Bradage des immeubles de l’Etat: Des milliardaires en taule position

Certains bénéficiaires du bradage des immeubles de l’Etat ont déjà pris la tangente voyant que la justice est à leurs trousses. Il ne reste plus aux juges que de commencer à arrêter ceux qui n’ont pas pu prendre la fuite. On se rappelle que le Pôle économique et financier de la commune III du district de Bamako, avait ouvert en avril 2021, une enquête afin de faire toute la lumière sur la régularité formelle et les conditions de fonds de ces opérations. Le procureur qui a pris cette décision est aujourd’hui ministre de la Justice.

Et l’on sait qu’il n’est pas du genre à oublier facilement un dossier important. Ensuite, pour faire la lumière sur ces violations, le gouvernement de transition a commis l’Inspection des Domaines et des Affaires foncières à entreprendre des investigations. Ces investigations ont abouti à des constatations, notamment le non reversement à l’État d’importantes sommes issues de la vente desdits bâtiments. Plus tard, le Conseil des ministres du 6 Avril 2022 a instruit au ministre de l’Urbanisme, de
l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population d’engager des poursuites à l’encontre des personnes impliquées.

On sait aussi que le président Assimi, lors de la présentation de vœux aux forces vives de la nation a instruit au ministre Kassogué de la Justice de relancer le dossier.

L’État du Mali a mandaté en 2013, l’Agence de Cessions Immobilières (ACI-SA) a cédé certains bâtiments administratifs afin de réaliser avec le produit de la vente de nouveaux immeubles pour reloger des services. Ledit mandat a porté sur 22 bâtiments administratifs, sur lesquels 17 ont fait l’objet de cession opaque. Plusieurs experts confirment que les prix de vente ont été réduits au quart (1/5) du prix réel des bâtiments contre le reversement de plusieurs millions aux membres de la commission.

De nombreux fonctionnaires qui ont fait partie des commissions de cession sont devenus des milliardaires. On cite le Directeur général de l’ACI de l’époque, Cheick Sidi Yaya Sissoko dit Kalifa qui fut par la suite ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat du gouvernement IBK.

Une promotion pour couvrir les arrières

 

Doigts accusateurs sont pointés aussi sur Kalilou Sissoko, Directeur Commercial de l’ACI ; Mama Djénépo, Secrétaire général du ministère des Domaines de l’État et des Affaires foncières au moment des faits ; Sadibou Diabaté, ancien DG du Patrimoine bâti de l’État ; madame Sy Awa Diallo, qui était Directrice nationale des Domaines et du Cadastre.

Nous reviendrons plus en détails sur ce dossier qui risque de connaitre un rebondissement.

A.D

Source : La Sirène