Sécurité-reforme-lutte contre la corruption-justice-énergie : Assimi à cœur ouvert !

Le Président de la Transition du Mali, le Colonel Assimi GOÏTA a rencontré le 15 janvier 2024 au Palais de Koulouba les forces vives du Mali pour la cérémonie annuelle de présentation de vœux de nouvel an. Dans une adresse de réponse aux différentes prises de parole de ses interlocuteurs, le Colonel GOÏTA a été, on ne peut plus, clair sur sa ligne de conduite : tout pour le Mali, rien que pour le Mali ; tous les ennemis (intérieurs et extérieurs) agissant contre le bonheur des Maliens devront être combattus tant qu’ils n’auront pas choisi de se ranger du côté du Mali. Mais, il nous faut mieux nous organiser pour mieux cerner les enjeux afin de bâtir la force à la hauteur de nos ambitions. L’approche choisie est pédagogique, empreinte de grande conviction et fait ressortir beaucoup de fermeté, confirmant la ligne tracée l’an dernier lors de la même cérémonie. Plus d’une heure d’adresse en langue officielle Bamabara dont l’écoute (la lecture ici) en vaut la peine.

 La sécurité au centre des préoccupations :

« Clairement dit, la sécurité et la défense de la patrie reposent sur l’armée. Aucune souveraineté y compris la souveraineté économique, politique ne peut être réelle sans une armée forte. Il est bon que chacun comprenne que l’Armée est au début et à la fin de toutes les aspirations d’un pays. Sans une armée forte et bien organisée, le pays est livré à toutes les prédations car n’ayant pas les moyens de protéger et assurer les biens et les personnes. Tout ce qui se fait aujourd’hui dans ce domaine provient de la volonté des maliens qui l’ont exprimé lors des assises nationales avec comme souhait premier d’assurer l’intégrité territoriale nationale. C’est ce qui explique la reconquête des localités de Kidal, Aguelhok, Tessalit et Ber. Si ces localités n’avaient pas été reprises avant la fin de la transition, aucun Malien n’aurait compris cela y compris les militaires eux-mêmes, le CNT, le Gouvernement et moi-même.

Les Maliens ont été résilients en permettant que les ressources du pays soient orientées vers l’équipement de l’armée afin que la sécurité puisse être assurée pour tous. Cet équipement n’a pas été acquis pour décorer des maisons ou être exposé dans des musées ; ça l’a été pour faire la guerre et assurer la sécurité pour les Maliens et l’intégrité du territoire national. Il faut reconnaitre et saluer la résilience des Maliens à cet effet.

Tout cela a été possible en raison du soutien indéfectible du peuple malien à son armée qui a vraiment besoin de ce soutien pour réaliser des victoires sur le terrain. Il y a eu trop de trahison dont l’objectif était d’amener les Maliens à se rebeller contre les autorités et mettre un arrêt aux actions en cours. Vous avez vu les attaques du bateau avec la perte de nombreuses vies humaines ; heureusement, dieu merci les gens ont compris, sont restés résilients et ont permis à l’armée de faire son travail comme il le faut. Ceci, je tiens à le relever et saluer les concitoyens pour cet accompagnement et leur résilience.

Pour la sécurité du pays, nous avons emprunté une voie de non-retour. Le pays avait plusieurs têtes (propriétaires). Les aspirations et visions des Maliens ne cadraient pas avec celles des autres qui sont venus s’installer chez nous rendant toute convergence impossible. Un pays ne peut pas appartenir à plus d’un peuple. Soit le pays est géré selon la volonté des Maliens ou qu’il est donné à d’autres de le faire, ce que nous ne pouvons accepter. Nous avons pris en tout cas le chemin de la gestion autonome par nous-mêmes sans état d’âmes, axés sur l’intérêt des Maliens. Il y a eu des interrogations de part et d’autre pour savoir si nous réussirons ou pas ; pour ce genre d’action, les hésitations ou la peur ne sont pas permises. Il faut juste foncer sans se retourner.

Trop de trahison et volonté de diversion. J’ai été installé Président le 7 juin 2021 et le 9 juin 2021, l’ambassadeur français de l’époque m’amène un document dans lequel l’OTAN exprimait son désir de venir s’installer au Mali en plus de Barkhane, Takuba, la Minusma et le G5. Il voulait que je le signe. J’ai dit non. Ce qui laissait apparaitre très clairement la volonté de faire de notre pays un grand espace de pâturages afin de le partitionner. Il y a eu plusieurs va et vient pour que nous cédions, rien à faire. Ce qui m’a amené à demander à mon Cabinet de rechercher les éléments sur lesquels les Français fondent leur action. Nous avons voulu chercher à cerner le contenu du document d’accord de défense entre nos deux pays. Il nous a fallu télécharger ce document sur leur site Web à eux car aucun service au Mali n’avait une copie de ce document. Nous avons découvert qu’il y a un protocole additionnel ouvert qui leur permettait toutes sortes de choses chez nous. Nous avons dû prendre des dispositions de relecture au niveau de tous nos services (Présidence, Gouvernement, Justice, Finances, Affaire étrangères, etc.) pour identifier tout ce qui était contraire à nos lois et intérêts. On s’est rendu compte du grand gâchis fait à notre peuple. Exemples, dans ce document, si un Français tue un Malien, il ne répondait pas de cela, c’est l’affaire du Mali ou si du matériel était importé, aucun Malien n’avait le droit de chercher à savoir ce que c’était. Ils faisaient rentrer et sortir ce qu’ils veulent sous le regard impuissant de tout le monde. Il y est aussi indiqué que c’est eux qui avaient le contrôle de notre espace aérien. Personne ne pouvait faire décoller un avion sans leur autorisation. Nous avons donc fait le travail d’identification des défaillances et avons proposé d’en discuter avec le Président français lors du sommet du G5 Sahel déjà programmé. Nous lui avons effectivement parlé de ça et entretemps, la France annonce que Barkhane va libérer ses emprises et s’installer dans la zone dite des trois frontières. Nous leur avons rétorqué qu’il y a un accord de défense avec des clauses précises pour nous permettre d’occuper les emprises libérées. Mais nous avons compris que les ambitions et intérêts ne convergeaient pas entre nous. Et comme le Président Français l’a toujours soutenu, la France va là où se trouve ses intérêts. Nous avons pour cela donc demandé la révision de l’accord de défense. Ils étaient d’accord et nous avons mis qu’aucune puissance étrangère ne viendrait sous le couvert français. Chaque pays viendra discuter avec nous et si on se met d’accord il vient en son nom seul. En fait tous ces regroupements dépendaient de la France (Barkhane, G5 Sahel, Minusma) et lorsqu’ils ont manifesté leur volonté de se retirer, nous ne nous sommes pas opposés, au contraire nous leur avons dit d’y aller sans délai. Ils ont mobilisé le monde contre nous à cause de cela. La Minusma a été la première à se présenter pour nous dire que si nous demandons à la France de quitter, elle aussi quittera. Ah oui ? Vous êtes là ici donc au nom de la France ? Si c’est le cas, la porte est largement ouverte pour votre départ. J’ai fait la mission des Nations Unies et la règle est qu’elle est là pour préserver les populations mais si vous vous êtes là pour la France, personne ne vous retient ici. Nous avons notre équipement pour assurer votre sécurité si vous le souhaitez mais si vous estimez que seule la France peut vous assurer cette sécurité, alors nous ne pouvons pas vous maintenir ici. Ils ont compris notre fermeté et se sont calmés. Ainsi donc Barkhane et Takuba sont partis. Avec le G5 il y a eu de la manipulation car c’était le tour du Mali d’assurer la présidence. J’ai appelé mon frère Tchadien pour le lui signifier. Il m’a rétorqué qu’il va appeler les présidents de la CEDEAO. Je lui ai fait comprendre que ni le Tchad ni la Mauritanie ne font partie de la CEDEAO et il n’est écrit nulle part dans les documents du G5 qu’un pays sous sanction CEDEAO ne doit pas présider le G5. Nous lui avons adressé une lettre avec délai de réaction au-delà duquel le Mali se retirait. N’ayant pas reçu de réponse à la date indiquée, nous nous sommes retirés car cela s’apparentait à du mépris que nous ne pouvions accepter. Le Mali a payé cash comme d’autres pays un milliard pour que les militaires Tchadiens soient déployés à la frontière Mali-Burkina-Niger. Et chaque année nous payons 400 milliards sans aucun retard alors que certains pays sont en retard de paiement et vous voulez refuser de nous passer la main pour la présidence. Le fait qu’ils ont refusé de nous confier la présidence nous arrangeait car nous serions obligés d’avoir chez nous la présence française avec la présidence du G5. Ils ont voulu que nous revenions sur notre décision, on leur a fait comprendre qu’il n’en était pas question.

Pour la Minusma, tout le monde sait que ce n’était pas le choix ni la volonté des Maliens car elle ne faisait pas son travail comme il le faut. Nous avons constaté qu’après le départ de la France plusieurs cadres de la Minusma ont été remplacés par des français comme pour toujours préserver leur emprise sur notre pays. Et chaque fois qu’on parlait d’enquête sur nos actions sur le terrain de guerre ce sont les gendarmes français qui étaient dépêchés sur les théâtres d’opérations. Lorsqu’on a volontairement le pied sur l’objet que l’on cherche, il n’y a aucune chance qu’il soit retrouvé. La Minusma survolait nos camps et lorsque nous leur avons demandé le pourquoi, ils ont retorqué que c’était sur demande française. Nous leur avons donc dit que si un avion survolait encore un de nos camps, nous allions l’abattre et ils se sont calmés.

Il n’y avait aucune solution au départ de la Minusma car elle n’accomplissait aucun de ses mandats et ne prenait pas du tout en compte nos préoccupations. Nous devrions avoir des actions complémentaires dans le sens où si nous parvenons à reconquérir un territoire que la Minusma puisse gérer les hôpitaux et autres actions humanitaires. Mais cela n’était pas leur vision car nous n’avions pas les mêmes ennemis. Finalement, nous leur avons demandé de quitter. Entretemps, leur stratégie a consisté à vouloir nous mettre en mal avec notre voisin l’Algérie en demandant que leur approvisionnement se fasse par ce pays au lieu que cela vienne de Sévaré. Nous avons opposé notre désaccord à cette requête et ils croyaient créer un mécontentement entre les deux pays avec notre position. Comment des gens qui sont sensés être là pour préserver les populations puissent laisser ces dernières aux mains de terroristes et aller s’approvisionner vers des contrées plus calmes ? Il n’en était pas question pour nous. Leur nouvelle réorganisation consistait à regrouper leur troupe au centre du pays. Nous avons dit qu’il n’en était pas question ou regrouper les troupes au Nord du pays. Nous avons vu leur objectif de partition du pays que nous ne pouvions laisser faire. La prochaine étape était de constituer des groupes politiques qui vont s’installer à Bamako. Ce qui de toute évidence était leur livrer les clés du pays. Aucune de ses propositions n’était pour l’intérêt des Maliens. Le mieux pour tous était qu’ils plient bagages et nous assumons notre destin.

Ce que je voudrais relever à ce niveau est qu’entre Etats il n’y a pas de pitié ni d’arrangement, chacun se bat pour ses intérêts. La France ou la Minusma ne dépenserait pas un milliard par jour pour les beaux yeux des Maliens. Ils le font pour leurs intérêts. J’étais pendant un an et quatre mois à la Mission des Nations Unies au Soudan et c’est lorsque j’ai quitté que le Soudan a été partitionné en deux. C’est ce qui m’est venu à l’esprit lorsqu’on a annoncé la Mission du Mali car une fois qu’il y a une mission dans un pays, il est difficile de s’en défaire. Mais dieu merci, grâce à la mobilisation des Maliens, le départ a été plus facile. Il faut rappeler que ces missions ne viennent jamais du néant, il y’a toujours quelque chose derrière cela, soit un pays ou un groupe d’intérêt qui tient à ce que sa volonté soit faite. Si la volonté est de partitionner le pays et que les gens de ce pays les laissent faire, le constat sera fait. Dieu merci, nous nous en sommes sortis sans partition.

Ce que je voudrais demander à chacun est de veiller sur ce pays. L’idée qui sous-tendait le départ de la Minusma était que nous ne serions pas capables d’assurer. Et vous savez que notre option est de nous assumer sans retour. Vous avez vu plusieurs attaques dont celles du bateau, Bourem et d’autres localités suivies de la diffusion de vidéos de ces attaques pour créer le doute dans l’esprit de certains Maliens. Nous avons au contraire bien planifier notre action pour progressivement reconquérir les localités sous contrôles. A Tessalit, c’était une trahison bien planifiée car nous avons des communications où on les entend dire « non, ne tirez pas sur ceux-ci, ce sont des troupes amies ». Ils nous attendaient au sol, nous les avons surpris en transportant nos troupes par avion sous les feux ennemis. A Aguelhok, notre drone les a filmés en train de remettre leur matériel aux terroristes et ils ont détruit le camp avant de quitter.  Pour Kidal, vous avez tous suivi. Lorsqu’on se retire pourquoi ne pas attendre pour remettre le camp comme il se doit. Ils ont déguerpi en livrant notre matériel aux ennemis qui les ont pris. Kidal était notre objectif principal et la bataille a eu lieu. Après la reprise, nous avons vu des choses incroyables. Ils y ont laissé quinze blindés tous en bon état de fonctionnement. Les ennemis avaient déjà occupé le camp mais heureusement, nous ne leur avons pas donné assez de temps pour réagir. Nous les avons bombardés nuit et jour les contraignant à l’abandon. Tout était mis en place pour que le Mali soit incapable de s’assumer. C’est comme s’ils ont armés les terroristes et se mettaient en observateurs pour voir l’issue de l’affrontement entre les deux camps. Heureusement que la mobilisation et l’engagement de tous les Maliens a permis d’avoir une issue heureuse pour nous. Ceci constitue juste une étape et le travail doit continuer.

L’objectif est que nous assumons notre souveraineté. Nous ne serons plus jamais trimballés ça et là. Si négociation il doit y avoir cela se fera chez nous, pas ailleurs. Seuls les Maliens seront concernés par ces échanges car tous ceux qui s’impliquent le font pour leurs intérêts, soit nous maintenir dans une dépendance ou assurer leur intérêt. Nous ferons les choses désormais selon nos seuls intérêts. La reprise de Kidal n’est pas une fin en soi. Il faut continuer jusqu’à Tinzawaten. Il y a Boureïssa, Anderboukane, Fanfi jusqu’à la frontière. On ne se sécurise pas de l’intérieur mais aussi de l’extérieur.

Ce que je voudrais préciser, c’est que ce n’est pas une guerre pour les Touaregs, les Arabes, les Sonrhaïs, les Peulhs, les Bambaras, les Senoufos ou les Miangas. Non ! C’est une guerre d’intérêt. Si cela n’est pas compris, on passe à côté de la réalité. Aucun de ces groupes ne les intéresse, leur objectif ce sont les ressources minières du Nord de notre pays. Cela fait dix ans que l’or est exploité au Nord, à Gao, à Kidal. Pas une école, un dispensaire n’y a été construit ou un acte de développement d’une quelconque localité de la zone. Si c’était pour l’intérêt de ces localités en dix ans ils auraient pu poser des actes, mais rien du tout n’a été fait. Quand l’armée est arrivée sur le terrain, des machines extraordinaires y ont été découvertes. Ces machines viennent d’où ? Comment elles y sont parvenues pour exploiter l’or ? Ce qui est sûr si nous voulons préserver nos intérêts, il nous faut nous battre au prix du sang dans la persévérance. L’autre option que personne ne souhaite est de leur abandonner tout. Rien de tout cela n’est possible encore une fois sans une bonne armée qui peut garantir la sécurité autour de toutes les actions de développement national. C’est pourquoi il est mieux qu’entre Maliens on se retrouve pour décider de ce que nous voulons pour notre pays. En dix ans si l’or exploité était contrôlé par des Maliens, même si c’est une case, on l’aurait construite. Où va cet or ? Est-ce que ce pays souhaiterait qu’il n’y ait jamais la paix chez nous ?

 Nous allons mener la lutte contre le terrorisme jusqu’au bout !

Dans le cadre du dialogue inter maliens tout est négociable à l’exception de la laïcité de l’Etat, l’unicité du pays et l’intégrité territoriale. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, nous allons mener cette lutte jusqu’au bout pour deux raisons fondamentales.

Le terrorisme est un instrument du levier géopolitique. Certains pays en ont fait une arme pour contraindre les pays cibles soit à changer de régime. Ceci se traduit par des actes de terreurs dans les localités que l’on met en feu et en sang en empêchant les populations à ne pas faire d’agriculture, de commerce avec pour objectif final qu’elles se rebellent contre les autorités. Ça ce n’est que de la politique, donc c’est bon de comprendre que la finalité de ce terrorisme est politique. Mais il se cache derrière le paravent religieux pour endoctriner des individus afin qu’ils agissent sous le couvert d’une idéologie ; chacun selon ses intérêts sous couvert de cette idéologie. Souvent, rien à voir avec la religion. Certaines puissances en ont fait une arme pour contraindre les autres nations sur lesquelles ces pays ont des visées. Donc c’est un combat qu’il faut mener jusqu’au bout sinon même en cas d’élection si le nouveau pouvoir n’est pas sous leur ordre, elles se serviront de ce même terrorisme.  Si le pays n’a pas une bonne armée, cela devient un problème.

Deuxièmement, le terrorisme est créé pour s’approprier les ressources du pays. Tout le monde sait ce qu’il y a dans le sous-sol de la frontière Mali-Burkina-Niger. Pourquoi, y a -t-il de l’insécurité dans la zone ? Les camions qui y entrent et sortent sans que personne ne contrôle sait-on ce qu’ils contiennent ? Tant qu’il y a de l’insécurité le pays ne peut rien exploiter et les terroristes sont manipulés pour maintenir la tension terroriste au maximum. Elles exploitent pendant ce temps et/ ou en accord avec les terroristes, ils se mettent à exploiter les minerais. Donc vous avez l’enjeu politique et l’enjeu économique. Tant que ce combat n’est pas gagné, tout ce que l’on veut comme retour à l’ordre constitutionnel ne fera que nous enfoncer. Car les terroristes sont activés pour agir contre les pouvoirs à cause des intérêts des commanditaires qui sont à la fois des pays et des groupes d’intérêts. Ce n’est pas une question de religion sinon combien de mosquées, d’imams y a-t-il à Gao ? Donc vous comprenez que ce n’est pas une histoire de religion. Tout pouvoir qui sera là sauf à agir comme un valet, on ne l’épargnera pas si cette lutte n’est pas gagnée. Tant qu’un pouvoir dira à leurs exigences non une fois et deux, le terrorisme sera suscité pour le contraindre à céder ou le faire partir.

Prenez le cas du Mali et du Burkina. Si au Mali on peut dire qu’il y avait une lutte politique qui a abouti au départ du pouvoir en place, mais au Burkina, c’est le terrorisme. Aucun pouvoir n’est en sécurité tant que le terrorisme n’est pas vaincu car c’est une arme que certains pays manipulent à leur guise selon leurs intérêts. Nous irons donc jusqu’au bout sans aucune tergiversation pour gagner cette lutte malgré tout ce que cela peut engendrer en perte notamment en vies humaines.

 Réforme de la loi fondamentale !

Malgré les multiples échecs tout au long des années, grâce à l’engagement de tous les Maliens, nous avons réussi à voter et promulguer une nouvelle constitution ainsi que la loi électorale. Des nouvelles régions ont été créées ainsi que l’AIGE chargée de l’organisation et de la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales, le Code minier.

Vous savez le Mali n’est pas un pays pauvre. Cette vision a été décrétée et nous a été imposée. Si nous exploitons l’or, le lithium, le manganèse, l’uranium dans notre sous sous-sol, vous verrez bien si nous sommes un grand pays ou pas. On aura moins d’émigrés maliens. Actuellement, on ne nous donne que des miettes de nos propres ressources. L’or que nos populations vont acheter à Dubaï provient de chez nous car nous n’avons pas su en prendre soin. Si nous prenons soin de notre or, vous verrez moins de Maliens en émigration.  Aucune nation ne peut prospérer dans le vide ; avoir une armée forte ou avoir des ressources sous contrôle du pays. Si nous parvenons à assurer ces deux, vous verrez si les autres viendront nous consulter ou pas. Il y a des pays dits grands qui nous courtisent pour le lithium. Mais si nous n’en prenons aucun soin, les autres exploiterons et nous tendront des miettes. Trouvez-vous raisonnable que nos compatriotes meurent dans les océans alors que nous ne sommes pas un pays pauvre ? Il nous faut refuser cette contre vérité qu’on nous impose en jouant le rôle qui est le nôtre.

 Lutte contre la corruption : elle sera menée sans hésitation !

Nous en avions parlé l’an passé, la lutte contre la corruption sera menée comme il faut sans hésitation. Que personne ne s’attende à être couvert par ce que ce serait un proche ou un ami à moi ; tous les Maliens sont égaux devant la loi. Je ne ferai aucune intervention et ne recommanderai à personne d’influencer sur l’action des juges. Il y a de multiples difficultés dans ce pays dont la source remonte à la corruption et tant que nous ne luttons pas contre cela, il n’y aura aucune stabilité pour le pays. La plupart des problèmes du Mali analysée de prêt a pour cause la corruption. Voyez le foncier, le minier ou tout autre secteur, vous trouverez en dessous de la corruption, et comment voulez-vous en trouvez la solution ? Tout le monde aime le beau mais personne ne veut en payer les coûts, cela ne peut pas marcher. Si nous voulons avoir un pays où il fait bon vivre, il faut en supporter les contraintes et certains seront forcément attristés. Il faut que tout le monde accepte cela car c’est au bout de l’effort qu’on a de bons résultats. Donc, soyez rassurés, le seul rempart est que vous ne soyez pas cités dans une affaire de corruption. Les juges feront leur travail et jusqu’à épuisement de tous les dossiers. Moi-même, le Gouvernement et le CNT sommes tous sur la même longueur d’onde sur cela. La tension sociale à 90% est due à la corruption. Chacun peut avoir des proches impliqués mais cela n’en fait pas un problème. C’est en tapant les cadavres que les morts prennent conscience qu’ils ne seront pas épargnés en cas de défaillance. Je répète que personne ne sera couvert si elle est citée. La corruption n’est pas une histoire de diplômés ou d’illettrés. Tout le monde peut essayer de contourner la loi en mettant leur intelligence à ce service. Vous qui êtes des leaders d’opinion, chefs traditionnels, chefs de village, un grand rôle vous revient dans cette lutte car j’imagine que si nous revenions à notre dignité première, on combattrait la corruption. Quand l’humain n’a pas de limite dans son action, il/elle acceptera de faire tout. C’est pourquoi il est bon que vous nos leaders d’opinion, chefs traditionnels, chefs de village, imams puissiez parler aux gens pour qu’ils reviennent à l’honneur qui fonde nos sociétés. Que les gens comprennent que pour l’honneur, on choisit la mort plutôt qu’à entreprendre un certain nombre d’actes. Ce n’est pas une histoire d’instruction, certains non instruits sont plus forts dans les manouvres de corruption que n’importe qui. En tout cas la justice fait son travail mais le mal est trop grand. Et pour limiter le gâchis dans le temps, il nous faut travailler à donner aux gens la conscience de la dignité humaine. La dignité de ne pas trainer son honneur et celui des siens dans la boue donne la peur face à certaines situations. Nous vous demandons votre appui afin que d’ici à l’an prochain nous puissions constater une réduction de la corruption.

Il faudrait que nous évitions de rentrer dans le jeu de ceux qui dénigrent notre justice au motif qu’elle ne fait rien. Ce n’est pas vrai, la justice travaille beaucoup sur la corruption. Tous les dossiers qui étaient considérés comme intouchables ont été ouverts par la Transition. Le premier cas est celui de la LOPM (Loi d’orientation et de programmation militaire) et celui de l’avion présidentiel. On a prétendu que les militaires ne peuvent mettre aux arrêts leurs propres collègues. Tout le monde connait la réalité aujourd’hui car le dossier est ouvert et des gens sont aux arrêts.

Des gens sont allés construire des maisons sur les rails, tout le monde l’a vu ici. Imaginez que des gens sont morts pour que le train puisse être remis en marche et certains se croyant plus malins se mettent à vendre des billets parallèles. Comment est-ce imaginable? Le premier dossier auquel j’ai été confronté au CNSP est celui du train. Des gens ont observé la grève de la faim et d’autres sont morts. Les cheminots sont venus me voir avec le dossier pour demander que ceci devrait être une priorité pour le pays. Maintenant que cela est une réalité, comment comprendre que certains veuillent fouler au pied ces efforts consentis par des pratiques de détournements ?

Sur la zone aéroportuaire, ils ont sans changer la vocation foncière, vendu des parcelles aux populations. Ce dossier est en cours et des gens sont aux arrêts dans cette affaire. Le dossier des transitaires est aussi en cours, tout le monde le sait. A Samanko, ils se sont accaparés d’un terrain à vocation agricole de l’Etat pour le transformer en zone à usage d’habitation et confier cela à un groupe d’individus. Ce groupe a revendu cette zone à l’Etat pour y construire des logements sociaux dont le marché de construction est confié au même groupe. Ne voyez-vous pas que c’est trop ? C’est trop. Et je vous dis que c’est un citoyen qui est venu me confier ce dossier. Je lui ai demandé les preuves qu’il m’a envoyé. J’ai demandé au Vérificateur Général et au Ministre de la Justice de faire les investigations nécessaires. Ce que l’on m’a rapporté est qu’un vieux aurait pleuré en disant qu’il peut désormais mourir tranquille tellement il a été frustré par le montage de corruption avec retrait aux propriétaires leur possession par la force. Vous pouvez imager facilement toute la peine qui a été sienne pendant des années et ce genre d’individu peut facilement basculer dans le terrorisme dans un désir de vengeance. C’est pourquoi tout ce que nous pouvons contribuer à remettre en ordre dans le respect de la loi, nous le ferons sans hésiter.

Dans le dossier des logements sociaux, certains maliens se permettent de revendre les maisons pour lesquelles les gens ont déposé leurs dossiers. Et toutes sortes de personnes sont impliquées dans cela. Des gens sont aux arrêts dans ce dossier en cours aussi.

Il y aussi des ressortissants de pays dont je ne citerai pas le nom viennent exploiter l’or illégalement chez nous, nous avons saisi beaucoup de leurs équipements y compris des dragues, des camions. Les gens font des critiques tout le temps, mais je peux vous assurer qu’il y a de nombreux ministères qui travaillent ensemble sur ce dossier. Je vais demander au gouvernement que cet équipement soit présenté à la télé pour que tout le monde voit pour que les gens se rendent compte que des choses sont faites. Mais il faut dire que notre responsabilité est aussi engagée car il y a des nôtres qui sont en complicité avec eux pour leurs propres intérêts à eux seuls. Si un seul individu compte profiter au détriment de toute la communauté, cela ne pourrait jamais faire avancer les choses car cela empêche la création d’emplois et de richesse pour le pays et ses habitants.

 Il faut dénoncer…

Pour nos gens qui font les concours ou se présentent pour des recrutements dans l’armée ou autres, l’effet est plus dramatique sur tous les citoyens car c’est difficile à repérer mais avec des effets désastreux sur les populations. Vous allez à la mairie ou au tribunal pour chercher un casier judiciaire ou un extrait d’acte de naissance, sachant que vous êtes pressé, ils vous font tourner à rond. Finalement, ils vous poussent à leur donner un surplus sur le coût réel du service sachant que vous n’avez aucun autre choix. Un service de 500 francs peut vous revenir à 5 000 francs. Et dans ce dossier, un procureur a fait enfermer certains de ses collaborateurs. Ce genre de corruption est difficile à détecter par les voies de vérification habituelles. Il faut seulement que les gens acceptent de dénoncer ceux qui les poussent à cela. Je n’encourage pas la délation mais toute personne qui a une preuve qu’elle l’apporte et vous verrez si cela sera suivi d’action ou pas. Beaucoup parlent souvent de corruption sans preuves ; mais quiconque a une preuve qu’il saisisse le Ministère de la Justice et s’il n’a pas de réaction qui l’amène à la Présidence. Il y a le Secrétaire Général de la Présidence ou mon Directeur de Cabinet, en tout cas il y aura toujours quelqu’un pour me la faire parvenir. Il faut vraiment éviter de créer la tension dans les cœurs alors qu’on n’a pas de preuves de cas de corruption.

 Réforme de la Justice : ce qui a été fait…

Il y a eu beaucoup de réformes dans la justice pour faire face à toutes les éventualités. La première de ces réformes a été l’ouverture du Pôle national économique et financier, de l’Agence de recrutement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués. Avant quand quelqu’un était condamné pour corruption, il purgeait sa peine et reprenait sa vie avec ses biens détournés en toute impunité. Il n’en est plus question car une fois qu’une personne est soupçonnée d’être impliquée dans une affaire de détournements, tous ses biens sont saisis et à l’issue des investigations si ce n’est pas avéré, ses biens lui sont restitués, sinon cela est mis aux enchères et les valeurs détournées remboursées et s’il y a un surplus cela lui est restitué. Quand une personne décédait, les poursuites cessaient ou que quand la personne parvenait à se réfugier ailleurs hors du pays, elle pouvait revenir tranquillement après trois ans continuer sa vie. Ce n’est plus le cas, les biens des défunts sont saisis et pour les fuyards même vingt ans après, les poursuites se feront au retour.

Il y a aussi eu la création du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité qui est une recommandation forte des Maliens même si cela peut faire mal aujourd’hui à certains. Le Haut Conseil Islamique est venu me voir personnellement pour ce problème. Je leur ai dit les contraintes liées à cela. J’ai demandé à leur président d’aller informer tous les membres sur la loi à venir sur la cybercriminalité. Ce qui nécessite que chacun reste dans son domaine d’action. Lorsqu’on transgresse cela, qui que l’on soit, on tombe sous le coup de la loi. Il n’est pas acceptable de laisser les gens faire du mal aux autres sous le couvert d’actions non avouées. Le poisson qui sort de l’eau, il devient impuissant et à la merci de tous alors que dans l’eau, il est libre d’aller et faire comme bon lui semble. Les gens sont libres de s’exprimer comme ils veulent mais dans le respect des autres et du bien commun sans incitation à la violence. Nous sommes en guerre et il est inadmissible que les nôtres se mettent au service de nos ennemis et qu’on les laisse faire. En exemple, publier la liste des militaires morts au combat donnée par les autres que les nôtres aident à partager. Avez-vous jamais vu les terroristes ou d’autres publier la liste de leurs morts ? Et pourquoi devrions nous laisser des gens aider impunément ces terroristes dans leur action de démoralisation de nos hommes ? J’ai une nièce qui a été interpelée pour avoir transféré ce genre de message. Elle est en prison et c’est la loi. Tout le monde doit se fixer des limites y compris le Président qui ne peut aller partout, dire ou faire tout ce qu’il veut. Une fois qu’il rentre dans cela, il s’expose à toutes sortes de critiques et d’attaques. Président, Ministres, leaders religieux, chacun a des limites à ne pas dépasser. Cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas agir mais on se retient pour préserver des situations. Un imam est respecté sur des aspects et principes bien connus, une fois qu’il quitte ceux-ci, il s’expose aux attaques du domaine d’action où il s’est aventuré. Tout citoyen a le droit d’aborder tout sujet concernant la nation dans le respect des règles établies. Donc, il faut vraiment que chacun soit tolérant et patient. Les agents feront leur travail si vous tenez des propos qui peuvent conduire à des troubles. Nous demandons votre assistance pour sensibiliser les gens et ne surtout pas penser qu’on est contre des gens car il est inimaginable qu’un gouvernant se mette contre son peule, ce serait un suicide. Mais il faut admettre qu’un village n’est bon à vivre sans quiétude, sans règles de fonctionnement.

Les membres du Gouvernement que vous voyez, depuis deux ans, n’ont pas l’intégralité de leur salaire avec toutes les primes qu’il faut. Je leur ai fait comprendre que c’est leur droit mais compte tenu de la situation du pays où tous les Maliens sont résilients, qu’ils acceptent de l’être aussi. Mais il n’est pas bon de trop tirer sur la corde car à trop coincé la chèvre, elle finit par mordre tout comme priver quelqu’un du minimum, on le contraint au vol. Aucun d’entre eux n’en a jamais parlé, mais je vous le dis.

Pour réduire le train de vie de l’Etat, les Ministres ne prennent part qu’à une ou deux missions sur cinq afin d’alléger les impacts financiers mais en tenant compte des retombées politiques, financières de ces missions sur le pays. Nous ne voyageons pas pour le plaisir de voyager. Chaque Ministre voyage pour l’intérêt du pays. Même quand on dit que le partenaire prend tout en charge gratuitement, il n’y a rien de gratuit car celui qui prend tout en charge à des objectifs qu’il vise. Les informations qu’on lui donne lui permettent de mener à bien son travail. En plus de cela lorsque plusieurs Ministres doivent se retrouver dans une même mission comme aller loin comme en Russie, au lieu d’acheter des billets individuels qui reviennent chers, nous mettons à disposition l’avion présidentiel pour minimiser les coûts. Pour vous dire que nous ne nous mettons pas sur les toits pour crier tout ce que nous faisons. Seulement dix pour cent du budget de fonctionnement de l’Etat est effectivement alloué par le Ministre des finances. Personne ne peut faire du gaspillage aujourd’hui même s’il le voulait.

 Crise énergétique : notre vision est…

Ici, je voudrais vraiment remercier nos compatriotes pour la résilience et la tolérance. Quand on parle d’électricité, on parle de sécurité, de santé, de bien-être. On ne peut pas vouloir priver sa famille d’électricité à plus forte raison un pays entier. Je veux vous répéter ce que le Premier Ministre a plusieurs fois dit, la population est le centre de gravité de l’action de la Transition. C’est un terme militaire qui fait du centre de gravité l’espoir qui lorsqu’il est détruit par l’ennemi, vous fait perdre votre point d’appui et le combat est perdu. C’est ce que la population représente pour la Transition qui n’a aucun intérêt que la population soit dans des problèmes. Aucun membre de ce Gouvernement ne souhaite cela pour les compatriotes. Ils peuvent être à court de moyens pour mettre les populations dans les conditions qu’il faut mais cela est différent d’un souhait de faire du mal.

La situation de l’énergie est très complexe car les difficultés n’ont pas commencé aujourd’hui même si elle s’est aggravée en ce moment. Lorsque nous avons marqué notre volonté d’affirmer notre souveraineté ceux qui nous soutenaient ont retenu leur soutien et vous avez vu aussi tout le dégât des nôtres à l’intérieur. Nous avions aussi entrepris des actions pour que d’ici un an le pays ne vive plus cette situation. C’est notre vision de faire en sorte que la résilience actuelle soit couronnée par la fin totale du calvaire. Ce qui est sûr, la situation actuelle ne doit pas se répéter dans le pays. Tout est mis en œuvre pour cela car personne, à quel que niveau que ce soit, n’a été épargné par la crise énergétique. Ce n’est pas du tout une situation facile. C’est une accumulation de situations de plusieurs années que nous sommes obligés de gérer aujourd’hui pour le court, moyen et long terme. Vous avez parlé de barrages, les Ministres se sont rendus plusieurs fois en Russie ; ils sont partis en Chine pour la situation dans le long terme. Des actions sont en cours pour faire oublier ce calvaire dans le cours terme. Je ne veux pas entrer dans les détails qui sont minutieux. Mais, il faut noter que tant que les Maliens ne sont pas à l’aise nous ne le sommes pas non plus. Mais aucun miracle n’est possible, il s’agit juste de travailler à résoudre les problèmes auxquels nous faisons face, et nous trouverons la solution aussi, s’il plait à dieu.

 De la géostratégie et la compréhension des enjeux pour le Mali

Il y’a une situation dont je ne voulais pas parler mais que je vais aborder pour la seule raison qu’il se passe beaucoup de choses que l’on passe sous silence en essayant de bien gérer le pays avec. Mais en raison de la résilience du peuple je vais expliquer cette situation. Actuellement, nous sommes dans trois cas de figure : le chef de l’Etat, les citoyens et la situation du pays. Si vous voulez faire en sorte que le pays vous appartienne, vous serez opposé au Chef de l’Etat, l’arbitrage dans cette situation revient aux citoyens. Si les ennemis parviennent à embarquer les citoyens du pays, il en est fini du Chef de l’Etat. Mais s’ils sont avec le Chef de l’Etat, les ennemis ne pourront rien. On est dans ce cas de figure. Ce dont je vais parler s’est passé il y a longtemps mais en raison de la résilience du peuple, je vais en parler.

En août 2020 au changement de pouvoir, au moment où se tenaient les concertations nationales pour décider de la manière de gérer la transition, le Président français actuel est passé par un autre président qui m’a transmis son souhait de me parler. On s’est eu au téléphone et il a voulu prendre les nouvelles du pays. Je lui ai fait comprendre que les citoyens se concertent pour indiquer la voie à suivre. Il m’a dit qu’il me recommande trois personnes parmi lesquelles choisir le Président et le Premier Ministre de la transition. Il m’a demandé de juste faire une déclaration pour les annoncer ; je lui ai répondu qu’il n’en est pas question car la situation sera gérée selon les recommandations des concertations en cours. Il m’a dit de faire attention car IBK était ainsi chaque fois qu’on lui disait quelque chose, il demandait un temps de réflexion et c’est dans cela qu’il est parti. Face à ma détermination, nous nous sommes séparés sans un accord. Après cela, l’ambassadeur d’un autre grand pays a demandé à me voir et m’a amené le nom de deux personnes comme étant leurs protégés qu’il proposait l’une comme Président et l’autre Premier Ministre. On n’a pas pu s’entendre, il est reparti. Le troisième cas, c’est à l’issue de nos négociations avec la CEDEAO qui n’aboutissaient pas ici, le Président du Ghana m’a invité au Ghana. J’y étais avec le Ministre WAGUE, mon Directeur de Cabinet et certains Conseillers. Au Ghana, j’ai exposé la situation du Mali aux Chefs d’Etat de la CEDEAO pour qu’ils comprennent de quoi tout cela relevait. Le Chef d’Etat auquel on nous avait confié nous a dit que nous avions déjà donné le nom de quelqu’un pour être Président. Je lui ai dit qu’il n’en était pas question car aucun nom n’avait été donné par nous. Et lors de la rencontre avec les autres Chefs d’Etat, ils ont fait comprendre que tout est bon car un nom avait été déjà donné pour la Présidence. Je leur ai dit que personne d’autre que moi n’assumera la Présidence de la Transition. Je vous explique tout cela pour mener à la réflexion suivante, la France avec ses trois protégés, l’autre grand pays dont je ne citerai pas le nom avec ses deux protégés, la CEDEAO avec ses protégés (et toutes ces gens sont vivants dans ce pays et ils m’écoutent), où sont les protégés du Mali ? Si nous ne nous assumons pas, ils veulent maintenir le pays dans une situation de déliquescence. Comprenez juste que rien ne vient du néant. Faisons tout pour que notre pays soit ce que nous voulons, sinon il sera ce que les autres veulent en faire. Il faut que les Maliens comprennent que personne ne viendra au Mali pour la beauté ou la pitié des Maliens. Si on vous impose un protégé celui-là fera la volonté de ses protecteurs, c’est pourquoi il faut que les Maliens imposent leur protégé qui fera la volonté des Maliens. Voilà pourquoi je vous explique cela pour que tous comprennent les enjeux en cours et que personne ne se méprenne.

Je vous remercie, souhaite la bonne année à tous dans l’attente entre les citoyens. Je prie pour le repos de l’âme de nos défunts ».

Transcription Sidi Coulibaly

Source : L’Aube

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