Mali : les réactions du ministre Abdoulaye Maïga sur la déclaration finale du sommet des pays non-alignés

Le 19e sommet des pays non-alignés s’est tenu du 19 au 23 janvier 2024 à Kampala, en République d’Ouganda, en présence d’une centaine de pays. L’issue de cette rencontre, le projet de la déclaration finale dont un paragraphe se portait sur le Mali a été contesté par le ministre d’État, de l’Administration, de la Décentralisation, porte-parole du Gouvernement, le Colonel Abdoulaye Maïga, représentant le président de la Transition, le Col. Assimi Goïta.

«Il est de mon devoir d’appeler Votre haute attention sur une entorse grave à l’usage diplomatique dont nous avons été l’objet. En effet, en réaction au projet de document final, notre Ministre des Affaires Étrangères a formulé des amendements, qui ont été refusés par je ne sais qui, et au nom de je ne sais quoi. Malgré sa vive protestation lors de la conférence des Ministres des Affaires Étrangères, la situation ne semble pas avoir évolué », a-t-il déclaré pendant le sommet.

Selon le Colonel Abdoulaye Maïga, il est toujours utile de rappeler que le sommet des non-alignés a un A.D.N qui lui est propre, cette particularité explique son succès et sa longévité, malgré les tensions politiques. « Rejeter les amendements d’un État membre sur un sujet qui concerne d’abord et avant tout cet État lui-même est un fait suffisamment grave, qui alerte sur le danger qui guette notre organisation commune face aux velléités d’un pays d’imposer son agenda et s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres États. Le Chef de l’État du Mali que j’ai l’honneur de représenter ici, ne le comprendrait pas, le peuple malien dont nous défendons les intérêts vitaux, ne le comprendrait pas non plus. Cet incident de parcours est d’autant plus incongru que nous nous trouvons en terre africaine d’Ouganda, l’un des symboles forts de l’émancipation africaine et de la défense de la souveraineté nationale, avec la figure emblématique qu’incarne le Président Museveni en Afrique et dans le monde », a-t-il ajouté.

Par conséquent, avance-t-il, à défaut de prendre en compte les amendements du Mali, tels que proposés par notre Ministre des Affaires Étrangères, le Mali se dissocie totalement de la rédaction proposée et exige un retrait pur et simple du chapitre qui lui est consacré dans le projet de document final sur les résultats du Sommet de Kampala. « A l’avenir, il est important de revoir le fonctionnement de notre Mouvement, pour plusieurs raisons : lorsqu’un chapitre porte sur un État membre, il est important d’obtenir par écrit le consentement de l’État, ainsi que le pays qui est à l’origine du projet de chapitre. Les règles et les procédures ne peuvent pas être plus importantes que la souveraineté des États membres. Sans changement de ces règles, il y a une forte probabilité de raser la tête d’un État membre en son absence et sans son consentement, ce qui ressemble à de la sorcellerie.. », a-t-il souligné.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali

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