‘’Sans Détour’’ / Programme de délestages de l’EDM : le plan diabolique du DG 

Pour tenter de légitimer les coupures sauvages d’électricité, surtout pendant ce mois de ramadan durant lequel le besoin en électricité est encore très pressant, le directeur général de la Société Énergie du Mali-Sa (EDM-SA), Abdoulaye Djibril Diallo, et ses techniciens ont publié un programme de délestages, à l’issue d’une conférence de presse, tenue le 07 mars 2024.

A Bamako, ce programme, dont le contenu apparemment ne peut être déchiffré et compris que par le directeur général lui-même et ses agents, est actuellement perçu comme de la poudre aux yeux des clients. Dans plusieurs quartiers de Bamako, ce programme est loin d’être respecté et les coupures sauvages demeurent une réalité. D’ailleurs, Abdoulaye Djibril Diallo n’avait pas besoin de faire une telle comédie en cette période pendant laquelle les populations manquent énormément d’électricité dans les domiciles comme dans les services.

A quoi bon élaborer un programme que la société n’est pas en mesure de respecter ? Cela dénote tout simplement d’une incompétence notoire et d’une légèreté avérée de la part du directeur général et surtout d’un manque de considération envers les clients. Certes, la situation actuelle de l’EDM-Sa dépasse largement sa seule compétence, mais après plus de vingt ans de services (il a intégré l’EDM-Sa en 2002 comme coordinateur Qualité), Abdoulaye Djibril Diallo avait plutôt  mieux à proposer ou à dire aux clients que ce plan diabolique qui n’a encore pu apporter aucun changement. Donc, l’on attendait mieux de lui en matière de planification et de respect de distribution du peu d’électricité que la société arrive actuellement à produire.

Autrement dit, son expertise et son expérience au sein de l’EDM devraient logiquement lui permettre de faire une distribution équitable de la quantité d’électricité produite par jour, en entendant qu’il y ait des solutions pérennes à la situation. D’ailleurs, une grande partie de cette solution doit venir de lui, puisqu’il connaît mieux que quiconque les maux qui minent actuellement la société.

Coordinateur Qualité ; directeur commercial ; directeur central commercial & clientèle ; directeur de la Planification études générales et projets ; directeur Études et Planification stratégique ; et enfin conseiller de l’ancien directeur général. Qui donc pour mieux comprendre la situation de l’EDM et faire une proposition réelle et réaliste que lui. Mais au regard des réalités du moment, il doit encore faire assez d’efforts. L’essentiel, ce n’est nullement de connaitre les rouages de la société, mais plutôt de mieux l’administrer et de mieux répondre aux besoins des clients.

Faut-il toujours rappeler que cette crise de l’EDM-Sa est très profonde. Pour y remédier définitivement, il faut aussi une réforme profonde, un grand investissement et élaborer un nouveau manuel de procédure de gestion capable de répondre aux exigences des consommateurs et de faire face au défi politique et économique. Dans ce document, la rigueur, l’excellence, l’intégrité et l’honnêteté doivent caractériser tout le personnel de la société.

Aussi, à défaut de privatiser l’EDM, l’Etat doit-t-il accepter de transférer une partie de ses actions à d’autres sociétés privées en améliorant le cahier de charge lui permettant toujours de vieillir de manière stricte sur la qualité de service fourni aux clients. Ou alors, faudrait-il libéraliser le secteur énergique en permettant à d’autres sociétés privées d’y investir ?

Ousmane BALLO

Source : Ziré