‘’Sans Détour’’ / Gestion de la transition : mon colonel, balle à terre !

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Il y a deux mois, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, Col. Abdoulaye Maïga, annonçait  sur le plateau de l’émission ‘’Mali Kura Taasira 2’’ de l’ORTM1 : « Je voudrais le rappeler, c’est mon intime conviction, je n’accepterai pas qu’il y ait des opposants à une transition ». Aujourd’hui, cette conviction semble être celle du président de la transition, Col. Assimi Goïta, et son gouvernement. 

 De janvier 2024, au moment où Col. Maïga tenait ses propos, à maintenant, l’on a assisté à beaucoup de décisions musculeuses, dont la dissolution des associations par le même Col. Maïga. La récente décision qui a fait couler beaucoup d’encre est bien la suspension des activités politiques.

Sauf que cela intervient au moment où le dialogue inter-malien est en cours. Donc, cette décision risque d’impacter négativement ce processus. En vérité, ce fut une décision prise à la hâte. Certes, les partis et groupements politiques, dans leurs récentes sorties pour rappeler aux autorités la fin de la période de la transition depuis le 26 Mars 2024, ne laissaient plus le choix au gouvernement qui se voyait déjà dans l’obligation d’agir.

Malheureusement, la réaction a créé d’autres dissensions. Déjà la plupart des partis et regroupement politiques concernés par cette décision ont décidé de boycotter le dialogue inter-malien. Ce qui présage des discutions à sens unique qui ne garantissent pas forcément l’atteinte des objectifs fixés.

Le gouvernement pouvait certainement profiter de cet espace pour engager un vrai débat sur la période de la transition avec l’ensemble des forces vives y compris les partis et regroupements politiques qui se sont sentis viser par la suspension d’activités politiques. Les résolutions qui se seraient sorties de ces différentes assises, engageraient tous et seraient également imposables à tous les Maliens. Autrement, si le peuple opte dans les résolutions du dialogue pour une trêve ou suspension des activités politiques et syndicales, tous les acteurs concernés se verraient dans l’obligation de se soumettre à cette volonté publique.

Oui, les choses sont allées vite et la situation actuelle ne garantit pas une stabilité politique dont le pays a actuellement besoin pour faire face aux défis de l’heure. Mais, le président de la Transition, Col. Assimi Goïta, peut toujours calmer les esprits, si seulement il accepte de jouer balle à terre. Il s’agit d’initier une concertation avec l’ensemble de la classe politique, ainsi que la société civile pour leur exposer davantage et de vive voix les enjeux de transition tout en sollicitant publiquement leurs observations et leur sincère accompagnement. Au cours de cette rencontre, le chef de l’État doit aussi instruire son ministre d’État à prendre la relève en instaurant une consultation régulière de la classe politique.

Aujourd’hui, il est inutile de rappeler que le gouvernement, ainsi que le chef de l’État lui-même n’ont d’autre choix que d’instaurer un cadre de concertation permanent et sincère avec l’ensemble de la classe politique. C’est la seule façon pour maintenir la stabilité politique, à moins qu’ils ne veuillent instaurer une dictature de fait.

Ousmane BALLO

Source: Ziré

 

Last Updated on 19/04/2024 by Ousmane BALLO