Trois ans après, la PNA toujours dans les tiroirs : es autorités muettes…

Assurer pour tous un accès durable au service d’assainissement en veillant à la sauvegarde de l’environnement, au respect de l’équité et au respect du genre. C’est là, l’objectif général de la nouvelle Politique nationale de l’Assainissement (PNA), dont la validation technique, avec les partenaires techniques et financiers, a eu lieu en 2020.

Sur papier, cette nouvelle politique vise également à améliorer la gouvernance du sous-secteur par le renforcement de la coordination et leadership de l’État dans le respect des dispositions relatives à la décentralisation, la création d’un cadre juridique et institutionnel adapté à une meilleure responsabilisation des acteurs. Aussi, elle doit améliorer durablement la gestion et la valorisation des eaux usées et excréta dans une perspective de protection de l’environnement

De même, ladite politique permet d’assurer une gestion durable des déchets solides et plus spécifiquement : la prévention et la réduction du volume des déchets solides et de leur nocivité ; la valorisation des déchets solides par le recyclage ; la promotion de décharges ; l’organisation de l’élimination des déchets solides et la remise en état des sites contaminés ; la lutte contre les effets nocifs des déchets plastiques sur la santé humaine, le sol, l’eau, la faune et la flore et enfin la limitation, la surveillance et le contrôle du transfert des déchets solides.

Il s’agit également de promouvoir une gestion appropriée des eaux pluviales par la construction des collecteurs et caniveaux, dans une logique de préservation des vies humaines, des biens et de la protection de l’environnement. Enfin, la mise en œuvre de la PNA consistera à garantir une gestion durable des déchets spéciaux reposant sur les principes suivants: la prévention et la réduction de la production et de la nocivité des déchets à la source ; l’organisation du tri, de la collecte, du transport et du traitement des déchets ; la valorisation des déchets par leur réemploi et par leur recyclage ; le traitement écologiquement rationnel des déchets ; l’information et la sensibilisation des citoyens sur les risques présentés par les déchets et leurs impacts sur la santé et l’environnement ; l’institution d’outils de gestion des déchets ; la réglementation du transport et des mouvements transfrontaliers des déchets spéciaux.

En gros, la Politique nationale de l’Assainissement contient cinq programmes nationaux et une stratégie, ainsi qu’un plan d’action. Trois ans après, cette politique, qui devrait favoriser l’atteinte à l’ODD6 d’ici à 2030 (garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau), n’a pas encore été adoptée au niveau politique. Du coup, le document reste toujours dans les tiroirs.

Ce qui fait réagir la société civile. Le 17 novembre 2023, lors d’une conférence de presse en prélude à la Journée mondiale des Toilettes, Ousmane Kida, chargé de plaidoyer à la Coalition nationale de la Campagne internationale pour l’Eau potable et l’Assainissement (CN-CIEPA/WASH), a souligné : « En 2020, la politique nationale de l’assainissement a été validée au plan technique. Mais plus de trois ans après, elle n’a pas été encore adoptée au niveau politique. Cela ne favorise pas du tout la mise en œuvre des activités dans le secteur ». Selon lui, tout le blocable se trouve au niveau de l’État qui doit d’abord adopter la politique.  Sans quoi, a-t-il estimé, les partenaires ne peuvent pas y intervenir à hauteur de souhait.

Toutes les tentatives du Réseau des Journalistes pour l’Eau Potable, et l’Assainissement du Mali (RJEPA-Mali) auprès du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable pour en savoir plus sur les raisons du retard de l’adoption de la politique ont été vaines.

Ainsi depuis plus de trois ans, les partenaires attendent toujours de savoir à quoi s’en tenir pour le sous-secteur de l’Assainissement. Au même moment, les chiffres ne sourient pas du tout au Mali. Seulement 45 % de la population ont accès au service d’assainissement de base et 20 % à des services d’assainissement gérés en toute sécurité. Tout ce qui prouve que le chemin est encore long pour l’atteinte de l’ODD6 d’ici à 2030.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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