Un sentiment de détresse s’installe de plus en plus sur les sites de déplacés

A Menaka, l’une des grandes villes du nord, les conditions de vie des déplacés sont « critiques » selon les autorités locales. De leur côté, les habitants de la ville de Menaka affirment que les activités qui leur permettent de survivre sont à l’arrêt à cause de la crise sécuritaire dans la région. La situation est presque identique sur tous les sites de déplacés du pays.

Plusieurs milliers de personnes ont trouvé refuge dans la ville de Ménaka, suite à la reprise des affrontements entre l’armée malienne et les groupes armés. La semaine dernière, la communauté IDAKSAHAK a lancé une alerte à travers une lettre, sur la situation des déplacés de Gao et de Ménaka.

Des craintes confirmées sur place dans la région. Harouna Ibatane Yattara est le président du conseil régional de la jeunesse de Menaka, il affirme qu’aujourd’hui, la région de Ménaka connaît une situation humanitaire assez préoccupante.

« Depuis mars 2022 il y a eu le déplacement massif des populations vers la ville de Menaka. Elles sont concentrées aujourd’hui dans la ville, compliquant un certain nombre d’activités qui permettaient aux populations de bien vivre notamment l’élevage, et le commerce. » Souligne le responsable, avant d’ajouter que « certaines routes sont impraticables à cause de l’insécurité, tous ces paramètres contribuent à asphyxier et mettre l’économie au ralenti ».

Face à ces besoins dans la ville de Menaka, les efforts des autorités locales sont insuffisants. Pour le Maire de la commune urbaine de Ménaka Nanout Kotia, malgré les initiatives prises par le gouvernement, la situation reste alarmante. « D’une manière générale, la situation humanitaire est inquiétante dans la région de Menaka. Malgré les efforts des partenaires et du gouvernement la situation est très compliquée », martèle l’élu local.

Une situation presqu’identique sur différents sites

Du nord, nous nous sommes rendus au centre du pays. Sur le site des déplacés de la ville de San, la situation reste également critique. Ici, de nouveaux déplacés arrivent fréquemment. Et ils sont composés majoritairement d’enfants et des femmes.

Selon le responsable des déplacés sur place Idrissa Sangaré, ces nouveaux arrivants ont urgemment besoin d’une assistance humanitaire.

« Il y a certains déplacés qui sont arrivés ici dans des conditions très difficiles à supporter. Ces nouveaux déplacés viennent du cercle de Djenné principalement de la commune de Sofara, village de Gnawouro. Ils ont été victimes des violences atroces », indique monsieur Sangaré. Toujours selon lui, certaines femmes du site ont perdu leurs maris lors des attaques terroristes. « Mais ce qui nous choque c’est la situation des femmes violées. Elles sont dans un état très préoccupant », déplore le responsable du site.

Une assistance insuffisante

A Ségou, les déplacés ont certes des tentes pour s’abriter mais le manque d’eau et de vivres constituent le véritable problème. « On a faim, donc on ne peut pas être tranquille car on n’arrive pas à trouver à manger. Ce que nous voulons c’est de retourner chez nous », confie un chef de famille déplacé.

Une dame déplacée ajoute, « nous sommes confrontés à un problème d’eau et de nourriture. L’aide que nous recevons est insuffisante. En plus, on ne travaille pas et on a des enfants à nourrir ».

Le sud du pays est aussi touché par cette vague de déplacements. Selon Abass Cissé, l’un des responsables du service du développement de Yorosso dans la région de Koutiala, les déplacés qui sont dans le cercle sont confrontés surtout au problème de logements et de vivres. Il précise que c’est grâce au concours des organisations humanitaires qu’ils arrivent à s’occuper des déplacés.

Le responsable du service du développement de Yorosso précise qu’il y a eu beaucoup de mouvement au cours de l’année 2023.  « A la date du 10 janvier 24, nous avons recensé 2026 déplacés répartis dans 235 ménages. 523 hommes, 604 femmes et 899 enfants ».

Notons que malgré ces difficultés annoncées sur les différents sites, certaines personnes déplacées se donnent les moyens, pour joindre les deux bouts. A Bandiagara, des femmes déplacées apprennent la fabrication et la commercialisation du savon. Au même moment sur des sites à Bamako, des déplacés mènent des petites activités génératrices de revenus.

Source : Studio Tamani

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