Ber reconnectée au Réseau GSM : liesse collective

Ber est reconnectée au réseau Orange après des années d’interruption sur fond de scènes festives se sont poursuivies jusque dans la nuit, parfois dans le noir le plus complet.

Une marée humaine, entrant comme en transe dans une liesse collective rythmée par les cris et les chants : c’est le tableau extraordinaire qui a accueilli samedi dernier le rétablissement du réseau GSM d’Orange. Sur les réseaux sociaux, les images et les vidéos de cette ferveur disent quelque chose de l’émotion ressentie par les habitants privés du droit de jouer, de danser, d’écouter la musique ou de s’habiller à leur convenance. Plusieurs années auparavant les signaux du réseau ont été aussi coupés du fait de l’occupation terroriste et du sabotage des installations téléphoniques dans plusieurs localités. Ber était resté coupé du reste du monde. Des centaines d’habitants ont investi les rues samedi pour exprimer aussi leur joie après avoir recouvré la liberté, aux lendemains d’une offensive  victorieuse des Forces armées maliennes contre les obscurantistes.

Aussitôt tombée la nouvelle du rétablissement du signal du téléphone, chacun s’est lancée à  la recherche de son portable qui, depuis longtemps, ne servait plus qu’à lire l’heure s’il n’était pas enfui au fond d’une valise ou exposé aux chiures de mouches sur un coin de table et à la poussière.  Au fur et à mesures que les jours, les semaines, les mois et les années passaient, les populations n’y croyaient plus.

Désormais, c’est chose faite. Le portable collé à l’oreille, dans la rue et dans les concessions, on conversait de nouveau avec parents, amis et connaissances. Tout le monde jubilait comme des enfants qui venaient de recevoir de nouveaux jouets. Parfois, Il fallait se fier à des mains expertes pour télécharger des applications telles que WhatsApp.et vocaux ou des messages écrits, tant ‘aucuns en ont perdu l’habitude.

Larme au coin de l’œil

Ibrahim Ag Hamada s’étouffait de joie : ‘’Le rétablissement du réseau GSM est une aubaine pour tous les habitants de Ber. Figurez-vous que, parfois, il y a des urgences et vous êtes dans l’incapacité de communiquer avec le reste du pays. De nombreuses opportunités d’affaires ont perdue faute de contact’’.  A sa droite Ousmane Maïga écrasait une larme du coin de l’œil sous le poids de l’émotion. Ces mots peinaient à se soustraire de sa gorge chaude : ‘’ On ne voyait plus la lumière au bout du tunnel. On ne pouvait plus ni commander, ni envoyer ou recevoir de l’argent via le téléphone. Merci, merci…aux FAMA et à tous ceux qui ont œuvré pour ce jour soit. Vous allez voir, la ville va retrouver son dynamisme d’antan’’.

Sur des images de fête, on a vu des gens drapés du drapeau vert, or et rouge du Mali et entendu çà et là retentir l’hymne national, tandis que les habitants tentaient de se presser au-devant des soldats pour les féliciter de cette victoire si hautement symbolique. Un vent de liberté a  vraiment soufflé. Adolescents, hommes et femmes se trémoussaient au rythme de la musique qui  d’ordinaire accompagne nos moments de joie ou de tristesse. Ces scènes festives se sont poursuivies jusque dans la nuit, parfois dans le noir le plus complet. Par endroits, les habitants ont allumé des feux de camp pour continuer leurs réjouissances dans les maisons, autour d’un feu, d’un méchoui accompagné de thé.

Seul ombre au tableau

Le lendemain du retour du réseau Orange, toute la ville grouillait de monde, les uns, tout sourire aux lèvres et le téléphone collé à l’oreille marchant dans la rue, les autres, apportant leurs téléphones chez les réparateurs pour les redémarrer ou cherchant désespérément comment réactiver leur puce téléphonique suspendue faute de recharge et d’appels.

La joie laissait parfois place à la colère. Des puces auraient été retirées et attribuées à d’autres personnes dans d’autres localités où fonctionnait le réseau mobile d’Orange Mali. Fatoumétou Mint Yéhiya était folle de rage : ‘’ Tous mes contacts sont là-dessus et c’est avec ce numéro que l’on me joint au téléphone. Et voilà qu’il est affecté à quelqu’un d’autre. C’est  désolant! D’ailleurs nous n’en sommes pour rien si le signal est coupé par des bandits armés ! Au moins, l’opérateur de téléphonie mobile devrait comprendre qu’on était ans un cas de force majeure et nous permettre de conserver nos puces. C’est ce seul point qui entache la liesse collective.‘’

Ber est une commune du Mali, dans le cercle et la région de Tombouctou. De violents combats ont opposé les 11 et l12 août derniers, les Forces armées maliennes (FAMa) aux terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). À l’issue des combats, l’armée malienne prend le contrôle du camp militaire de la Mission des nations unies au Mali (MINUSMA).

Fanfan

Source : L’Informateur

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