Le coup de fouet climatique : les fluctuations extrêmes entre sécheresses et inondations dévastent des millions de vies – c’est ce que révèle une étude exclusive de WaterAid

Communiqué de presse

Une nouvelle étude exclusive récemment menée par WaterAid révèle que des millions de personnes vivant dans la pauvreté à travers le monde subissent un « retournement du risque climatique » depuis le début du siècle. Cette initiative intervient à un moment charnière, alors que les dirigeants du monde entier son actuellement réunis à Dubaï pour la COP28.

Accompagnée de puissantes images satellitaires, l’analyse des données climatiques publiée par WaterAid et les universités de Cardiff et de Bristol révèle que, sous l’effet d’un « coup de fouet » de pressions climatiques extrêmes, des régions qui connaissaient des sécheresses fréquentes sont désormais plus sujettes à des inondations fréquentes, tandis que d’autres régions historiquement sujettes aux inondations subissent désormais des sécheresses plus fréquentes, ce qui a un effet dévastateur sur les populations de ces régions.

Au cours des deux dernières décennies, des régions du Pakistan, du Burkina Faso  et du nord du Ghana – normalement associées à des conditions plus chaudes et plus sèches – sont devenues de plus en plus humides et sujettes aux inondations.

En revanche, la région méridionale de Shabelle, en Éthiopie, qui a connu de nombreuses périodes d’inondation entre 1980 et 2000, est aujourd’hui en proie à une sécheresse prolongée et sévère. Le fleuve Shabelle, une source d’eau importante pour la Somalie, a récemment connu les pires conditions de sécheresse dans la Corne de l’Afrique, mais a provoqué une inondation majeure au mois d’avril cette année.

Ce phénomène se retrouve dans le nord de l’Italie, où les données montrent que le nombre de périodes de sécheresse intense enregistrées dans les deux pays a plus que doublé depuis 2000. Ces périodes sont cependant ponctuées par des risques d’inondations extrêmes, comme l’illustrent les inondations de mai et juillet derniers en Lombardie.

Cette étude innovante a examiné la fréquence et l’ampleur des risques d’inondation et de sécheresse au cours des 41 dernières années dans six pays dans lesquels intervient WaterAid : le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Ghana, le Mozambique, l’Ouganda et le Pakistan. L’Italie a été ajoutée à la comparaison européenne pour tenir compte du fait que les effets du changement climatique ne sont pas différenciés selon les régions.

Les populations exposées à ces extrêmes sont souvent mal équipées pour y faire face. WaterAid avertit que l’absence d’action sur l’adaptation au changement climatique lors de la COP28 pourrait condamner les populations des zones les plus touchées à une pauvreté persistante, à des déplacements, à des maladies, voire à des conflits, car les problèmes liés à la pénurie d’eau et de nourriture sont aggravés par des phénomènes climatiques extrêmes catastrophiques et changeants.

Tim Wainwright, Directeur général de WaterAid, déclare : « La crise climatique est une crise de l’eau et, comme le montre aujourd’hui notre étude, notre climat est devenu de plus en plus imprévisible, ce qui a des conséquences dévastatrices. Des terres agricoles frappées par la sécheresse aux villages ravagés par les inondations, les populations du Burkina Faso, de l’Éthiopie, du Ghana et du Pakistan subissent tous les effets alarmants du coup de fouet climatique ; l’Ouganda connaît des inondations de plus en plus catastrophiques et le Mozambique un mélange chaotique de ces deux extrêmes. Nous paierons tous le prix du stress hydrique mondial, mais ce sont ceux qui vivent en première ligne de la crise climatique qui le paient aujourd’hui, car leur vie est en jeu. Il ne faut pas que la COP 28 soit un autre sommet au cours duquel la question de l’adaptation au changement climatique est jetée aux oubliettes. Nos dirigeants doivent reconnaître l’urgence et donner la priorité à l’investissement dans des systèmes d’approvisionnement en eau robustes et résilients dès maintenant. »

 Tim Wainwright de conclure qu’il s’agit d’un appel aux dirigeants du monde entier pour qu’ils agissent maintenant sous peine de mettre en péril la vie de millions de personnes.

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