gros porteurs ont été orientés sur cette voie qui ne répond pas aux normes, il y a tout le temps des accidents ici et là. Les plus hautes autorités du pays sont plus que jamais interpellées, à commencer par nous-mêmes qui sommes à la mairie.  Je ferai tout mon possible pour venir en aide aux victimes qui ont tout perdu »,a promis Mme Djiré Mariam Diallo.

La mise en garde du chef de village

Face cette situation désastreuse, le chef de quartier de Badialan I, Modibo Djiré, a été catégorique : « Nous avons tout le temps dénoncé l’état de cette route, mais si l’Etat sait qu’il n’est pas prêt pour sa construction, il faut qu’il épargne la population de ce martyre. Nous voulons dire par là qu’il cherche une autre voie pour les gros porteurs. A chaque fois, ce sont les mêmes scénarios. Parfois, les gens n’arrivent même pas à dormir, par peur de subir de tels accidents »,souligne-t-il.

En attendant des réponses positives à leurs sollicitations, les sinistrés du 11 novembre 2020 continuent de prendre leur mal en patience.

Amadou Kodio

Source : Ziré

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